‹ L'apprentissage - hier, aujourd'hui, demain. --Chapitre 6 sur 69 · LE CONTRAT D APPRENTISSAGE · texte numérisé non relu

LE CONTRAT D APPRENTISSAGE

Ces redevances n'avaient pas toujours une destination égoïste. Elles servaient parfois à secourir les « enfants du métier » et à garder les droits des apprentis envers leurs maitres, ou bien elles formaient une sorte de « prime d'assurance » moyennant laquelle la corporation s'engageait envers l'apprenti à le replacer chez un autre maître si le sien venait à mourir.

Le contrat fixe les obligations réciproques du maitre et de l'apprenti.

Celles du maître sont de deux sortes :

1° Bien traiter, c'est-à-dire nourrir, coucher, chauffer, quelquefois vêtir son apprenti ;

2° Bien lui apprendre son métier.

Le maître doit donc considérer l'apprenti comme l'enfant de la maison.

Mais les maîtres ne s'acquittent pas toujours de leurs devoirs. Les apprentis se plaignent d'être battus, mal nourris, « mal appris ». Aussi, en 1566, les pâtissiers de Paris rappellent-ils au maître qu'il a charge d'âme et qu'il doit surveiller la conduite de l'enfant autant que son apprentissage. En conséquence, défense lui est faite d'envoyer les apprentis vendre des gâteaux par la ville « attendu que c'est la perdition desdits apprentis qui ne peuvent apprendre leur métier ».

L'apprenti doit « obéissance et fidélité » à son maître, qui a sur lui les droits du père.

2 2 l'apprentissage AVANT LA RÉVOLUTION

Droit de garde : l'apprenti ne peut quitter la maison du maître sans son autorisation.

Droit de surveillance : le maître règle l'emploi du temps de l'apprenti et contrôle sa conduite.

Droit de correction : indiscipliné, paresseux, vicieux, l'apprenti est puni par le maître ; mais quand la punition est un châtiment corporel, elle ne doit pas être trop forte, sous peine, pour le maître, d'amende ou de prison... au moins statutaires.

Les fripiers du xvii^ siècle proclament que l'apprenti sera déchu du droit de parvenir à la maîtrise « s'il commet aucune action lâche, honteuse et indigne du respect qu'il doit à son maître, à sa famille et aux personnes ses alliées ». L'apprenti a même des obligations à l'égard des compagnons qui, à défaut du maître, lui montrent le métier.

Voici d'ailleurs un curieux texte de la fin du XVII* siècle, où sont analysés les « rôle et devoirs de l'apprenti » (i) :

Tous les apprentis doivent, lorsqu'ils sont engagés, bien nettoyer et balayer la boutique et le devant de la porte ; bien ramasser tous les outils des compagnons et tout ce qui se trouve traîner d'un côté ou d'un autre, tant au maistre qu'aux compagnons ; bien servir les compagnons et leur donner tout ce qu'il faut pour leur

(i) Cité par A. Franklin, La Vie privée d'autrefois « Comment on devenait patron », 53.

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