CHAPITRE XVni LES INSECTES (suite
Coléoptères (suite),
PARNIDÉS ET CURCULIONIDÉS
A. Les Parnidés
Nous devons maintenant mentionner une famille, un peu aberrante, dont les représentants — du reste peu nombreux — ont des mœurs aquatiques. Ce sont les Pàmidés ou Dryops.
Ces insectes, généralement peu connus, sont cependant communs dans nos pays. Us sont végétariens.
Disons tout de suite que cette famiUe est divisée en deux sous-familles: les Parnidés p. p. d. et les Efinidés, qui diffèrent beaucoup Tune de l'autre par les mœurs et la conformation de leurs représentants.
Parnidés p. p, d.
Les Parnidés p. p. d. sont des coléoptères de petite taille; ceUe*cine dépasse généralement pas quatre à cinq milli* mètres. Us ont le corps révêtu en entier de poils hydrofti*
ges. Leurs antennes ont une conformation très particulière ; elles ressemblent à celles des Hydrophilidés.
On compte, dans nos pays, environ une douzaine d'espèces de Pamidés.
Ce sont des insectes apathiques, à mouvements lents. On les trouve habituellement sur le rivage, dans la mousse ou les détritus. De jour, ils pénètrent dans Feau et se tiennent de préférence inmiergés. La nuit, ils sortent de Teau et volent.
Nous ne nous occuperons que du Pamus prolifericomis. C'est, en effet, de tous les Pamidés, le plus commun, le plus connu et, en même temps, un de ceux dont la taille est la plus grande ; elle atteint environ cinq millimètres. Le corps de cet animal est entièrement revêtu de poils hydrofuges ; il est de couleur brun-grisâtre.
Le Pamus Prolifericomis vit de préférence au bord des eaux stagnantes. On le trouve, souvent, dans la mousse qui croît au ras de l'eau ou parmi les buchilles et les roseaux pourris, amassés contre le rivage. C'est un insecte intéressant à observer; il supporte, du reste, fort bien et fort longtemps la captivité. Dans l'aquarium, nous verrons qu'il se tient, pour ainsi dire toujours immergé.
Lorsqu'on pose un Pamus sur l'eau, le corps entier de rini|ecte reste sur la surface sans être mouillé. Le Pa^us chemine sur celle-ci jusqu'à ce qu'il rencontre un corps flottant ou quelque végétal atteignant la surface. Dès qu'il a trouvé un corps, pouvant lui servir de point d'appui, il s'y accroche et pénètre dans l'eau. Mais, grâce aux poils hydrofuges qui revêtent son corps entier, il conserve autour de celui-ci une couche aérienne qui l'enveloppe entièrement. L'insecte se trouve au centre d'une bulle d'air; ses griffes seules en sortent et lui permettent de s'accrocher au corps contre lequel il marche (fig. 80).
Le Pamus, semblable à un globe argenté, se promène ainsi lentement, le long des végétaux ; ou bien il reste accroché, immobile. S'il lâche son point d'appui — le poids spécifique de son corps étant, grâce à son enveloppe
aérienne, inférieur à celui de l'eau — il remonte à la surface et émerge en entier. Il se trouve posé sur Teau, en ayant le corps absolument sec^ quoique sortant de cet élément Le Pamus prolifericomis se reproduit vers la fin d'avril.
Fio. 80. — Pamus prolifericomis, marchant contre une tige de Fontinalis; 1* entrant dans l'eau, et 2« au sein de l'eau, au milieu d'un globe d'air.
n dépose ses œufs sur les végétaux riverains, hors de Teau, mais dans le voisinage immédiat de celle-ci^
Ces œufe sont allongés, de forme cylindrique ; ils sont arrondis aux deux extrémités ; leur longueur n'atteint pas
* C'est, du moins, ainsi qiPont procédé des sujets gardés en captivité.
tout à fait un millimètre. Ils sont transparents, de couleur faiblement blanchâtre.
La larve est facile à reconnaître, grâce à la forme bizarre de l'extrémité postérieure de son corps. Celui-ci est allongé, cylindrique, de couleur brun-jaunâtre; les pattes sont fort courtes. La face ventrale du dernier segment est aplatie et forme une espèce de clapet que, parfois, Tanimal écarte un peu (fig. 8i;.
