‹ L'apprentissage - hier, aujourd'hui, demain. --Chapitre 5 sur 69 · LE CONTRAT D APPRENTISSAGE TÇ · texte numérisé non relu

LE CONTRAT D APPRENTISSAGE TÇ

Le contrat d'apprentissage

Les conditions remplies de part et d'autre, on établissait le contrat d'apprentissage.

C'était un acte sérieux, arrêté devant témoins : deux maîtres, quelquefois, mais rarement, deux compagnons avec deux maîtres, ou bien les jurés (i) du métier.

Dans les premiers temps des corporations, le contrat était presque toujours verbal. Sur les centun statuts du Lizre des Métiers, il n'y a qu'une seule mention de contrat d'apprentissage passé par écrit. Les témoins remplaçaient le parchemin.

A mesure qu'on s'éloigne du moyen âge, les contrats écrits, tantôt « sous seing privé » et tantôt notariés, sont de plus en plus. nombreux. A Paris, dès le XVI* siècle, ils doivent être enregistrés au Bureau du corps de métier et « en la Chambre du Procureur du roi au Châtelet ». Parfois, avant de signer, on fait subir à l'apprenti un temps d'essai.

\^oici l'acte notarié par lequel, en 1581, à Lyon,

Pierre Gribolly, maître menuisier, loue et afferme pour lui et les siens, à Jean Joly, maître imprimeur, Abraham Gribolly, son fils ici présent et volontaire.

(i) Les jurés étaient les « gardes » du métier, nommés par les maîtres de la corporation pour veiller à Texécution des statuts. Ils « juraient » de le faire en conscience ; de là leur nom et celui de leurs charges, les jurandes.

pour servir ledit Joly en l'art de la composition de Timprimerie pour le terme et temps de sept ans consécutifs... Pendant lequel temps ledit Joly promet bien et dûment apprendre, et en outre de le nourrir de dépens de bouche, coucher et chauffer honnêtement. L'apprenti promet de le servir en toute fidélité et prudhomie. P. Gribolly promet entretenir son fils de chausses et habillement, et en outre s'engage à donner à la femme dudit Joly, à chaque fête de Pâques, un costume de serge.

Les formalités du contrat étaient souvent accompagnées du paiement de quelques redevances. Ainsi, au XIII* siècle, dans certaines corporations, le nouvel apprenti payait cinq sous (i) au roi et trois sous aux jurés ; dans d'autres, cinq sous au profit de tous les maîtres ; ailleurs, cinq sous à la confrérie (2).

(i) D'après le savant ouvrage de M. d'Avenel, Histoire économique de la propriété et des prix de l'an 1200 à l'an 1800, partiellement résumé dans La Fortune privée à travers sept siècles, la valeur nominale de la livre tournois aurait été au xiii' siècle (1226-1290) de 20 francs d'aujourd'hui, celle du sou de I franc. Comme l'auteur évalue à 4 le « pouvoir d'achat » de l'argent d'alors par rapport à l'argent de nos jours, le sou valait donc environ 4 francs de notre monnaie. 5 sous de redevance au temps de Saint-Louis équivalaient donc à 20 francs d'aujourd'hui.

(2) La confrérie, c'est la corporation placée sous la bannière d'un saint : saint Eloi pour les forgerons, saint Biaise pour les maçons, saint Roch pour les laboureurs, etc. C'est une association où se mêlent la religion, les fêtes, la charité et l'apparat. Il n'y a pas toujours de confrérie là où il y a une corporation.

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