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CHAPITRE IX LES VERS {Suite

Hirudinés. Nématodes. Rotifères. Trématodes.

D. Les Hirudinés ou Sangsues.

Chez les Hirudinés, la forme du corps est assez variable. Celui-ci est rond ou aplati; il est allongé ou ramassé sur lui-même; en général il est très contractile et extensible. Il y a une ventouse à chaque extrémité. L'annélation extérieure, dont les divisions sont parfois assez abondantes, mais souvent à peine distinctes, ne correspond pas à la segmentation interne.

La peau est dépourvue de soies; elle est molle, élastique ; elle sécrète beaucoup de mucus. Il n'y a pas de tête distincte.

Les yeux, simples taches pigmentaires, sont placés sur la face dorsale des premiers segments; leur nombre et leur situation servent à distinguer les espèces.

La bouche est à la face ventrale ; elle est souvent au fond de la ventouse antérieure. Suivant sa conformation, on divise les Hirudinés en deux sous-familles : chez les Gnathobdeïlides, la bouche est pourvue de trois mâchoires ; chez les Bhynchobdellides, la- bouche, placée à l'extrémité

d'une trompe exsertile, est dépourvue de mâchoires et fonctionne comme un appareil de succion.

L'intestin (simple chez Néphélis et Trochète) est, en général, pourvu de cœcums S3niié triques, dont le nombre varie chez les différentes espèces. Les deux derniers ccecums sont toujours les plus longs; ils se prolongent, en arrière, des deux côtés du rectum. L'anus est situé à la face dorsale, près de la ventouse postérieure.

Le sang des Hirudinés est rouge; il présente cette particularité que c'est le liquide qui est coloré; les globules sont incolores.

Les Hirudinés sont hermaphrodites ; cependant un accouplement est nécessaire ; il- est réciproque.

A l'époque de la reproduction, les anneaux, où débouchent les organes génitaux, sont tuméfiés; ils sécrètent un mucus abondant, dans lequel les œufs sont pondus (sauf chez les Clepsines). Ce mucus durcit assez vite et forme une espèce de ceinture, dont la sangsue se débarrasse par des mouvemenis de contraction et de reptation. Une fois abandonnée, cette ceinture se ratatine et se transforme en une coque ovigère — improprement appelée cocon — qui renferme les œufs. Cette coque, suivant les espèces, est fixée sur des plantes ou sur d'autres corps submergés ; parfois, elle est déposée hors de l'eau, dans la terre humide.

Les jeunes sangsues, dès leur naissance, sont semblables aux adultes.

Toutes les sangsues sont carnassières ; elles vivent — au moins temporairement — plus ou moins, en parasites. En hiver, elles s'enfouissent dans la vase.

Ce sont des animaux peu intéressants à conserver dans l'aquarium. Leur taille — chez certaines espèces, du moins "-déjà assez considérable et leurs mœurs sanguinaires doivent les en faire proscrire. Elles sortent, en outre, trop volontiers de l'eau. Toutefois, s'il n'y a pas de poisson dans l'aquarium, on peut y mettre, sans inconvénient, des Néphélis et des Piscicoles.

La Piscicole géomètre est une très jolie petite sangsue (fig. 26). Son corps est allongé, grêle, d'une couleur brunjaune verdâtre; il peut atteindre une longueur de 2 à 3 centimètres.

La Piscicole, généralement, se tient fixée aux plantes par sa ventouse postérieure. Elle attend, ainsi, qu'un

poisson la frôle, ; 1 i^

pour s'attacher momentanément à y /^

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Lorsqu'elle veut ^fe»3ir-î^ ^

se déplacer, elle ^^l^^

avance, assez vite et avec agilité, en repliant et en étendant alternative-

j FiG. 26. — Piscicole géomètre à l'atfùt ; l'extrémité

ment son corps, antérieure plus fortement grossie.

qui adhère tantôt

par la ventouse antérieure, tantôt par la postérieure.

Sa démarche ressemble ainsi à celle des chenilles arpenteuses.

Elle peut de cette manière marcher sous et contre la surface de l'eau, en prenant un point d'appui contre celle-ci. Mais, dès qu'elle la lâche, elle tombe au fond; car elle ne peut nager en pleine eau.

