‹ L'apprenti sorcierChapitre 96 sur 249 · CHAPITRE SEPTIÈMÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈMÉ

— Est-ce toi, Térésa?

Pas de réponse.

Dehors le vent faisait rage et secouait les volets. Frank Braun eut la sensation que quelqu'un était dans le couloir.

— Qu'il entre, pensa-t-il, je suis prêt.

Reprenant son sang-froid, il se mit à rire. Alors il entendit, à nouveau et de manière distincte, le bruit de la serrure.

Non, ce n’était pas l'orage, Il ouvrit brusquement la porte. Personne. Il s’aperçut alors que le bruit venait de la pièce voisine, fermée, à l’intérieur, a verrou. Il avança dans le couloir et aperçut une silhouette blanche. Il recula d’instinct, rentra dans sa chambre et referma la porte.

Il n'avait pu voir grand’'chose, dans la demiobscurité du couloir, Ce n’était pas Térésa qui savait cette porte fermée.

Il prit, dans le tiroir de sa table, son revolver Chargé. Au même moment la porte s’ouvrit, toute grande. C'était Pietro Nosclere, coiffé d’un bonnet de nuit, en chemise sale, Il montrait des pieds boueux et des jambes velues.

— Étrange tenue de visite! pensa Frank Braun.

Il appela Pietro, par son nom. L'autre, dont les yeux fixes semblaient ne rien voir, ne répondit pas.

Frank Braun prit la lampe et l’approcha du visage de l’intrus. Les paupières n’eurent pas un tressaillement. |

L’Américain s’avançait à tâtons. Soudain il s'arrêta

L'APPRENII SORCIER

fronca les sourcils, eut l'air de réfléchir, fit lentement demi-tour, marcha vers la porte et sortit.

L'Allemand le suivit, la lampe d’une main, le revolver de l’autre. Pietro gagna l'escalier, descendit, pénétra dans la salle de l'auberge. Il semblait chercher quelque chose. Arrivé au dressoir, il fouilla dans le tiroir, en sortit un long couteau, dont il essaya, du pouce, le tranchant. Un ricanement de satisfaction Contracta son visage. Armé du couteau, il remonta l'escalier, à pas feutres.

Cette fois, il entra droit dans le cabinet de travail dont la porte était restée ouverte. À deux pas de lui, Frank Braun épiait tous les mouvements du somnambule. Évidemment Pietro ne voyait ni n’entendait rien. Arrivé devant la porte de la chambre à coucher, il l’ouvrit, avec mille précautions, et entra. Il marcha vers le lit, prit le couteau entre ses dents, tout en cherchant, des deux mains, l’oreiller. La lampe que, derrière lui, tenait Frank Braun éclairait, en plein, la figure du somnambule, orimaçante de fureur. Sûr, enfin, de son affaire, l’homme enfonca le couteau dans l’oreiller, jusqu’à la garde. Un sourire satisfait se joua sur ses lèvres. Il respira profon-

dément, abandonna son arme dt d’un pas assuré, regagna la porte.

Frank Braun le laissa passer et l’'accompagna jusqu'au bas de l'escalier. Pietro ouvrit la porte d'entrée, la referma, soigneusement, derrière lui. La pluie Jui

cingla le visage. Sans y faire attention, il reprit le

chemin de sa maison.

L’Allemand rentra dans sa chambre et considéra

PS TS à Sn

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