FiG. 81. — Larve de Parnus prolifericornis ; a, extrémité postérieure ouverte.
Ces larves sont fort, apathiques. On les trouve, surtout en été, sur les végétaux immergés ou parmi les détritus amassés au bord de Teau.
Elmidés,
Nous avons expliqué, plus haut, que, les insectes dits « aquatiques », ne vivent d'une manière continue dans l'eau qu'à l'état larvaire. Une fois transformés en imagos, ils deviennent amphibies,
n y a cependant quelques rares exceptions.
Certains coléoptères ne quittent jamais l'eau, même à l'état d'imago. C'est le cas, en particulier, pour les Elmidés et les Haemonia. De tous les insectes, dits « aquatiques ». ce sont les seuls qui méritent vraiment ce qualificatif \
Les Elmidés n'ont aucune ressemblance, ni aucun rapport quelconque avec les Parnidés. Leur corps est en entier
» Peut-être faudrait-il ajouter : les Sigarra (Hémiptères).
^IG^. — Elmis aeneusy vu de côté.
mouillable, quoique revêtu en partie de poils hydrofuges \ ^ y^>,^^ Les antennes, contrairement à fy^'w'^^ celles des Pamidés, ont un aspect ;p--^ tout à fait normal. Les pattes sont
pourvues de deux griflfes, longues, recourbées, avec lesquelles ces insectes peuvent s'accrocher et résister au courant (fig. 82).
Les Elmidés se tiennent de préférence dans les eaux courantes', sous les pierres, dans les détritus du rivage, sous l'écorce du bois mort flottant ou, quelquefois, parmi les végétaux qui croissent au fond de Teau et dans le chevelu des racines. On les trouve souvent là, réunis en grand nombre. Ils acceptent cependant fort bien de vivre dans l'aquarium.
ï Nous expliqaerons ce phénomène bizarre quand nous étaciierons THaernonia.
qui semble anormal, * Pas exclusivement ; on en trouve quelquefois dans les lacs.
230 l'aquarium de chaicbre
Ce sont des insectes lucifuges. De jour, ils se tiennent cachés ; mais la nuit, ils se promènent avec lenteur sur le fond ou parmi les végétaux.
Les Elmis ne nagent pas ; ils ne sont, du reste, pas organisés pour pouvoir le faire.
Toutefois, on les voit parfois, suspendus à une minuscule bulle d'air, fixée à l'extrémité postérieure de leur corps, flotter passivement au sein de l'eau.
La biologie de ces insectes a toujours beaucoup intrigué les naturalistes ; en particulier on ne pouvait comprendre comment ils se procuraient l'air (ou l'oxygène) nécessaire à leur respiration, puisqu'ils restaient continuellement immergés. On a constaté dernièrement que, chez les Elmidés et chez lesHaBmonia, les poils qui constituent les régions argentées (hydrofuges) sont arrangés d'une manière particulière, que nous décrirons lorsque nous étudierons ces derniers insectes.
Il en résulte que, chez les Elmidés et chez les Hœmonia, les régions argentées fonctionnent comme de véritables trachéo-branchies. En outre, lorsqu'une minuscule bulle d'oxygène, comme il s'en dégage souvent des végétaux, effleure les régions argentées d'un Elmidé, elle y adhère faiblement, tout en conservant sa forme sphérique.
L'insecte peut, à volonté, ou l'éloigner d'un coup de patte ou, au contraire, l'absorber petit à petit au travers du rideau de poils qui constitue ces régions. Il peut ainsi, à intervalles éloignés, récupérer un peu d'air pour remplacer celui qui s'est dissous dans l'eau.
Knfin — mais je n'ai constaté ce fait que chez les représentants du genre Elmis — certaines pièces de la bouche sont pourvues de poils hydrofuges et sont en continuité avec les régions argentées de la tête et du corps. H en résulte que les minuscules bulles d'oxygène, qui suintent parfois des végétaux, restent collées à la bouche de l'insecte, lorsque celui-ci broute. L'ESmis, en se frottant avec ses pattes, dont les fémurs sont pourvus de brosses hydrofuges, étend cet air sous son corps.
