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arrivent à se confondre et sont enveloppées d’un même gris, qui a pour cause l'épaisseur de la couche d'air interposée entre l’objet et l'œil du spectateur. Une teinte de lavis à l'encre de Chine se comporte comme un verre teinté qui laisse voir au travers le papier blanc réfléchi. Ce phénomène prend le nom de {ransparence.
Cette transparence décroît à mesure que la teinte augmente d'intensité; aussi est-il nécessaire de ne pas employer le maximum, car alors la teinte a perdu sa transparence. Dans ce cas elle est opaque.
Détermination de la teinte débauche. — La teinte d’ébauche est la valeur que nous aurons à appliquer tout d’abord dans l'ombre des corps exécutés au lavis.
Chargeons le tire-ligne d’encre de Chine absolument noire et tracons dans la surface d’un rectangle de six centimètres sur dix, par exemple, toute une série de traits parallèles d'un demi-millimètre d'épaisseur et distants d’un demi-millimètre.
En examinant ces hachures à une certaine distance, lPeffet obtenu sera celui d’une teinte produite par une succession de lignes noires et de lignes blanches alternées qui, vues dans leur ensemble, produiront une teinte grise dont la valeur sera moitié du noir maximum. Il sera facile de reconstituer cette valeur avec de l'encre de Chine étendue d’eau.
Ainsi se trouve obtenue une fois pour toutes l'ombre que nous nous proposons d'appliquer dans nos exercices et qui prend le nom de teinte d’ébauche. Elle s’applique indistinctement et uniformément sur les ombres propres et les ombres portées.
Tout dessin sur lequel on veut faire figurer quelques teintes doit être passé au tire-ligne rempli d'encre de Chine plutôt pâle. On étendra ensuite une teinte d’eau
pure sur toute la feuille, mais avant de commencer tout travail on aura soin de laisser bien sécher.
Teinte plate. — Pour l'application de la teinte plate bien unie, on procédera de la manière suivante : il faudra préparer d’abord dans un godet une quantité plus que suffisante d'encre de Chine, de sépia, ou de teinte d’une valeur moyenne (teinte d’ébauche). La surface étant un rectangle de 15 centimètres sur 20, le petit côté placé parallèlement au bord inférieur de la planche, qu’on inelinera légèrement; puis, prenant le pinceau gorgé de teinte et étanché sur le rebord du godet, on appliquera une bande horizontale d’un centimètre de hauteur environ en longeant exactement le côté supérieur du rectangle. Une deuxième bande de teinte viendra se raccorder parallèlement à la première, et ainsi de suite. Le mouvement effectué par le pinceau dans cette succession de trainées parallèles est celui exécuté par la main d’un enfant qui trace sur une ardoise plusieurs rangées consécutives de bâtons. Il est nécessaire d'exécuter cette succession de teintes à plein pinceau et de terminer en préservant la base du rectangle par une dernière teinte longeant intérieurement la ligne horizontale, en redressant toutefois le pinceau pour remplir exactement les deux angles. L’excédent de teinte accumulé sur cette base sera aspiré par le pinceau préalablement étanché sur un chiffon ou un papier buvard.
Le relief s'obtient par teintes superposées, juxtäposées et fondues.
1° Le rectangle précédent, couvert de la teinte plate qu’on aura soin de bien laisser sécher, sera divisé verticalement en quatre bandes rectangulaires obtenues par des tracés de crayon à la règle et numérotées 1, 2, 3, 4.
Laissant la première bande de gauche, on appliquera
sur l’ensemble des trois autres la même valeur de teinte que précédemment. Le papier une fois sec, on appliquera encore celte teinte sur deux bandes, puis enfin sur la dernière. On obtiendra ainsi une dégradation de teintes, et par ces superpositions successives on remarquera qu'il y à quatre valeurs différentes et progressives dans les rapports de 1, 2, 3, 4 en partant de la plus claire.
2° Les mêmes dégradations peuvent être obtenues par le second procédé, c’est-à-dire par teintes juxtaposées.
Supposons le même rectangle, divisé de la même façon.
Dans la première bande de gauche on appliquera la même teinte isolément représentée par la valeur 1. On juxtaposera au premier coup la valeur 2 en ajoutant de l'encre de Chine à la valeur précédente, l'intensité obtenue devant égaler celle de la bande 2 obtenue par superposition. On opérera de même pour obtenir du premier coup les valeurs 3 et 4.
Dans ces différentes juxtapositions il est nécessaire que les bords de teintes ne se touchent pas. Il sera ménagé un filet de papier blanc Le plus fin possible, et cela dans le but de pouvoir étaler successivement chaque teinte sans être obligé d'attendre que la précédente soit sèche.
3° Enfin, on pourra obtenir le même effet au moyen de teintes fondues.
Nous reprendrons la même surface rectangulaire avec les divisions. Dans la bande supérieure on fera simplement passer de l’eau pure horizontalement; puis, dans la seconde bande on appliquera une teinte très claire qui viendra se relier à l’eau précédemment posée; pour la troisième bande, la teinte sera un peu plus forte, et ainsi de suite pour les autres divisions; la teinte ayant le maximum d'intensité sera appliquée avec beaucoup de précision sur la ligne inférieure du rectangle.
Dans ce cas nous avons procédé en commençant par
la teinte claire. Mais on peut obtenir le même effet en commençant par la teinte foncée.
Pour cela, nous appliquerons bien nettement à la partie supérieure du rectangle la nuance la plus intense, toujours en ayant soin de suivre attentivement la ligne horizontale. Puis, ajoutant quelques gouttes d’eau dans la teinte précédente, préparée dans un godet, nous appliquerons cette nouvelle teinte au-dessous de la précédente en la raccordant pendant qu’elle est liquide; ajoutant de nouveau une même quantité d’eau, nous obtiendrons une troisième teinte qui remplira la troisième bande, et ainsi de suite jusqu’à la dernière; enfin, nous laverons completement le pinceau, en étendant pour finir une bande d’eau pure.
LANIS" DU CYLINDRE
Supposons un cylindre de 9 centimètres de hauteur sur 4 de largeur. Traçons en dessous son plan géométral et divisons la demi-circonférence qui représente la partie apparente en élévation en 8 parties égales; projetons ces points et tracons des verticales qui donneront des largeurs de surfaces décroissant de largeur à mesure qu'elles se rapprochent des génératrices.
Nous obtiendrons sur Le côté droit du cylindre, à partir du point correspondant au rayon tangent à 45° dans le plan géométral, la surface d'ombre, c’est-à-dire la teinte d’ébauche dont nous avons parlé précédemment, au point
Fo
normal à 45° du côté gauche nous aurons la lumière. Zéro
étant la lumière, en se dirigeant du côté de l’ombre nous aurons 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6.
6 représentant l'ombre, la teinte 5 s’obtiendra en ajoutant une certaine quantité d’eau; les teintes suivantes seront éclaircies de plus en plus progressivement.