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- Face ventrale d'un Haliplus sp.

LAQUARIUH DE CHAMBRE

ponnées à la même place, dans les détritus, ou sur des végétaux plus ou moins pourris, dont elles se nourrissent.

Leur corps est, souvent, couvert de feutre organique et d'algues parasites.

Leur système trachéen est clos ; il n'y pas de stigmates.

F 10. 60. — Larve du Haliplus ruficollis.

FiG. 61. — Larve du Cnémidotus Caesus, d'apcès Schiôdte.

Les larves des Haliplus n'ont qu'une respiration cutanée, celles des Cnémidotus ont des trachéo-branchies articu-

J'ai trouvé, assez fréquemment, la larve du JT. ruficolis (fig. 60), et, quelquefois, la larve d'une autre espèce qui

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s'en rapproche beaucoup. Mais je n'ai jamais réussi à rencontrer la larve du Cnemidotus Cœsus, qui est fort intéressante par ses trachéo-branchies et par ses longs prolongements dorsaux. La figure que j'en donne est empruntée à Schiôdte (fig. 61).

Les Gyrinidés

Les Gyrins sont de petits coléoptères qui, par leur organisation et leurs mœurs, sont voisins des Dyticidés. On les trouve — souvent réunis en nombreuse société — sur les eaux stagnantes ou à faible courant. Les Gyrins ne marchent pas sur la surface de Teau, mais ils y nagent avec agilité, en décrivant des courbes et en faisant de nombreuses voltes. Quoique à moitié dans Teau, leiu: corps n'est jamais mouillé.

Vu la rapidité de leurs mouvements, les Gyrins sont difficiles à capturer ; d'autant plus, qu'à la moindre alerte, ils plongent. Ils vivent facilement en captivité *; nous n'aurons donc aucune difficulté à les observer. Ils nous intéresseront par plusieurs particularités anatomiques et biologiques.

On trouve, dans nos contrées, environ une douzaine d'espèces de Gyrins. Ce sont des insectes de petite dimension (de 4 à 7 milUmètresJ: le plus commim est le Gyrinus natator ; c'est à lui que se rapporteront les renseignements suivants.

La couleur générale du Gyrin est bleu d'acier ; ses téguments sont, au plus haut degré, non mouiUables par l'eau. C'est grâce à cette propriété, et non à cause de son faible poids, que l'insecte est maintenu sur la surface de l'eau ^ C'est grâce à elle aussi, qu'il jouit, dans cette situa-

* Il est prudent de couvrir le bocal dans lequel on les conserve ; car ils grimpent contre les parois et s'évadent.

* Un gyrin mort flotte sur la surface de Peau, mais si on le pousse sous la surface, il tombe au fond. Le même phénomène a lieu lorsqu'on fait flotter une aiguille sur la surface de l'eau.

tion, d'une grande mobilité ; car l'eau, n'adhérant pas à son corps, ne le retient aucunement.

La forme générale du corps est celle d'une lentille biconvexe, qui serait ovale; mais la face ventrale est moins convexe que la face dorsale.

Les membres antérieurs sont assez allongés ; ils servent surtout comme organes préhenseurs. Les pattes médianes, et surtout les pattes postérieures sont, en revanche, organisées d'une manière toute spéciale pour la natation. Le tibia et les tarses sont aplatis ; ils sont garnis sur leurs bords d'une série de poils aplatis, articulés, transformés en

FiG. 68. — Patte postérieure d'un Gyrin, au repos.

palettes. Les tarses, en outre^ grâce à une organisation toute spéciale de l'articulation, peuvent se replier les uns sur les autres, comme le font les lames d'un éventail.

Il résulte de cette disposition que, lorsque le membre est porté en avant, — les tarses étant repliés les uns sur les autres et les cils-palettes rabattus, — la surface du membre se trouve fort petite et celui-ci, par conséquent, ne présente à l'eau que fort peu de résistance. Mais, lorsque le membre est porté en arrière, — les tarses se déployant comme un éventail qu'on ouvre, et tous les cils-palettes qui les garnissent s'écartant à leur tour, — la surface du membre se trouve beaucoup augmentée ; celui ci constitue une rame puissante (fig. 62-63).

Le dernier segment abdominal dépasse l'extrémité des élytres ; il forme une petite surface, garnie de poils hydro-

fuges, à laquelle une bulle d'air adhère, lorsque Tinsecte plonge.

Le mode de respirer des Gyrins n'a, je crois, pas été étudié; il est fort probable que la respiration se fait, chez ces insectes, de la même manière que chez les Dyticidés.

Les Gyrins sont extrêmement carnassiers et sanguinaires. En captivité, poussés par la faim, ils se dévorent parfois entre eux. Si l'on jette un insecte sur la surface de

FiG. 63. — - Patte postérieure d'un Gyrin, pendant la natation.

Teau de l'aquarium, on verra les Gyrins rapidement s'assembler autour et, en un instant, l'insecte disparaît, déchiqueté par eux.

Le Gyrin a quatre grands yeux composés; il en a deux de chaque côté de la tête. Ceux-ci sont franchement séparés l'un de l'autre ; l'un est sur la face dorsale, l'autre est sur la face ventrale ; l'antenne est insérée entre les deux. Cette disposition doit permettre à l'insecte de voir, à la fois, dans l'eau et dans l'air, lorsqu'il nage à la surface de l'eau.

