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C. Les Némertiens

Les Némertiens sont des vers qui ont beaucoup d'affinités avec les Turbellaires. Leur corps, comme c'est le cas pour celui de ces derniers, est mou, très extensible et contractile ; il est en entier revêtu de cils vibratiles. Mais il» en diffèrent par la présence d'une trompe, rétractile dans le corps, indépendante du tube digeslif, et, par le fait qu'ils ont un anus.

Tous les représentants de cet ordre, pour ainsi dii-e,. habitent la mer, à l'exception de quelques Némertiens terrestres, ou vivant dans les eaux douces, qui ont été signalés ces dernières années.

Ces espèces sont, en général, exotiques, (Amérique, Afrique); celles qui ont été observées en Europe, n'ont

qu'un habitat limité, ayant été découvertes, surtout, dans "des jardins zoologiques ou botaniques.

L'Emea lacusMs fait exception. Découvert en 1891, par le Docteur G. du Plessis, au bord du lac Léman, ce Némertien a été retrouvé dans la suite, par divers observateurs, dans plusieurs localités ^

Sa distribution géographique est, du reste, fort peu connue ; c'est un animal à chercher, que l'on trouvera probablement plus souvent qu'on ne croit. Comme c'est le seul Némertien d'eau douce que nous ayons la chance de rencontrer, nous ne nous occuperons que de lui (fig. 25).

Les Emea sont des animaux lucifuges ; ils vivent cachés dans le limon, ou sous les cailloux, au bord de l'eau.

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Fig. 25. — Emea lacustris Ç rampant.

Ils se tiennent là, entortillés sur eux-mêmes, et, quelquefois, abrités dans un fourreau qu'ils se sont fabriqué avec •du limon agglutiné. Dès qu'ils sont à l'air — lorsqu'on soulève et retourne le caillou — ils se mettent à ramper. Ils se présentent alors comme un petit ruban allongé, aplati, mince, atteignant, chez les adultes, une longueur de 2 à 3 centimètres ; sa couleur est brune ou jaunâtre, quelquefois rosée.

Souvent, surtout si on les touche, ils se font reconnaître comme Némertiens, à la déformation caractéristique que

ï Nous-même, nous l'avons observé, non seulement sous les cailloux au bord du lac, mais dans des étangs, des puits et des ruisseaux aux 4^nvirons du village que nous habitons.

Tout ce système hydrographique est, il est vrai, en relation avec le réservoir d'eau du lac, qui alimente la ville de Genève.

C'est par cette voie, sans doute, que l'Emea s'est répandu dans les <»aux dont nous venons de parler, car, en gén(Tal, il n'a été signalé que comme hôte des rivages lacustres.

subit leur corps; il s'y produit des renflements et des étranglements successifs, qui lui donnent un peu l'aspect dun rosaire.

Ces vers ne nagent jamais en pleine eau ; mais^ quelquefois, ils rampent sous et contre la surface et, parfois, ils s'y suspendent à des filaments de mucus qu'ils ont sécrétés.

Lorsque l'animal se déplace, il avance sans mouvements apparents, mû par le jeu seul des cils vibratiles qui couvrent tout son corps.

A la partie antérieure de celui-ci, on observe 4 ou 6 points noirs; ce sont les yeux. Dans leur voisinage, de chaque côté, il y a une petite fossette, tapissée de cils plus longs qu'ailleurs.

Le système digestif est composé d'une bouche, qui est à la face ventrale, près de l'extrémité antérieure ; d'un intestin, présentant de nombreux cœcums latéraux ; et d'un anus terminal.

ATextrémilé antérieure du corps se trouve une autre ouverture, c'est l'entrée de la gaîne de la trompe. Cette gaîne occupe près des deux tiers de la longueur du corps. La trompe se trouve habituellement à son intérieur, rétractée et repliée sur elle-même.

La trompe, elle-même, est composée de deux parties : une partie antérieure, en forme de long boyau vide — qui s'insère au pourtour de l'entrée de la gaîne — et une partie postérieure, pleine. Au point de réunion de ces deux parties, se trouve un dard, qui, lorsque la trompe est étendue, devient terminal.

En effet, lorsque l'animal projette sa trompe au dehors, la partie antérieure de celle-ci, sorte de boyau vide, est entmînée par la partie postérieure qui y pénètre, la retourne comme un doigt de gant et s'en revêt. La paroi intérieure <le ce boyau, en sortant du corps, devient donc extérieure ; et le cul-de-sac terminal, où se trouve le dard, arrive à être tout en avant.

L'animal se sert de sa trompe pour capturer de petites proies. Il les immobilise en les entourant de cet organe, qui l'aquarium db chambre 7

est couvert de cellules agglutinantes ; il les paralyse, ou les tue, en les piquant avec son dard ; il les suce ensuite avec sa bouche et n'en laisse subsister que la peau.

Les sexes sont séparés ; les mâles sont beaucoup plus rares que les femelles. Les organes génitaux sont situés des deux côtés du corps, entre les diverticules de l'intestin: on distingue facilement les ovaires et les œufs.

L'Emea est un animal robuste ; il vit bien en aquarium. Il est fort lucifuge; il se tient, en général, caché et ne se montre guère que le soir. Il a passablement de vitalité: lorsqu'il est blessé, il se cicatrise facilement ^

1 Pour avoir de plus amples renseignements sur la biologie et Tanatomie de cet animal, on peut consulter : G. du Plessis, Organisation et genre de vie de TEmea lacustris, dans : Revue Suisse de Zoologie

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