‹ L'apprentissage - hier, aujourd'hui, demain. --Chapitre 45 sur 69 · LES PREMIERES ECOLES PROFESSIOXXELLES · texte numérisé non relu

LES PREMIERES ECOLES PROFESSIOXXELLES

que l'avance que nous avions prise a diminué et qu'elle tend même à s'effacer. Au milieu du succès remporté par nos fabricants, c'est un devoir pour nous de rappeler qu'une défaite est possible, qu'elle serait même à prévoir dans un avenir peu éloigné si, dès à présent, ils ne faisaient pas leurs efforts pour conserver une supériorité qu'on ne garde qu'à la condition de se perfectionner sans cesse.

C'est une invitation à soigner l'éducation technique. En effet, une enquête sur l'enseignement professionnel est aussitôt décidée. La commission interroge, s'informe en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, et rédige son rapport en 1865. Il conclut, non pas à l'organisation par l'État, mais à r « encouragement » de l'enseignement professionnel. On viendra en aide, par des subventions, aux départements, aux villes, aux particuliers. Un projet de loi est déposé en ce sens. On vote 170.000 francs et... la « liberté accordée à tous ». Et, pour répartir cette énorme subvention, on fonde spécialement le Conseil supérieur de l'enseignement technique...

On devine le résultat : il est nul. La crise s'aggrave. Sans doute, quelques municipalités : Lyon, Lille, Tourcoing, Roubaix, Armentières, Le Havre, etc., ont créé quelques écoles d'apprentis et quelques cours professionnels. Mais c'est insuffisant. Les républicains, Jules Simon, Jules Favre, Gambetta réclament au moins un million pour le

malheureux enseignement technique. Trop tard ! La guerre éclate ; il faut tout abandonner. L'Empire n'avait rien fait... que créer l'enseignement secondaire « spécial ». L'enseignement des vanités superflues, emprunté aux jésuites, étouffait toujours celui des réalités nécessaires.

Création de l'enseignement technique

Avec la République, la période des réalisations succède à la période des tâtonnements. En effet, l'enseignement technique, comme l'enseignement primaire, est l'œuvre de la troisième République. Ces deux enseignements fondamentaux ont été organisés à la même époque, à partir de 1880, après la victoire définitive des républicains.

Trois actes principaux ont réalisé, en vingt ans, la création de l'enseignement technique :

1° La loi de 1880, sur les écoles d'apprentissage;

2" La loi de 1892, sur les écoles pratiques de commerce et d'industrie ;

3° La séparation définitive des écoles techniques et du ministère de ITnstruction publique, leur rattachement au ministère du Commerce (1900).

Ne comptant plus sur l'administration scolastique de l'Instruction publique, hypnotisée par les « humanités », les communes et les départements

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