‹ L'apprentissage - hier, aujourd'hui, demain. --Chapitre 51 sur 69 · TRAVAUX D ELEVES I · texte numérisé non relu

TRAVAUX D ELEVES I

gées (soie et coton), de soieries unies, de soieries façonnées, de velours et de peluche.

L'école pratique de Rennes a fait mieux encore. Elle s'est outillée elle-même. Anéantie par un incendie, il y a quelques années, on la vit, presque sans argent, renaître de ses cendres. Avec deux tours et une seule machine à percer, les élèves et le chef des travaux ont monté, petit à petit, le bel atelier d'ajustage de la nouvelle école. L'architecte de la ville n'avait guère livré que des murs. Les jeunes apprentis de l'école ont construit eux-mêmes tous les paliers, toutes les chaises métalliques, toutes les transmissions, tous les renvois de mouvement, presque tout le mobilier scolaire, tables, bancs, pupitres, armoires, et la plupart des machines-outils, des tours à crochet, des tours parallèles, une machine à percer à colonne, un étau-limeur, etc. Et maintenant, les murs de l'architecte abritent une école d'industrie.

Sans doute, la plupart des écoles pratiques se construisent elles-mêmes des machines-outils et des meubles, mais l'exemple de Rennes est peut-être unique de son espèce pour montrer la valeur pratique de l'apprentissage dans les écoles d'industrie.

vend des toiles d'Armentières sous le nom de toiles de Voiron. Le linge de table n'est aucunement fabriqué à l'École, et celui qui figurait à l'Exposition de 1900 avait été probablement fabriqué « dans des temps très anciens ».

146 L^APPRENTISSAGE A l' ÉCOLE

Apprentis sortants

Pourtant, la valeur professionnelle des apprentis qui sortent des écoles a été mise en doute.

Au cours de l'enquête officielle de 1902 sur l'apprentissage, on avait posé la question suivante : « Est-on généralement satisfait des élèves qui sortent des écoles professionnelles ? Sont-ils préférés — dire pour quels motifs — à ceux qui ont appris leur métier exclusivement dans les ateliers industriels ? »

Réponses : beaucoup de fleurs, mais quelques épines. — Voici les épines :

Un syndicat patronal de l'horlogerie, — dit le rapport, — trouve que les horlogers sortant des écoles sont très habiles mécaniciens, mais mauvais rhabilleurs. Un syndicat ouvrier de lithographes estime que les élèves sortant des écoles ne donnent pas satisfaction, si ce n'est dans les branches qui ont un côté artistique. Un syndicat ouvrier de l'imprimerie trouve que l'apprentissage est insuffisant à Fécole professionnelle du livre. Une Chambre de commerce estime que les apprentis formés dans les ateliers connaissent mieux les détails du métier. D'une manière générale, les avis défavorables aux ouvriers qui ont passé par les écoles professionnelles sont basés sur l'insuffisance pratique de ces ouvriers. Une association ouvrière de production leur trouve trop de prétention.

On retrouve quelquefois ces appréciations dans

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