‹ L'apprentissage - hier, aujourd'hui, demain. --Chapitre 60 sur 69 · AUX ETATS-UNIS I9I · texte numérisé non relu

AUX ETATS-UNIS I9I

4° les écoles industrielles, les unes du soir, les autres du jour : au programme (section des mécaniciens, des électriciens et des chimistes de l'Institut Pratt, de Brooklyn) : mathématiques (algèbre, géométrie, trigonométrie) (i), physique, chimie, travaux de laboratoires, mécanique, électricité industrielle, croquis et dessin industriel, travaux manuels ; peu de travaux manuels (environ, «ix heures par semaine, à peu près comme dans nos écoles primaires supérieures).

Les écoles industrielles américaines de ce type n'ont pas la prétention de remplacer l'apprentissage. Elles y préparent. Aussi, y a-t-il encore deux autres catégories d'écoles qui, elles, apprennent un ou plusieurs métiers. Telles sont :

5'* les écoles d'apprentissage, qui ont pour but de former, le plus rapidement possible, quelquefois en six mois (2), des ouvriers complets pour

(1) On remarquera qu'il n'y a pas d'arithmétique. L'arithmétique est une science de pure théorie qui devrait disparaître du programme des écoles pratiques françaises comme elle a disparu du programme des écoles américaines. Les autres sciences mathématiques ont la même valeur de culture générale et, en plus, elles sont pratiquement inséparables de l'industrie. Toute « construction » est de la mathématique réalisée.

(2) Par exemple pour les coiffeurs. Il y a des académies de coiffeurs, des collèges de barbiers, où des apprentis doués apprennent le métier en trois mois aussi bien que ceux qui passent trois ans dans un salon de coiffure.

certains métiers, et cela sans cours théoriques, par la seule pratique manuelle de ces métiers (appareilleurs-électriciens, menuisiers, charpentiers, modeleurs, typographes, peintres en bâtiment, peintres décorateurs, maçons, plâtriers, plafonneurs, forgerons, plombiers, zingueurs) ;

6° les écoles professionnelles, qui sont des écoles d'apprentissage, non pour une seule profession, mais pour un groupe de métiers (travaux du bois, travaux du fer) ; les travaux d'ateliers sont accompagnés de cours techniques : mathématiques, sciences physiques, dessin, etc.

Ce que l'Américain cherche dans toutes ces écoles, c'est moins un métier particulier que l'instruction technique qui lui permettra de passer, au besoin, pour s'élever, d'un métier à un autre.

C'est dans cette mentalité, — dit M. Buyse, — qu'il faut chercher la répugnance pour la spécialisation professionnelle et l'origine de la prospérité extraordinaire des écoles techniques avec branches d'instruction générale. Des Américains très autorisés ont exprimé souvent l'avis que les écoles' professionnelles européennes sont trop étroites, trop restreintes dans leurs buts, trop nettement organisées pour faire des producteurs définitivement rivés à une tâche, sans possibilité de s'élever dans la société. D'après ces vues, leurs écoles industrielles sont des institutions d'éducation technique dont l'enseignement porte, non sur une spécialité, mais sur les professions de base, c'est-à-dire sur les familles professionnelles.

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