LES PREMIERES ECOLES PROFESSIOXXELLES II
à un legs du major Martin, fonde l'école La Martinière, où des enfants de douze à quatorze ans reçoivent, pendant deux ans, un enseignement d'orthographe, de mathématiques simples, de sciences appliquées, de dessin et de tissage.
La ville de Ximes institue une école de tissage et un cours de teinture ; celle de Boulogne-sur-Mer une école pour la fabrication des filets de pêche (i) ; celle de Dieppe une école de dentelles.
L'initiative privée se joint à l'initiative mimicipale : la célèbre Société industrielle de Mulhouse ouvre une école de dessinateurs pour cotonnades imprimées; la Société industrielle de Reims crée des cours de moulage ; à Saint-Pierre-lès-Calais, on forme des dessinateurs pour tulle, etc.
En 1839, la ville de Paris fonde l'École Colbert ; en 1844 l'école François P', devenue, en 1848, le collège Chaptal. Ces « écoles primaires supérieures », sans être des écoles techniques, ont, dès ce moment, la prétention, d'ailleurs peu justifiée, d'enseigner, selon l'expression du Moniteur, « les connaissances que réclament les professions commerciales, industrielles et manufacturières ».
En même temps, le mouvement d'enseignement technique secondaire continue. En 1843, une troisième école d'Arts et ^létiers est fondée à Aix.
(i) On sait que Jacquard avait inventé un métier à fabriquer les filets de pêche.
La même année, est créée l'école des maîtres-ouvriers mineurs d'Alais et, en 1848, l'école d'horlogerie de Cluses (en Savoie).
Aucun plan dans toutes ces fondations isolées, aucune vue d'ensemble. La seconde République paraît vouloir réaliser l'unité dans cette diversité. Elle inscrit l'enseignement professionnel dans la Constitution (art. 13) : « La Constitution garantit aux citoyens la liberté du travail et de l'industrie. La société favorise et encourage le développement du travail par l'enseignement primaire gratuit, Véducation professionnelle... »
L'éducation professionnelle des enfants du peuple — qui avait mis « trois mois de misère » au service de la République — fut donnée en masse, d'une manière sanglante, pendant les « journées de juin »
Nous voici sous l'Empire. C'est l'époque des grandes expositions universelles internationales. Elles mettent en relief les progrès industriels accomplis autour de nous. Nos voisins, paraît-il, ont gagné du terrain. On s'alarme. L'écrivain Mérimée, devenu sénateur, écrit, dans un rapport sur l'Exposition de Londres, en 1862 :
Depuis l'Exposition universelle de 1851, et même depuis celle de 1855, des progrès immenses ont eu lieu dans toute l'Europe et, bien que nous ne soyons pas restés stationnaires, nous ne pouvons nous dissimuler