Sa coque ovigère est jaune-rougeâtre, striée; là Piscicole la fixe aux plantes submergées ou, quelquefois, contre les téguments des poissons.

Les Clepsines. On a décrit plusieurs espèces de Clepsines, suivant le nombre de leurs yeux.

Le corps de ces animaux est aplati et ramassé sur luimême, n est relativement transparent, ce qui permet de distinguer facilement les six diverticules de l'intestin, surtout lorsque ceux-ci sont remplis de nourriture, — tout par-

ticulièrement si ranimai a mangé im Gastéropode de couleur foncée, tel que les Physa.

Les Clepsines ont des mouvements lents et paresseux. Elles se déplacent, au moyen de leurs deux ventouses, comme le fait la Piscicole ; de même que cette dernière, elles ne peuvent nager.

Elles se nourrissent principalement de mollusques gastéropodes. Elles les sucent, ou même — lorsqu'elles sont à jeun — elles les avalent en entier, n'en laissant que la coquille parfaitement nettoyée.

On trouve, communément, les Clepsines, sous les pierres, dans les ruisseaux, les étangs, les fossés ou au bord des lacs.

Ces sangsues ne font pas de coque ovigère; elles portent leurs œufs, et ensuite leurs petits, fixés sous leur ventre \

Les jeunes — contrairement à ce qui a lieu chez les autres Hirudinés — ne sont pas, à leur naissance, absolument semblables aux adultes. Ils sont dépourvus de ventouse postérieure et leur tube digestif est simple.

La Piscicole et les Clepsines rentrent dans les Rhyncobdellides. Les sangsues qu'il nous reste à étudier appartiennent toutes aux GnathohdellMes.

La Sangsue médicinale est une espèce très connue, qui habite les marais, et qu'on peut se procurer chez tous les pharmaciens. Son corps atteint une longueur de 10 à 15 centimètres; il est absolument opaque, de couleur foncée, variable. La bouche est pourvue de trois mâchoires, garnies de dents, disposées en forme de scie.

Cette sangsue nage fort bien, en pleine eau, avec des mouvements ondulatoires de tout le corps. Elle sort de l'eau parfois, pour chasser sur le rivage; elle progresse alors au moyen de ses deux ventouses. Elle dépose son cocon dans la terre humide. Les jeunes se nourrissent

1 C'est du moins le cas pour l'espèce la plus commune (Clepsinc bioculata) et pour quelques autres espèces de cette famille.

LES VERS lOB

d'abord d'insectes, puis ils s'attaquent aux batraciens ; les adultes sucent le sang des animaux à sang chaud.

On trouve encore dans nos pays la Trochète verdâtre et YAulastonie vorace. Ces deux espèces se rapprochent beaucoup de la précédente par leur aspect et leurs mœurs; elles ne présentent, du reste, rien de spécial.

Les Néphélis sont des sangsues de petite taille, qu'on trouve sous les pierres dans les fontaines, les ruisseaux ou au bord des lacs. Leur corps est mince, allongé, transparent, sans annélation apparente; il est de coloration très variable, rose-chair, brun ou verdâtre.

L'intestin n'a pas de diverticulum; les mâchoires sont remplacées par de simples plis pharygiens ; aussi ces animaux ne sont-ils pas très voraces. Ils ne peuvent attaquer les vertébrés et se contentent, comme nourriture, de larves et de petits animaux qu'ils avalent, souvent, en entier.

Les Néphélis rampent sur le sol ou contre les végétaux ; elles nagent aussi, parfois, en pleine eau ; mais elles ne peuvent sortir de cet élément sans périr.

Elles ne peuvent pas contracter leur corps, en forme d'olive, comme le font les autres sangsues, mais elles l'enroulent sur lui-même.

Parmi les Néphélis, l'espèce la plus commune est la X odoculata, caractérisée par huit yeux, situés à l'extrémité antérieure du corps. Elle pond, pendant tout l'été, dans des coques ovigères, qu'elle fixe contre des corps submergés, souvent sous les feuilles du Nénuphar ou du Potamogeton. Ces coques sont ovoïdes, longues de 4 à 6 mm..

