‹ L'apprenti sorcierChapitre 84 sur 249 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

« Je pense aussi à notre conversation, au sujet du

« Val di Scodra. Là encore mes pressentiments subsis- «tent, comme pour ma pénitente. Certes vos rela- « tions illicites avec Térésa sont un péché mortel, aux « yeux du Seigneur. Pardonnez à un vieux prêtre d’em- «ployer, de temps à autre, le langage ecclésiastique. « Le monde ne m'est pas tout à fait étranger et je sais « fort bién qu'on n’emploïe pas les mêmes ciseaux pour «tous les agneaux. Térésa vous aime et cet amour est «le bonheur de sa vie, de seul qu’elle connaîtra peut- «être. Awais-je le droit de lui voler ce bonheur? Que « peut-elle espérer dans cette vallée perdue, au milieu «de paysans frustes? Se flétrir lentement, dépérir, «puis mourir comme sa pauvre mère! Le hasard qui «vous à jeté sur sa route lui apporta une félicité

« qu’elle n’oubliera jamais, Si courte soit-elle, et si

«longtemps qu’elle ait à vivre.

« Croyez-moi, cher monsieur, personne ne $€ ré- « jouit autant de son bonheur que son vieux confes- «seur. Moi, prêtre, je me suis placé à ce point au- « dessus de la religion et de la morale. Mais voyez- « vous, monsieur, plus je m’interroge, plus je réfléchis «et plus poignante devient mon angoisse. J'ai beau me « débattre, réagir, la conviction s’implanite en ma cer- « velle que votre présence au Val di Scodra est de «mauvais présage pour Térésa et pour le village. « Quelque chose de terrible est à la veille d’éclater. Et « c'est moi, moi qui serai cause de tout!

« Appelez-moi un vieux fou, retombé en enfance. « Vous aurez raison, Quoi qu’il en soit, vous pouvez

* ENS EE u rent UT ? : Ut |

« être assuré que je souffre. J’ai tout tenté, en vain, « pour chasser mes idées noires.

« C’est pourquoi Je m'adresse à vous, cher mon- « sieur. Vous êtes le seul qui puissiez me venir en « aide. Je vous en prie, quittez Val di Scodra. Si in- « sensée que vous semble ma prière, exaucez-la, je «vous en adjure. Pendant que je vous écris cette « lettre, j'ai l'intuition nette de quelque chose d’épou- «vantable qui se prépare, à la fois épouvantable pour « Val di Scodra, pour Térésa, pour vous-même. Je vous « supplie à genoux, partez vite ! Alors tout sera bien. « Partez tout de suite !...»

Frank Braun interrompit sa lecture.

— Toi aussi, tu es un voyant, don Vincenzo, pensat-il. Tu prophétises à bon marché. Un grand malheur se prépare! On diraït l’oracle d’un diseur de bonne aventure! Curé, tu ne sais pas ce que tu fais! Ta lettre est très bien; elle est touchante et si honnête! Seulement les temps sont passés où ce qui était bien, touchant, honnête pouvait encore m'impressionner.

Il glissa la lettre dans sa poche et descendit.

Le douanier, attablé avec l’aubergiste, reçut bruyamment Frank Braun. Ce dernier n’était point en humeur de boire ni de chanter. Les discours de Drenker l’agaçaient. Il tenta une diversion:

— La vieille mendiante est votre amie?

— Certes, répliqua le douanier. Maïs elle n’est pas

sh - Ê * LT, RQ Ur 0 PIE a À; ARE Paie AA DS ANT ,. LG ee mrer 4e :

ep me

nn

SSL NESS Hsocndle CE RARE Re ee pee)

eh L On dem bes el le ee

Par f FT a L 2 WA f 4

* Si e & : Ut don RL 4 j 1 > | LOSC TT L PARUS RE « gr Re P LM ALES AT RER LAN 2 AE à D:

< ns

Page 1