LES IKSECTE8
\ tn/wv f^
Quelques auteurs ont prétendu que les Elmidés étaient dépourvus d'ailes et n'avaient que des élytres. Le fait n'est^ je crois, pas exact. Ces insectes ont parfaitement des ailes — l'Eltnis ($eneu8, que j'ai le plus spécialement étudié, en possède, en tous cas ^
On compte, dans nos pays, une vingtaine d'espèces d'Elmidés, réparties dans six ou sept genres. (Genres Stenelmis, Elmis, Limnius, Esolus, Latelmis, Biolus, Macronychus).
Sauf le Stenelmis canaliculatus, dont le corps atteint une longueur de 4 à 5 millimètres, ce sont des insectes de petite taille; celle-ci, chez la plupart, ne dépasse pas 2 mm. Chez quelques-ims seulement — chez les Elmis Yolkmari et Germari — le corps atteint une longueur de 2,8 à 3 mm.
Le développement de ces insectes, au moins de plusieurs d'entre eux, est connu. La ponte a lieu au printemps et en été. Les œufs sont blancs, sphériques, fort petits (un tiers de millimètre). Us sont difficiles à trouver, car ils sont, en général, cachés dans les anfractuosités des pierres. On en découvre, quelquefois, entre les petits graviers dont sont composés les étuis des larves des phiyganidés, lorsqu'on démolit l'un de ceux-ci.
En revanche, on trouve les larves, abondamment, pendant toute Tannée, dans les mêmes conditions [que les imagos. H est donc probable que l'état larvaire dure plus d'un an.
» J'ai cependant observé, des Elmis de petite taille qui, effectivement, n'avaient point d'ailes.
FiG. 83.
Larve à' Elmis (aeneita ?)
I nw.^
FiG. 84.
Larve d'Elmidé
sp.
Il y a deux types principaux de larves.
•Celles des Elmis p. p, d. ont un corps aplati, de forme plus ou moins lancéolée (fig. 83).
Celle des Macronychus, et d'autres genres, ont un corps allongé vermiforme (fig. 84).
Ces larves ont une particularité qui permet de les reconnaître de suite comme étant des larves d'Elmidéa. Leur corps est opaque, de consistance dure, de couleur foncée. A l'extrémité postérieure, on remarque une sorte de plumet, constitué parades filaments blancs, souvent disposés en trois groupes — un médian, dirigé en arrière, et deux latéraux, dirigés de côté. A tout moment, et alternativement, elles projettent ces filaments dehors, puis les rétractent à Tintérieur du corps. Ce sont des trachéo-branchies.
Ces larves sont végétariennes et, de même que les imagos, elles vivent fort bien dans l'aquarium.
B. Les Curculionidés
Les Rhynchophores ou Curculionidés ou Charançons constituent la plus vaste famille, non seulement des Insectes, mais du règne animal tout entier. On en a décrit plus de 12 000 espèces.
Ces insectes sont facilement reconnaissables à leur tête prolongée en avant par un rostre à l'extrémité duquel se trouve l'appareil buccal.
Les charançons sont tous végétariens; en|[éi|éral, chaque espèce vit sur un végétal déterminé. Il en résulte que la distribution géographique de chaque espèce correspond à celle du végétal dont se nourrissent les représentants de l'espèce en question. Il est assez surprenant que, malgré la richesse de cette famille en espèces, malgré la diversité des
végétaux sur lesquels ces insectes vivent, et quoique beaucoup de ceux ci habitent les localités humides et marécageuses, on n'en trouve cependant que fort peu sur les végétaux submergés.
Parmi les espèces qui vivent au bord de Teau, nous pouvons citer d'abord les Hydronomini (vulg. Bagous) et les Erirrhinini. Ces insectes se tiennent sur la partie émergée des plantes aquatiques (Iris, Alisma, Stratiotes, Polygonum et diverses Ombellifères aquatiques). Mais, à l'occasion, ils s'aventurent sur l'eau et, quelquefois — lorsqu'il y a du courant, — ils se laissent, dit-on, passivement flotter (?)
