LES TROIS FORMULES DE LA CRISE
parts, est saisie d'une nouvelle loi sur l'apprentissage qui verra peut-être bientôt les feux de la rampe parlementaire.
Qu'est-ce donc que cette crise qui agite tout le pays ?
Les trois formules de la crise
Plus d'apprentis ! — Plus d'apprentissage ! — Plus de bons ouvriers ! — Telles sont les trois formules de la crise.
L'absence de statistiques ne permet pas de prouver rigoureusement la décroissance proportionnelle du nombre des apprentis depuis quarante ou cinquante ans. Il faut en arriver immédiatement à la situation actuelle.
Sur 219 métiers qui ont répondu, sur ce point, à l'Enquête de 1902, iio forment encore des apprentis ; 92 en forment dans certaines régions et n'en forment plus en d'autres régions ; 17 n'en forment plus dans aucune région. Ces 17, il est vrai, sont presque toutes des professions secondaires : carreleurs, puisatiers, clicheurs, ourdisseuses, dévideuses, tripiers, fabricants de pâtes alimentaires, fabricants de feutres, fabricants de toiles métalliques, fabricants d'étrillés, laveurs de laine, peigneurs de laine, tondeurs de drap, fen-
bo LA « CRISE » DE L APPRENTISSAGE
deiirs de bois, enfourneurs de poterie, monteurs de métiers, transports maritimes.
Voici, par contre, quelques-unes des corporations importantes où l'on a cessé, dans certaines régions, de « faire des apprentis » : boulangers, bouchers, pâtissiers, mineurs, papetiers, imprimeurs-typographes, tisseurs, tailleurs, chapeliers, tapissiers, tanneurs, cordonniers, cuirs et peaux, menuisiers, ébénistes, charrons, charpentiers, tonneliers, forgerons, maréchaux- ferrants, serruriers, chaudronniers, constructeurs-mécaniciens, ajusteurs, tourneurs, fondeurs, quincailliers, électriciens, ferblantiers, plombiers, horlogers, ouvriers du bâtiment, etc.
Là oii il y a encore apprentissage, celui-ci est mal donné.
Le Conseil supérieur du Travail avait posé la question suivante :
Le temps consacré à l'apprentissage est-il généralement employé à faire exécuter à l'apprenti les travaux nécessaires pour l'enseignement complet du métier ? Ou bien l'emploie-t-on souvent à des besognes trop spéciales ou sans grande utilité pour lui, telles que des courses, etc. ?
Voici les réponses :
Parmi les Conseils de prud'hommes, les avis se partagent par moitié, soit oui, soit non.
Les Chambres de commerce et les Syndicats patro-