‹ L'apprentissage - hier, aujourd'hui, demain. --Chapitre 19 sur 69 · LE TRAVAIL MECANIQUE · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL MECANIQUE

par jour) ; des paquets de tabac ; des souliers (200 paires «montées» par jour); du papier (20.000 kilos par vingt-quatre heures) ; des limes ; des grillages métalliques, si rapidement que l'œil ne peut suivre les mouvements du fil de fer. Voici la relieuse (20.000 cahiers par jour ; à la main : 2.500) ; la plieuse (2.500 feuilles à l'heure) ; la machine à clouer les caisses d'emballage ; la machine à river ; la machine à boucharder la pierre (15.000 touches à la minute) ; la machine à fabriquer et à compter les étiquettes ; la machine à découper le marbre selon des dessins variés ; la machine à fabriquer les caractères d'imprimerie, qui en fond, frotte, ajuste, coupe 4.000 à l'heure ; les machines à travailler les tôles, qui prennent la tôle à un bout et rendent à l'autre un ustensile de ménage ; la toute récente machine à souffler les bouteilles ; et la machine, plus récente encore (1908), à fabriquer le verre à vitre.

Dans les imprimeries, voici les presses rotatives, machines à imprimer (40.000 journaux à l'heure dès l'Exposition de 1878) ; et les machines à composer, linotypes ou monotypes, tout récemment arrivées d'Amérique.

Même la cuisine est envahie : machine à écosser les pois verts, à tailler la soupe, à peler les légumes, hachoirs mécaniques ; etc.

Jusqu'au pauvre casseur de pierres qui est remplacé par une machine !...

Nouveautés du travail moderne

Ainsi, rindustrie contemporaine emploie de plus en plus la main de fer. N'est-ce pas une main de fer celle qui écrit (machine à écrire) ? celle qui coud ? celle qui passe le fil dans l'œil de la navette ou de l'aiguille ? celle qui burine ? celle qui brode ?

Cette main mécanique est encore souvent guidée par le cerveau de l'homme ; mais déjà elle obéit aux premiers cerveaux d'acier. Le Northrop ne semble-t-il pas « réfléchir » qu'il faut s'arrêter quand le fil de la chaîne casse et n'a-t-il pas l'air de « commander » à la canette garnie d'aller remplacer la canette épuisée?

Or, les mains de fer et les cerveaux d'acier se multiplient tous les jours, s'appliquent à des fabrications jusqu'alors réservées à la main et à l'outil, pénètrent jusque dans la petite industrie. Quant à la grande industrie, elle présente parfois le spectacle curieux, au Creusot comme aux États-Unis, d'immenses ateliers en travail où l'on n'aperçoit que quelques ouvriers surveillant, çà et là, les machines en marche.

Par suite, l'ouvrier devient de plus en plus un conducteur de machine. Il ne travaille pas, il regarde travailler la machine. Il la met en marche, l'alimente, surveille ses rouages, l'arrête.

Déchéance ? — Non pas. Progrès, au contraire.

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