Certains d'entre eux ne craignent même pas de s'aventurer momentanément dans l'eau, en marchant le long de la tige, pour pondre dans la partie immergée de celle-ci.
En effet, les charançons qui — à l'état d'imago — vivent posés sur la partie émergée des plantes aquatiques, habitent, en général, pendant l'état larvaire — l'intérieur du même végétal. La larve creuse des galeries dans les tiges, indifféremment au-dessus ou au-dessous du niveau de l'eau et même, quelquefois, jusque dans les racines. Ces larves se trouvant dans les tissus du végétal et non dans l'eau, nous ne nous en occuperons pas.
Mais il y a des charançons qui sont véritablement aquatiques, parce que, à l'état d'imago, ils vivent exclusivement sur des végétaux submergés ou flottants.
Je puis en citer quatre :
Le Tcmysphyrus lemncsy Payk, est un petit insecte de couleur noire dont la taille atteint 1,5 mm. On le trouve, dit-on, communément, pendant toute l'année, sur les Lemna ^. Je ne l'ai, cependant, jamais rencontré.
UAmaïus leucqgaster, Marsh. {Mj^jriojj^hylli, Gill.) lui, est amphibie (fig. 85). Habituellement, il se tient immergé au sein de l'eau ; mais il en sort à l'occasion et vole même volontiers. Sa taille est de 2,5 à 'i mm. Lorsqu'il est hors
1 Bedel, Faune des Coléoptères du Bassin de la Seine, 1888, t. VI, p. 276.
de Teau, la couleur générale de son corps est d'un blancgris, faiblement jaunâtre.
L'Âmalus vit sur le Myriophyllum; on le récolte assez facilement sur cette plante de mai à fin juillet. On trouve souvent plusieurs individus ensemble, réunis sur une même tige.
Par la simple inspection des Myriophyllum qui flottent dans Teau, on peut soupçonner la présence de ces insectes.
Fia. 85. — Amalus leucogaster.
En effet, ce charançon ayant l'habitude de couper Textrémité de la tige, lorsqu'on aperçoit des tiges de Myriophyllum brusquement tronquées, on peut supposer que des Âmalus sont dans le voisinage.
Pour récolter cet insecte, il faut attirer hors de l'eau les tiges du Myriophyllum — aussi bien celles qui sont entières que celles qui sont tronquées — et chercher au miUeu de leurs feuilles. En général, dès que la tige est hors de l'eau, les Amalus, surpris, — cherchant à se dégager et à quitter la plante — viennent se montrer au jour. On en récolte aussi, parfois, simplement en promenant le filet fin parmi les Myriophyllum.
L'Amalus vit fort bien en captivité, si l'on a soin de met-
tre avec lui, dans le bocal, une tige de Myriophyllum, dont Textrémité flotte à la surface de Teau. On le verra se tenir indifféremment; ou, hors de Teau, sur la minime partie du végétal qui émerge ; ou bien, le plus souvent, on le verra marcher le long de la tige ou parmi les feuilles immergées.
Lorsqu'il est dans l'eau, l'Amalus tient ses antennes repliées sur elles-même et accolées contre le rostre ; lors* qu'il est à l'air, il les tient, au contraire, élevées, pointant en haut et en avant.
Dans l'eau, le corps de cet insecte paraît argenté. Il est, en effet, tout entier couvert de petites plaques hydrofuges qui retiennent autour de lui une couche d'air si mince que toutes les formes du corps restent parfaitement distinctes.
L'Amalus peut donc, s'il a un point d'appui, pénétrer au sein de l'eau, en marchant contre celui-ci ; mais il n'est pas organisé pour nager et il ne peut le faire. Cependant, tout à fait exceptionnellement, je l'ai vu, se lancer en pleine eau pour passer d'une feuille à une autre, en s'aidant de mouvements natatoires des pattes -^ mais sur une distance de quelques millimètres seulement.