FiG, 27. — Coque ovigère de Néphélis contre une feuiUe de Potamogeton.

de couleur jaunâtre ou brune; leurs parois sont minces^ transparentes, d'apparence cornée (fig. 27).

On peut facilement conserver la Néphélis en aquarium, mais elle se tient, en général, cachée.

Enfin citons, pour terminer, une sangsue tout à fait parasite :

La Branchiobdelle, qu'on trouve, surtout en décembre et en janvier, sur les branchies de l'Ecrevisse. Elle est dépourvue d'yeux et elle n'a que deux mâchoires. Son corps est transparent ; il atteint une longueur de 5 à 12 millimètres.

E. Les Nématodes.

Les Nématodes sont des vers filiformes, allongés, minces, sans annélation marquée, à peau chitineuse dure. Ds ont une bouche, à la partie antérieure du corps, un intestin et un anus ventral. Chez certaines espèces, il y a des yeux, surtout chez les formes libres. Ce sont, en général, de petits animaux, dont la longueur est inférieure à 1 mm. ; cependant, chez certaines espèces, elle atteint presque un mètre. Les sexes sont séparés.

L'évolution des Nématodes est encore peu connue ; elle est souvent compliquée de périodes alternantes de parasitisme et de vie libre.

Ces vers se trouvent partout: dans l'eau, dans les liquides organiques, dans la terre, dans les animaux ou les végétaux.

Un grand nombre d'entre eux vivent, ou au moins passent une partie de leur vie, dans les eaux douces, pures ou corrompues, surtout dans le limon.

Mais ces vers, tous de très petite taille, présentent si peu de particularités biologiques intéressantes que nous ne nous en occuperons pas. Du reste, beaucoup d'entre eux ne sont que des larves dont on ne connaît pas la forme adulte ; plusieurs s'introduisent dans les copépodes, et, lorsque ceux-ci sont mangés, achèvent leur développement dans les poissons.

Nous signalerons seulement, à cause de sa taille, le Donj' Jaimus stagnalis, animal très commun, dont la longueur atteint 5 à 7 mm. On le trouve dans toute l'Europe ; il se tient dans le limon et parmi les racines des plantes aquatiques. Sa bouche est pourvue d'un aiguillon.

Toutefois, une famille fait exception, c'est celle des Gordiens.

Il y a, dans nos pays, 5 à 6 espèces de Gordiens; mais ces vers ne diffèrent les uns des autres que par des caractères tout à fait secondaires.

Nous ne nous occuperons que du Gorditis aquaticus, qui est celui d'entre eux qu'on trouve le plus fréquemment, quoiqu'il ne soit commun nulle part.

Les représentants de cette espèce sont, en général, à l'état adulte, des vers de grande taille (fig. 28). Habituellement, la longueur de leur corps est de 15 cm. (et son Fig. 28.— Gordius aqwaicus 5, de

-, ^ ^ . grandeur naturelle: extrémités de

épaisseur de 1 mm.); mais, son corps, vues à la loupe.

exceptionnellement, elle peut

ne pas dépasser 5 cm. ou, au contraire, atteindre 80 cm.

On trouve ces vers — isolés, ou, parfois, plusieurs enroulés ensemble — dans les eaux courantes froides : dans les ruisseaux et les rivières ou dans les bassins de fontaine alimentés par des sources. Certaines années, sans qu'on puisse en expliquer la cause, ils se montrent en grand nombre.

L'évolution de ces animaux n'est pas encore connue avec certitude.

L'embryon est microscopique (Vio de mm.). C'est un petit ver cylindrique, pourvu d'une trompe qui est armée d'un dard et d'une triple rangée de crochets. Il vit librement dans l'eau et pénètre par effraction dans divers insectes.

On le trouve, en effet, fréquemment, enkysté, dans certaines larves de Diptères.

L'opinion courante était que — lorsque ces larves étaient mangées — il passait passivement dans un nouvel hôte (poisson ou coléoptère carnassier) et achevait là son développement. Mais, à la suite de recherches récentes, Villot estime que cette opinion est erronée.

