‹ L'apprenti sorcierChapitre 89 sur 249 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

notre visite, de nos lettres et de nos cadeaux. Elle nous apprit que trois chaînes de montre, tressées de ses cheveux, étaient prêtes pour nous trois. Elle babillait gentiment et nous restions à la contempler, bouches bées, comme de balourds valets de ferme. C'était une honte pour des chasseurs impériaux ! Je poussai Raimondi du coude. Il n’eut pas l’air de comprendre. Je m'adressai à Ussolo. Il bredouilla quelques phrases, raconta en bégayant les manœuvres. J’essayai à mon tour de m'expliquer. Impossible ! Sans la présence des deux autres je sentais que rien ne m'eût été plus facile! Alors je dressai mon plan. Je déclarai à Sybilla que nous avions tous les trois quelque chose à régler entre nous.

« Elle rit et voulut s’en retourner à la maison. Je la retins et la priai d'attendre un instant, dans le petit bois d'oliviers.

« Là-dessus, je pris trois brins d'herbe. Celui qui tirerait le plus long parleraïit en premier à Sybilla, tout seul. Je tirai le plus court, Ussolo le plus long. Il rejoignit Sybilla et nous attendîmes, assis dans l’herbe, en leur tournant le dos. L’attente est une vertu militaire. Nous l’'apprenons en montant la garde. Pourtant aucune attente ne me parut si longue. Nous nous taisions. Tout à coup Raïimondi s'écria: «Je ne peux plus y tenir! Ussolo devrait avoir fini depuis longtemps! > Nous nous retournâmes. Personne. Nous pénétrâmes un peu plus avant dans le bois. Toujours personne.

« J’appelai à mi-voix, puis plus haut: « Ussolo ! > Pas de réponse.

em RTE fn fi ENS L re 43 (SE TOME RAT ANNE VA AA Sr Ré TNOTE APTE FT A NE A VS l « PU LD) WA LE j :

SE

ar)

Din x pi SRE ” sample rt FRAE ANT HENLRES AARE H: % DT D UT

D 162 LEGER Lot {T4 Le Perte terre RULES be

PAL Ne F#

SAT yae LE" Le ve OP

STE TRS SX)

si " à RQ RL Le Er) CT arr nf ++ CR RNERE

« Alors Raïmondi hurla comme sil avait trois régiments devant Ii: « Ussolo! Ussolo! »

« Cette fois, le gaillard répondit: « Oui, oui, nous venons! » |

« Là-dessus ils nous rejoignürent en courant. Ussolo, le visage rayonnant de bonheur, nous tendit les mains,

en s’excusant: « Pardonnez- mOI, ‘amarades, nous vous

avions oubliés!» Et comme ïl remarquait nos mines *

déconfites, il se mit en position, salua militairement et dit:

«— Mon adjudant, le sous-officier Ussolo et sa fiancée Sybilla Madruzzo sont à vos ordres!

« Raïimondi fut le premier à se ressaisir. Il sortit de sa poche un joli porte-monnaie, à fermoir d'argent, le tendit à Sybilla, en félicitant les nouveaux fiancés. À mon tour, je lui offris des pendants d'oreille et Ussolo, se frappant le front, s’exclama:

«Bon Dieu! Et moi qui oubliais de lui donner mon cadeau!

« Il tira de son gousset une jolie petite montre. Ainsi nous lui avions tous les trois apporté quelque chose, en cachette; mais cela ne réussit qu'à Ussolo. Pauvre oarçon, S'il avait su combien son bonheur serait Court!

« Nous laissâmes le couple seul et je rentrai avec Raïimondi. Nous étions très abattus, bien que soulagés par la terminaison de cette situation insupportable. Nous convinmes de demeurer fraternellement unis aux deux autres. Pourtant cette résolution nous coûta beaurcoup. Chaque fois que nous voyions Sybilla et Ussolo, radieux de bonheur, nous devenions jaloux et cela se

dt» w Le à A1 AETEN Park rs iè FES ds » 4 Eh LA 7" PA ere à PCR ATP 3 ALIEN TS SN is: PER {

nee

Page 1