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Cladocère avec épbippium

stances, donnent, avant de produire des mâles, plusieurs générations parihénogénétiques de femelles. Quelquefois, cependant, elles produisent déjà des mâles dès la deuxième génération.

Nous pouvons donc avoir, dans le cours d'une année, plusieurs espèces de cycles :

1. Il y a des espèces dites monocycliques : leurs représentants naissent au printemps, d'œufs de durée qui ont passé rhiver: ils produisent, pendant tout Tété, un grand nombre de générations parthénogénétiques de femelles; puis ils disparaissent, en automne, après avoir pondu quelques œufs de durée.

2. Les espèces, dites bicycliques, se trouvent surtout dans les marais. Ces animaux naissent, au printemps, d*œufs de durée et se reproduisent quelque temps par générations parthénogénétiques de femelles. Puis, en été, si le marais se dessèche, apparaissent des œufs de durée, qui donneront en automne, lorsque Feau reviendra, une deuxième génération parthénogénétique de femelles. Celles-ci disparaîtront à leur tour, lorsque le froid arrivera, après avoir pondu de nouveaux œufs de durée qui passeront Thiver et reproduiront l'espèce au printemps.

3. Il y a des espèces poly cycliques. Le cycle ne présente, dans ce cas, pas de régularité, et, suivant les circonstances, il peut être plus que double.

4. Les représentants d'une même espèce peuvent se reproduire suivant des cycles différents, suivant les localités qu'ils habitent et les conditions inhérentes. Ceux qui habitent un marais se reproduiront suivant le mode bicyclique, tandis que ceux qui vivent dans les lacs seront monocycliques.

5. Enfin, chez quelques espèces qui passent l'hiver, les mâles sont encore inconnus ; on admet que ces animaux ne se reproduisent que par parthénogenèse (?).

Nous avons signalé plus haut, l'extrême variabilité de forme qu'on observe, parfois, chez les représentants d'une même espèce, suivant leur habitat ou les saisons. Chez cer-

tains Daphnidés, en effet, on a constaté que la crête augmente de hauteur pendant Tété, et diminue en automne. Chez d'autres (Hyalodaphnia), la forme de la tête se modifie complètement ; d'arrondie, elle devient pointue. On a remarqué que, souvent, les formes d'été des sujets qui habitent les lacs alpins élevés correspondent aux formes d'hiver des sujets de la même espèce habitant la plaine; et, expérimentalement, on est arrivé à modifier la forme de certains types en les faisant vivre dans un milieu plus froid que leur milieu habituel.

Il nous est impossible d'étudier tous les Cladocères qui se trouvent dans notre pays ; la plupart, du reste, ont une taille minime et sont sans grand intérêt. Nous citerons donc seulement ceux que leurs dimensions rendent faci- I I lement visibles et qui, par leurs

mœurs ou leurs formes, peuvent

nous intéresser.

Sida crystalUna (fig. 36). Ce Cladocère vit dans les eaux claires permanentes; on le trouve dans les lacs, les étangs, et, quelquefois, dans les fossés d'eau pure. Ce n'est point un animal pélagique ; il se tient dans la végétation des rivages ; c'est là qu'il faut le chercher avec le filet fin.

Les Sida sont monocycliques; ils naissent au printemps d'œufs de durée ayant passé l'hiver, se reproduisent par parthénogenèse pendant tout l'été, puis produisent en automne des œufs de durée, et disparaissent ensuite.

On peut facilement observer cet animal en captivité et le con-

FiQ. 36. — Sida cystallina avec deux œufs parthénogénétiques.

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server en vie, au moins pendant une semaine. Il ne nage pas beaucoup ; il préfère rester tranquille, fixé aux plantes, ou aux parois du bocal, L'organe au moyen duquel il se ûsie, est placé derrière la tête.

n se tient, en général, la tête en bas et peut rester dans cette position fort longtemps. En l'observant à la loupe, sans le déranger, on peut voir le mouvement des pattes et celui des valves de la carapace que, continuellement, il entr'ouvre et referme.

Le corps de ce Cladocère est absolument transparent, d'où son nom de crystallina. Il atteint, parfois, chez la femelle, une longueur de 4 millimètres. Sida est un bel animal à étudier au microscope; d'autant plus qu'il est fort vite anesthésié, si l'on ajoute quelques gouttes d'eau éthérisée à l'eau dans laquelle il se trouve ; il reste alors immobile et permet un examen détaillé avec de forts grossissements.

Sida n'est point un animal rare ; mais, vu son habitat un peu spécial, il est moins conunun et moins connu que le suivant.

Daphnia pulex, c'est la vulgaire puce d'eau.

Ce petit Crustacé, qu'on trouve dans presque toutes les eaux, peut atteindre les niêmes dimensions que le précédent (dans certaines conditions, ses formes d'été dépassent même, parfois, 4 millimètres). Cependant, le plus habi» tuellement, sa taille varie entre 1,5 et 2,5 mm. La tête, au lieu d'être séparée du thorax par une dépression dorsale, — comme c'est le cas pour l'espèce précédente et pour phisieurs autres — est, au contraire, réunie à celui-ci par un bouclier plat, qui fait saillie des deux côtés. L'intestin a, dans la tête, deux cœcums très manifestes. Daphnia pulex a une reproduction bicyclique.

Parmi les autres Cladocères que nous trouverons moins fréquemment, mais qui présentent quelques particularités intéressantes, nous mentionnerons encore :

Holopeâitim gihberum. Ce petit Cladocère, dont la taille atteint, et quelquefois dépasse 2 millimètres, est remarquable par le fait que sa carapace est entourée d'une l'aquarium de chambre 9

masse gélatineuse; cela donne à cet animal l'aspect de frai de poisson. Holopedium ne se trouve pas partout, son habitat est limité à quelques localités ; ses mœurs sont plutôt pélagiques.

Simocephalus exspinosus est un des rares Cladocères qui persiste toute l'année; on peut le pêcher en hiver, sous la glace. Sa taille atteint 3 millimètres.

Enfin, citons encore deux espèces, dont les représentants exclusivement pélagiques, sont remarquables par la transparence de leur corps, par la bizarrerie de leurs formes, et, par le fait que, chez eux, la carapace ne recouvre qu'une partie de la région dorsale; elle ne sert, pour ainsi dire, que de chambre incubatrice. Ce sont le Leptodora hyaUna et le Bythotrephes longimanus.

Ces Cladocères habitent la pleine eau des grands lac5, où ils ne sont point rares. Pour en récolter, il faut promener, de nuit, un filet fin, à la surface de l'eau ; car pendant le jour, ces animaux se tiennent dans la profondeur.

Leur reproduction est monocyclique, comme celle de Sida.

Les Leptodora sont carnivores — presque tous les autres Cladocères sont végétariens — ; ils se nourrissent de petits Copépodes. Leur taille est assez grande ; elle atteint parfois 14 millimètres. On ne peut, malheureusement, pas conserver, en captivité, ces animaux vivants, plus de qu^élques heures (quelquefois 1 ou 2 jours 1).

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