Cet auteur admet que tous les embryons que Ton trouve enkystés dans des larves d'insectes sont des embryons qui, s'étant trompés d'hôte, sont destinés à périr. Suivant lui, les Gordiens se développent dans un seul hôte qui, en général, est un insecte.

L'embryon, après avoir pénétré dans l'insecte qu'il lui fallait, ne s'y enkyste pas; il passe à la forme larvaire. Sous cette forme, il ressemble à l'adulte, mais il est beaucoup plus petit, de couleur blanc pur et très fragile.

Il est pourvu d'un intestin et a déjà des organes génitaux. Petit à petit il devient adulte ; sa peau s'épaissit ; elle devient coriace, dure, chitineuse, de coloration foncée. Les organes génitaux se développent et, parallèlement à leur développement, se produit l'atrophie du système digestif. Celui-ci finit par disparaître complètement, y compris la bouche.

Sous cette forme adulte, les Gordiens peuvent être observés aussi bien à l'état de parasites, qu'à l'état libres.

On les trouve, comme parasites, dans la cavité abdominale des insectes, enroulés autour des intestins, sans que l'insecte ait l'air d'en souffrir, et sans qu'il y ait un hôte spécial pour chaque espèce. Accidentellement, ils peuvent, si leur hôte est mangé, passer passivement dans l'estomac d'un poisson. Mais, pour gagner l'eau, le Gordius doit volontairement quitter son hôte (insecte ou poisson). Il peut en sortir à des états variables de développement; on a trouvé parfois des Gordius adultes, et de grande taille, encore engagés à moitié dans le corps de l'insecte qui leur servait d'hôte.

Une fois dans l'eau, le Gordius nage lentement ou se laisse entraîner en s'abandonnant au courant.

On peut le rencontrer sous cet état de mars à septembre. Après la ponte, qui a lieu dans Teau, la femelle meurt; les mâles vivent un peu plus longtemps. Ils sont reconnaissablés à l'extrémité postérieure de leur corps, qui est bifide.

Les Gordiens vivent bien en aquarium, pendant plusieurs semaines, à la condition que Teau soit maintenue fraîche. Ils y nagent avec de grands mouvements ondulatoires de tout le corps; mais ils* redoutent beaucoup le soleil et l'évitent en se réfugiant dans les recoins à l'ombre.

F. Les Rotîfères.

Les Rotifères sont des vers de taille si minime, qu'on ne peut les voir qu'à l'aide d'une loupe ou d'un microscope. Leur étude est assez compliquée et peu à la portée d'un simple amateur.

Je me suis décidé, cependant, à donner quelques brefs renseignements sur ces petits animaux — dont les représentants de quelques espèces seulement atteignent une taille d'un demi-mi Uimètre— parce qu'ils peuvent être rencontrés dans le produit de nos pêches, ou observés, fixés contre les parois de l'aquarium.

Sauf quelques rares espèces, qui vivent dans la mer, les Rotifères sont des animaux spéciaux à la faune des eaux douces, dans lesquelles on les trouve parfois en nombre prodigieux. Toutes les eaux leur conviennent ; on en trouve dans les ruisseaux, dans les marais, dans la pleine eau des grands lacs; ils apparaissent même dans des eaux tout à fait éphémères, telle que celle qui reste, après la pluie, dans les creux des rochers, ou dans les chéneaux des toits.

Ces animaux, dont le corps est absolument transparent, se font de suite remarquer par un organe spécial, dit « organe rotateur ». Cet organe est situé à la partie antérieure du corps. Il tire son nom de la ressemblance qu'il a, dans certains genres, avec deux roues dentées qui tourneraient l'une contre l'autre, comme le font les roues d'un engrenage.

En réalité, il est composé de cils, vibrant d'une manière particulière. Il a deux fonctions. Il sert comme organe natatoire. Il sert aussi, en provoquant un courant dans l'eau, à airener vers la bouche les fines particules dont l'animal se nourrit.

Le corps des Rotifères est extrêmement contractile. Les représentants de plusieurs espèces sont pourvus d'une sorte de prolongement caudal, dont les Sifférents segments peuvent s'invaginer les uns dans les autres comme c'est le cas pour les différentes parties d'une longue-vue. L'extrémité postérieure est terminée, en général, par une sorte de pince qui sert à l'animal d'organe de fixation.

