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APPRENTIS SORTANTS I5I

assez facilement. Les patrons apprécient les élèves de l'école parce qu'ils peuvent produire en entrant dans les ateliers, parce qu'ils ont de bonnes méthodes de travail, l'intelligence plus développée que les apprentis ordinaires, parce qu'ils comprennent rapidement les explications qui leur sont données sur le travail à faire, parce qu'ils savent lire un dessin...

Dans un grand nombre de régions, les industriels avisés prisent fort le certificat d'études pratiques industrielles qui est délivré aux bons élèves sortants de troisième année, après un examen théorique et pratique sérieux.

Que gagnent les élèves sortants ? — Tantôt plu^, tantôt moins, dirait le Savetier. Au début, dans les constructions mécaniques : i fr. 75, 2 francs, 2 fr. 50 ; un peu plus tard : 3, 4, et 5 francs et même davantage.

D'une statistique faite à Saint-Étienne et portant sur 730 élèves, il ressort qu'à leur sortie de l'école, ils gagnent en moyenne de i f r. 77 à 2 fr. 25 et à 20 ans, de 4 fr. 50 à 5 fr. 20. Ces salaires sont sensiblement supérieurs à ceux des anciens apprentis du même âge (i). Encore faut-il remarquer que

(i) « En tenant compte de la profession et de l'âge des ouvriers, on constate que, dans la plupart des professions du meuble, les ouvriers provenant d'écoles professionnelles et ceux qui ont suivi des cours professionnels reçoivent, en général, des salaires plutôt supérieurs à ceux des autres

dans le commerce et l'industrie, comme dans les fonctions publiques, on pratique le système de r« avancement » — avancement proportionel ici à l'âge et à la taille plus qu'à l'habileté. Un élève de i8 ans, plus habile qu'un ouvrier de 25, gagne moins que lui.

D'autre part, les salaires d'élèves sortants, comme les salaires d'ouvriers, varient un peu d'une région industrielle à l'autre. C'est le Nord qui est le plus favorisé : « Je ne connais pas les élèves qui sortent des écoles pratiques du Midi et de l'Ouest, disait M. Labbé, inspecteur général de l'enseignement technique, à la session de 1907 du Conseil supérieur; mais il est certain que dans le Nord les élèves qui sortent de l'école d'Armentières gagnent de 4 à 5 francs par jour. »

Il est certain aussi que dans l'état actuel des choses, ce sont là de beaux salaires pour des jeunes gens de 18 ans. Avant 25 ans, certains de ces jeunes gens gagnent jusqu'à 7 et 8 francs par jour, ceux du moins qui obtiennent des places au mois. L'école d'Armentières citait en 1904, parmi ses anciens élèves, un jeune homme de 22 ans qui gagnait 180 francs par mois comme échantillonneur-dessinateur à Bourg-de-Thizy (Rhône) ; — un de

ouvriers. » (Enquête sur l'apprentissage dans les industries de l'ameublement (1905); publication de l'Office du Travail, p. XX.)

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