LE TRAVAIL MÉCANIQUE 5 I
(150 paires par jour), les gants, les chapeaux, les boutonnières (5 à 6.000 par jour). La machine à broder, cette artiste d'acier qui fit son apparition à l'Exposition de 1867, est une variété de machine à coudre.
A côté des doigts d'acier de la couturière mécanique, voici les doigts d'acier de la tricoteuse automatique (3.000 jarrets par jour), ceux de la passementière et ceux de la dentellière — encore une artiste mécanique, mais pesante celle-ci (10.000 kilos) et chère (20 à 30.000 francs) — qui fabriquent à Calais le tulle et la dentelle.
Gilets, chaussons, bérets, fez, filets de pêche, coupe en gros des vêtements de confection, ont chacun leur machine.
La machine à fabriquer les boutons métalliques en livre, découpés, percés, estampés, assemblés, achevés, i .800 à l'heure. L'ancienne corporation des boutonniers, très jalouse de son privilège, n'aurait même pas la ressource des boutons d'étoffe assortie au vêtement puisque eux aussi se font à la machine. Quant aux boutons de céramique, l'usine de Briare en fabrique un million par jour — à la machine, évidemment.
Le beau velours de soie, longtemps réservé au métier à bras, se fait de plus en plus, ainsi que la peluche, au métier mécanique (seize à vingt mètres de velours par jour industriel de dix heures : dix fois plus qu'à bras).
L'art de teindre les tissus est devenu aussi un art mécanique. Teinture des écheveaux, fixation des mordants, vaporisage, savonnage, finis.age, tout se fait désormais à la machine. Il ne reste à « apprendre », dans cette importante industrie, que la direction des machines, la chimie et la physique des couleurs.
Donc, on linge, on habille, on chausse, on coiffe, on orne et même on repasse à la machine.
Il serait trop long — et peut-être fastidieux — de visiter, même rapidement, les ateliers des diverses catégories d'industries. Jetons quelques coups d'œil dans toutes les directions industrielles pour voir la machine à l'œuvre et l'apprenti qui l'observe.
Voici la machine à fabriquer les vis ; une femme peut en conduire quatre et faire 40.000 vis par jour. Voici d'autres machines qui fabriquent : des boulons ; des agrafes ; des épingles à cheveux, vernissage compris ; des clous (240 à la minute) ; des sacs en papier (7.000 à l'heure contre 300 à la main) ; des enveloppes, découpées, pliées, collées à raison de 22.000 par jour ; des peignes ; des brosses ; des tire-bouchons (40 à la minute à l'Exposition de 1889) ; des aiguilles (depuis l'Exposition de 1878, 20.000 par jour contre 2.000 à la main) ; des tuyaux de poterie (depuis 1838) ; des briques creuses (depuis 1850) ; des cigarettes (28.000