Les Rotifères, en majorité, se tiennent, en effet, fixés. Môme ceux, dits « libres », — c'est-à-dire qui peuvent à leur gré voyager — se tiennent néanmoins, le plus habituellement, accrochés aux plantes ou à un support quelconque.

Pai-mi les Rotifères qui sont franchement sédentaires, les uns sont nus, les autres sécrètent une gaîne transparente, en général gélatineuse. D'autres enfin se contruisent avec des corps étrangers, habituellement opaques, un véritable étui, dans lequel ils peuvent se retirer complètement.

Les représentants de quelques espèces seulement sont parasites.

Les Rotifères ont les sexes séparés. Les mâles sont fort rares. Pour beaucoup d'espèces ils sont encore inconnus. Ils sont beaucoup plus petits que les femelles et ont souvent un aspect différent. Ils sont dépourvus d'organe digestif ; leur vie n'a qu'une courte durée.

Les femelles produisent des œufs de deux sortes.

Les uns, les plus abondants, sont dits « œufs d'été » ; ils se forment probablement par parthénogenèse. Les autres, appelés « œufs d'hiver » ou plus exactement « œufs de durée » résultent d'une fécondation ; ils sont doués d'une très grande vitalité.

Une particularité bien connue des Rotifères, c'est leur extraordinaire résistance à la dessiccation. Mais il faut faire une distinction. Tous lés Rotifères n'ont pas cette pro-

Fia. 29.

Slephanoceros Eichorniij d'après Yosseler.

priété. Ceux qui vivent franchement dans Teau ne Font pas. Seuls, ceux qui se tiennent dans la mousse ou dans la terre, lieux qui ne sont que temporairement humides, peuvent résister à la dessiccation.

Mais ces animaux y résistent, alors, d'une manière vraiment surprenante. Ils ne vivent, pour ainsi dire, que quand le milieu où ils habitent est saturé d'eau. Ils passent le reste du temps, à l'état de mort apparente, dans une sorte de vie latente ; ils peuvent ainsi supporter une dessiccation complète et prolongée. Ces espèces étant justement celles que nous aurons le moins de chance de trouver dans le produitde nos pêches, ou d'observer dans notre aquarium , nous n'insisterons pas sur ce sujet.

Je ne mentionnerai du reste que

deux espèces, dont les représentants sont visibles à l'œil nu :

Le Stephanoceros Eichomii est un magnifique Rotifère, qui vit sur les végétaux submergés; nous pouvons le voir apparaître inopinément sur les parois de notre aquarium. Cet animal habite un tube gélatineux transparent; il atteint une longueur d'un millimètre. Son organe rotateur est composé de cinq tentacules ciliés dirigés en avant (fig. 29).

FiG. 30.

Melieerta ringens,

d'après Hudsoa-

On trouve fréquemment le Melicerta ringens (fig, 30) fixé à la face inférieure des feuilles du Nénuphar. On le distingue à Toeil nu, grâce au tube qui lui sert de demeure. Ce tube, en général de couleur foncée, est construit avec des matériaux étrangers que Tanimal a façonnés en forme de boulettes. Quelquefois il emploie à cet usage ses propres excréments. Il agglutine ensuite ces boulettes, les assemble et en construit un tube d'un aspect très élégant.

G. Les Trématodes.

Les Trématodes sont des vers qui, sauf à l'état embryonnaire et larvaire, vivent en endoparasites ou en ectoparasites chez les Yertébrés. On en trouve aussi quelques-uns sur l'Ecrevisse et les Moules. Leur corps ne présente pas de segmentation ; il est en général aplati.

A l'état embryonnaire et larvaire, plusieurs d'entre eux passent une partie de leur existence au sein de l'eau. Comme nous pouvons en voir apparaître inopinément, sous cette forme, dans notre aquarium, nous en dirons quelques mots.

De l'œuf sort une larve ciliée, microscopique, appelée Miracidium; elle vit dans l'eau.

A. Dans le cas le plus simple, cette larve pénètre dans un mollusque et s'y enkyste. Elle n'achève alors son développement que lorsque, le mollusque ayant été avalé, elle arrive passivement dans l'estomac d'un nouvel hôte.

