‹ L'apprentissage - hier, aujourd'hui, demain. --Chapitre 36 sur 69 · CONSÉQXJEXCES DE LA CRISE I · texte numérisé non relu

CONSÉQXJEXCES DE LA CRISE I

trop tôt. à nn âge où l'enfant devrait encore pousser comme une plante au lieu de travailler huit ou dix heures par jour à l'école ou à l'atelier ? Parce que les richesses étant possédées par un petit nombre de privilégiés, la pauvreté condamne le plus grand nombre à se faire au plus vite « une situation », à apprendre au plus vite un « métier ».

Et si, dans les villes, tant de parents profitent du machinisme et de la division du travail pour placer leurs enfants, non comme apprentis, mais comme « petits ouvriers » qui ne seront jamais des « ouvriers », est-ce que leur responsabilité personnelle n'est pas couverte par la responsabilité collective de tout le régime social ?

Privilt.2"es des uns, misère des autres, lutte pour la vie, anarchie économique, bataille d'intérêts, ruée vers l'argent, mêlée sociale : voilà où il faut chercher, en définitive, les racines profondes du mal.

Conséquences de la crise

A vrai dire, les deux premières formules — plus d'apprentis et plus d'apprentissage — suffisent au diagnostic de cette maladie industrielle. Quant à la disparition progressive des « bons ouvriers », c'est déjà une conséquence de la crise de l'apprentissage. Conséquence aussi, la décadence de certaines industries, que favorise la concurrence étrangère.

L'Enquête officielle a révélé d'autres conséquences dont quelques-unes d'une importance déjà considérable :

1° « L'ouvrier est devenu une machine », dit un Conseil de prud'hommes. Si l'ouvrier est devenu une machine quel plaisir peut-il goûter au travail ? Que devient son intelligence au milieu de l'ennui et de la tristesse de son geste éternel ? Et si, au lieu de s'affiner, de s'approfondir, son intelligence s'atrophie et s'endort, quelle force de revendications lui reste-t-il ? Faut-il donc que l'avenir, pour lui et pour ses enfants, soit le recommencement du présent, et qu'il lui ouvre toujours la désolante perspective de la dépendance, de la fatigue et de la vie pauvre ?

2° En effet, seuls améliorent leur situation les ouvriers « qui réagissent contre la suppression de l'initiative dans le travail, qui appliquent leur activité intellectuelle et leur esprit d'observation à l'utilisation plus complète de leurs facultés de travail. Ils doivent changer successivement et rapidement de poste en faisant un apprentissage rapide de la conduite de machines plus difficiles, plus rémunératrices ».

3° (( Seuls les anciens ouvriers sont recherchés et obtiennent de hauts salaires. »

4° Au contraire, la plupart des réponses au questionnaire, même celles des syndicats patronaux, constatent « que la disparition de l'apprentissage a

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