En général, dès qu'il lâche son point d'appui — le poids spécifique de son corps étant inférieur à celui de l'eau — il remonte passivement à la surface et émerge en entier. D se trouve posé sur l'eau, ayant son corps complètement sec, grâce au revêtement hydrofuge.
L'Amalus peut marcher sur la surface de l'eau; c'est-àdire qu'il peut avancer lentement en faisant mouvoir ses pattes, alternativement, les unes après les autres. Mais, son allure la plus. habituelle, lorsqu'il est posé sur l'eau, c'est de ramer. Dans ce cas, il avance assez rapidement, en poussant en arrière avec ses six pattes à la fois.
n ne peut rentrer dans l'eau que s'il trouve un point d'appui. En revanche, il peut s'envoler en partant directement de la surface de l'eau, sans avoir besoin de grimper contre un corps émergeant.
Il doit, assez souvent, sortir de l'eau la nuit et voler, car on trouve fréquemment, le matin, les Amalus, que l'on con-
L AQUARIUM DE CHAMBUE
serve en captivité, posés sur la surface de Teau ; quelquefois même ils sont accrochés sous le couvercle de l'aquarium. Si celui-ci n'est pas couvert, ces insectes s'évadent rapidement.
Vers le milieu d'août, tous les Amalus en captivité meurent ; du reste, à cette époque, on n'en trouve plus dans la nature^
La larve de cet insecte est connue; elle vit, dit-on, dans les tiges du Myriophyllum, je ne l'ai cependant jamais observée.
Le Tanysphyrus vit sur l'eau, l'Amalus est amphibie, le troisième Curculionidé que nous allons étudier est franchement aquatique.
Le PhytoUus velatus, Beck (aquaticus Thoms.) (fig. 86) est un petit charançon qu'on trouve sur le Potamogeton, dont il mange le pétiole des feuilles. Il m'a paru beaucoup moins commun que le précédent; je n'en ai récolté que quelques individus isolés (ou accouplés) en juin et en juillet, et pas chaque année.
Il a à peu près la même taille que l'Amalus leucogaster, mais il ne possède pas comme celui-ci des téguments hydrefuges ; aussi, dans l'eau, son corps ne paraît pas argenté.
^v^iâi
Fio. 86. — Phythobius velatus.
D est, en revanche, beaucoup mieux organisé pour la vie aquatique. Il nage aisément, volontiers et spontanément, en pleine eau, au moyen de ses pattes, dont les tibias et les tarses sont pourvus de poils épars plus ou moins longs. Dans ce cas, il tient son corps presque perpendiculaire, Textrémité postérieure dirigée en haut: quelquefois une minuscule bulle d'air adhère à cette extrémité.
Le plus habituellement, il reste cramponné, ou marche lentement, contre la tige ou les feuilles du Potamogeton, souvent au ras du niveau de Teau.
Je ne Tai jamais vu sortir de l'eau, sauf au commencenent d'août, les jours qui précèdent sa mort.
Le Phytobius tient, en général, ses antennes dirigées en avant.
Ces charançons vivent bien en captivité ; comme c'est le cas pour l'Amalus leucogaster, ils meurent tous au milieu d'août.
Enfin, citons pour terminer un quatrième Curculionidé aquatique, récemment signalé \ Il a été décrit, en Europe, sous le nom de Degoisia Champenoisii; mais il était déjà connu, en Amérique, sous celui de Stenopélmus rufinasus, GyU.
C'est, en effet, un charançon qui vient d'Amérique. H vit sur l'AzoUa, petite fougère aquatique, flottante, d'origine américaine. Or, cette plante est actuellement en train d'envahir l'Europe.
On l'a déjà trouvée — et, avec elle son charançon — près de Bordeaux, dans la Charente inférieure, dans l'Hérault, et, aussi, en Normandie.
Ce charançon se tient complètement immergé, caché sous les feuilles de l'Azolle. Son corps, de même que celui de l'Amalus leucogaster est entouré d'une mince couche d'air qui, lorsqu'il est dans l'eau, le fait paraître argenté. Je suppose donc qu'il doit avoir des mœurs plutôt amphibies que franchement aquatiques.
» Annales Soc, Ent. France, 1904.