Les Gyrins, comme nous l'avons dit, — par le fait que l'eau, au contact de leur tégument hydrofuge, se déprime

autour de leur corps et tend à le supporter, — nagent, en général, posés sur la surface. Mais ils peuvent aussi, — et très facilement, — grâce à leurs puissantes pattes rameuses, plonger et nager au sein de l'eau. Ils le font, surtout, quand ils sont effrayés. Lorsque le temps est couvert, ils préfèrent rester cachés au fond de l'eau ; lorsque le soleil luit, alors ils nagent avec joie à la surface.

La nuit, les Gyrins Sortent de l'eau. Pour s'envoler, diton, ils grimpent contre les végétaux (?) et, souvent, à cette occasion, ils font entendre ime légère stridulation (?).

De même que les Dyticidés, les Gyrins, lorsqu'on les saisit, font suinter un liquide laiteux autour de leur prothorax. Comme c'est le cas, aussi, pour certains Dyticidés, les Gyrins mâles ont la face inférieure des tarses de leurs membres antérieurs garnie de ventouses.

Les Gyrins passent l'hiver, probablement à l'abri, plus ou moins engourdis; on les voit réapparaître tôt au premier printemps. A ce moment, les sexes se recherchent et l'accouplement a lieu ; la femelle pond au mois d'avril. Elle dépose ses œufs, bout à bout, tous se touchant, les uns à la suite des autres, en général contre un végétal ou un corps quelconque. Ces œufs sont cylindriques, ovales aux deux extrémités; leur longueur atteint un tiers de miUimètre; leur surface est toute guillochée. L'éclosion a lieu au bout de deux semaines. A sa naissance, la jeune larve a une longueur de quatre millimètres ; elle nage et gagne de suite le fond, où elle s'enfouit dans les détritus.

Il est rare de rencontrer des larves de Gyrins dans la nature. Mais il est relativement facile d'en obtenir des jeunes, en captivité. Si l'on récolte, au milieu d'avril, un certain nombre de Gyrins, on a bien des chances qu'il se trouve, parmi eux, une femelle prête à pondre; celle-ci déposera ses œufs dans le bocal où on la conserve. Les œufs pondus dans ces conditions, éclosent, mais les larves ne vivent pas plus d'un ou de deux jours.

La larve du Gyrin a un port gracieux; son corps a une forme allongée et élégante (fig. 64).

Après la tête et les trois segments thoraciques — chacun de ceux-ci ayant une paire de pattes, terminées par deux griffes, — il y a dix segments abdominaux, pourvus de chaque côté, d'un long appendice, cilié, transparent, qui est parcouru dans toute sa longueur par une trachée. Ce sont des trachéo-branchies ; mais ces appendices servent aussi d'organe natatoire accessoire.

L'avant-demier segment abdominal a quatre de ces appendices, placés plutôt en arrière que sur les côtés. Ils sont plus longs que les autres et leurs cils sont beaucoup plus nombreux et serrés ; ils constituent ainsi une sorte de rame postérieure.

Enfin, le dernier segment abdominal est terminé par quatre crochets chitineux, brunâtres, longs, minces, recourbés vers la face ventrale. La larve s'en sert lorsqu'elle marche, pour prendre un point d'appui et porter son corps en avant.

La tête et le premier segment thoracique ont, à la face dorsale — mais seulement chez les larves adultes — une plaque chitineuse brune.

Ces larves sont carnassières. Comme c'est le cas pour celles des Dyticidés, elles sont dépourvues de bouche ; leurs mandibules sont percées d'un canal par lequel elles aspirent les sucs de leur

Le système trachéen est clos; il n'y a aucun stigmate. Ces larves, n'ayant donc jamais besoin de monter à la surface, se tiennent, en général, cachées au fond de l'eau ; cependant, à l'occasion, elles peuvent nager. Elles le font même très gracieusement, avec de grands mouvements ondulatoires de haut en bas du corps entier ; leurs appendi-

tniTi W

Fi«3. 64.

Jeune larve de Gyrin.

proie.

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ces trachéo-branchiaux, écartés, flottent des deux côtés du corps. Mais ces larves sont forcées d'éviter avec soin de s'approcher de la surface, car celle-ci est pour ces animaux un piège mortel. En effet — leurs téguments étant en totalité, et au plus haut degré, « non mouillables » — si la larve a le malheur d'effleurer la surface, elle y reste collée et ne peut plus s'en détacher.

Les téguments de ces larves étant absolument secs, même lorsque celles-ci viennent de quitter l'eau, elles échappent souvent au naturaliste, quand celui-ci éparpille sur le rivage un paquet de végétaux ou de détritus qu'il vient de retirer de i'eau, et cherche, parmi eux, les animaux aquatiques qui peuvent s'y trouver. Les larves des Gyrins — si, par hasard, il y en a — avec leur corps luisant et sec, ressemblent, à s'y méprendre, à un petit myriapode, dont elles ont, en outre, la forme et la démarche. Seul, un œil exercé les en distingue. Mais, lorsqu'on les met à Feau, tout doute disparaît ; car elles partent de suite à la nage.

Lorsqu'elles ont acquis leur taille définitive, les larves des Gyrins atteignent une longueur de 12 à 13 millimètres. Vers le milieu d'août, elles quittent l'eau pour effectuer leurs métamorphoses. Elles s'enferment, dit-on, pour cela, dans une coque, qu'elles fixent aux plantes des rivages.

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