‹ L'aquarelle pratiqueChapitre 30 sur 53 · ANCHE III · texte numérisé non relu

ANCHE III

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Nous ajoutons une importance toute particulière à tout ce qui précède. Le point de vue géométrique que nous préconisons est pour le constructeur, l'inventeur, le compositeur ou le créateur une source féconde où il pourra puiser indéfiniment. L'étude de la nature prise sous cet aspect lui procurera des éléments dont il tirera de mieux en mieux parti par l'observation incessante. Cette analyse, pour devenir parfaite, doit être observée bien souvent à la loupe.

C’est une erreur de considérer un élément naturel à l’échelle que donne la nature. Le décorateur est libre de changer cette échelle suivant sa convenance. Si le modèle qu’il a sous les yeux est d’une étendue considérable, il pourra évidemment le traduire en réduction pour son ensemble, quitte à prendre note de fragments à une plus grande échelle. Si, au contraire, l'élément naturel est de très petite dimension (fleur de saxifrage, myosotis), il peut en dessiner l’agrandissement. C’est ainsi que nos maîtres sculpteurs, à l’époque du style ogival, ont pu, avec une feuille de ciguë ou une crosse de fougère, décorer des chapiteaux et des frises importants par leur développement et imposants par leur masse.

Notes relatives à l'analyse géométrique des planches I, Il et III.

PI. I. — Iris d’eau. Plan géométral, triangle équilatéral avec l'élévation correspondante.

L’harmonie des couleurs peut s’obtenir avec les couleurs suivantes :

Pétales, violet-bleu {outremer et carmin).

Fond teinté en gris et sur le modèle vieil or (jaune indien et une pointe du violet de la fleur).

Cadre vert-émeraude éteint par une pointe de brun-rouge. Le filet réservé en blanc tel qu'il est indiqué sur la planche.

PI. IL. F. 1. — Aster. Pétales, violet-rose. Corolle, jaune-d’or.

boutons, jaune-d'or. Feuillage, vert-bleu. Fond, vert-jaune. Cadre, bleu-vert foncé.

F. 2. — Wégélia. Fleurs, rose. Étamines, vert-d’eau avec extrémité or. Calice, grenat. Feuillage, vert-jaune. Le fond serait vertbleu et le cadre vieil or.

F. 3. — Ancolie. Pétales, jaune de Naples. Pédoncules, rose. Sépales, jaune indien.

F. 4 — Bégonia semperflorens. Fleurs, rose. Étamines, or.

Feuillage, bleu outremer et cendre verte. Tiges, brun-rouge et carmin. Ombres des feuilles, jaune indien et bleu de Prusse.

PI. III. F. 1. — Panneau décoratif. Pommes.

Fruits, jaune indien, et carmin pour les parties d’ombres indiquées par des hachures. Une pointe d’outremer sera ajoutée dans les parties les plus vigoureuses. Ton local des feuilles, chrome clair et cendre verte. Ton de vigueur, jaune indien, bleu de Prusse et sienne brûlée.

La teinte de fond devra se faire en deux fois, c’est-à-dire le côté droit d’abord, et retourner la feuille pour faire le côté gauche.

Ce fond sera un bleu léger composé de bleu de Prusse, cendre verte et une pointe de carmin.

Les trois motifs composés qui complètent la pl. IT peuvent être considérés le premier comme devant être exécuté en métal repercé, c’est-à-dire ajouré à la scie et ciselé. Le ton représenté, si c’est de l'or, sera composé pour le ton local de jaune indien et de chrome clair. Les ombres, outremer et sienne brûlée. Si c’est de l'argent, réserver le papier blanc pour les lumières et modeler avec un gris composé d’outremer et de brun-rouge.

Le deuxième motif peut être considéré comme un estampage ou repoussé. Les tons à employer sont les mêmes, avec cette différence que, pour la compréhension du motif, le fond entourant le sujet sera de la même matière que le sujet lui-même, c'est-à-dire la même teinte, puisqu'il est plein, quand au contraire dans la première figure il est ajouré.

Le troisième motif sera considéré comme une plaquette sur laquelle figure en léger relief un lilas d'Espagne gravé et ciselé.

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