B. Mais, d'autres fois, la larve, après avoir pénétré dans le mollusque, ne s'enkyste pas. Elle se transforme en ce qu'on appelle un Sporocyste — c'est à dire en une sorte de sac qui, par bourgeonnement, produit une multitude de larves secondaires, d'une organisation déjà plus compliquée. Ces larves ont un intestin, une ventouse ou un dard et, le plus souvent, elles sont pourvues d'une queue natatoire ; elles sont appelées Cercaires, Elles quittent volontairement l'animal qui leur sert d'hôte et nagent dans l'eau au moyen de leur queue. Au bout de quelques heures, certaines d'en-

tre elles se fixent conti'e une herbe et s'enkystent. Lorsque cette herbe sera mangée par un ruminant, ces kystes arriveront passivement dans l'estomac de celui-ci et la larve qu'ils contiennent se développera.

Mais, chez d'autres espèces, le Cercaire nage beaucoup plus longtemps dans l'eau, à la recherche d'un second hôte qui, le plus souvent, est un mollusque ou une larve d'insecte. Il pénètre dans celui-ci, si c'est une larve, à travers la peau mince des articulations; ou, si c'est un mollusque, par la cavité branchiale. Dans ce nouvel hôte, le Cercaire s'enkyste. Ce n'est que lorsque l'animal est mangé, que le Cercaire parvient dans l'estomac d'un troisième hôte, qui est en général un vertébré, où il termine son développement et devient adulte. Ce sont les Mollusques, porteurs de Sporocystes, qui nous intéresseront le plus; car des Cercaires sortent continuellement, en grand nombre, de leur corps, sous la forme de microscopiques petits têtards — cependant visibles à l'œil nu. Ces Cercaires vivront pendant quelque temps dans l'eau de l'aquarium. Ils peuvent nager et ramper ; leur corps, extrêmement contractile, varie incessamment de forme.

Pour avoir la chance d'en observer, il faut recueillir de temps en temps des Planorbes ou des Lymnées et les mettre dans un bocal rempli d'eau. Si ces mollusques sont porteurs de Sporocystes et lâchent des Cercaires, ils paraissent, par moments, comme entourés d'un léger nuage blanc transparent, produit par la multitude de ces petits organismes qui nagent autour d'eux. Souvent aussi les Cercaires viennent ramper contre les parois du bocal, au ras de la surface de l'eau, et s'enkystent là. L'enkystement a lieu avec une très grande rapidité; il peut cependant, facilement, être observé au microscope (fig. 31).

Pour cela, il n'y a qu'à mettre quelques Cercaires sur une lame de verre, dans une goutte d'eau qu'on laisse évaporer petit à petit. A un moment donné, les Cercaires, se trouvant mal à l'aise, cessent de nager ; ils se contractent brusquement, perdent leur queue et sécrètent autour

FiG. 34. — Cercaire, rampant, nageant, s'enkystant.

de leur corps une enveloppe mucilagineuse qui durcit instantanément. La queue, détachée, continue parfois à nager toute seule pendant quelque temps encore. Parmi les Cercaires que nous pouvons rencontrer nous mentionnerons :

Le Cercaire du Bistomum endoglohîim qui sort de la Lymnée stagnale ; il nage dans Teau à la recherche de larves d'Ephémèridés, dans lesquelles il pénètre et s'enkyste.

Le Cercaire du Bistomum hepaticum sort aussi de la Lymnée et nage dans l'eau. Mais il ne passe pas par un nouvel hôte ; il s'enkyste sur Therbe des marais ou sur leî? parois du bocal.

Enfin, citons encore trois cercaires intéressants, que nous n'avons jamais eu l'occasion de voir, mais que les auteurs signalent:

Le Cercaria macrocera qui quitte les Cyclas pour in-

tester les Gastéropodes. Il a une immense queue, dont la longueur atteint dix fois, au moins, celle du corps. Le Bhapolocera tardigrada et le Bucephalus polymorphus qui s'échappent des Anodontes.

Pour beaucoup de Cercaires, la forme adulte définitive est encore inconnue, ainsi que les différents hôtes nécessaires à leur évolution.

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