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CHAPITRE XXIV LES INSECTES (suite

Névroptères (suite).

Les Phryganidés ou Trichoptères ^

Les Trichoptères, comme c'est le cas pour les Perlidés et les Planipennes, sont peu connus du public *. On voit, parfois, ces insectes, le soir, en été, voltigeant dans le voisinage des eaux ; mais de jour, ils sont invisibles, car ils restent immobiles, cachés dans le feuillage des végétaux riverains. Par leur aspect extérieur, ils ressemblent vaguement aux Teignes; on les confond volontiers avec ces petits papillons.

Le nom de Trichoptère vient de ce que, chez ces insectes, les ailes antérieures sont, en général, couvertes de poils. Au repos, elles sont disposées en forme de toit; elles recouvrent et cachent complètement les ailes postérieures.

> J'emploierai le nom de Trichoptères toutes les fois que je voudrai parler des Phryganidés en général, réservant le nom de Phryganes aux Phryganes p.p.d.

« 11 y a, cependant, environ 250 espèces de Trichoptères dans l'Europe centrale.

Celles-ci sont réticulées et peuvent se plisser longitudinaleraent comme un éventail.

Les larves, en revanche, sont plus connues, grâce au fait que plusieurs d'entre elles se construisent une sorte d'étui, dans lequel elles habitent ; circonstance qui les fait remarquer. Les larves de ces insectes et leurs nymphes étant seules aquatiques, nous ne nous occuperons que d'elles et pas des imagos.

Toutes les larves des Trichoptères vivent dans l'eau (à l'exception de la larve de l'Enoicyla qui, d'après les auteurs, vit dans la mousse). On trouve ces larves partout : dans les torrents, les rivières, les ruisseaux, les étangs et les lacs. Elles évitent, cependant, l'eau corrompue. Elles se traînent sur le sol au fond de l'eau; souvent elles se tiennent cachées sous les pierres ; ou bien, elles circulent parmi les végétaux submergés.

Sauf quelques rares exceptions, elles ne peuvent nager, mais, parfois, elles se laissent passivement flotter. Quelquesunes de ces larves restent nues, d'autres se construisent des abris temporaires sous les pierres. Enfin, les plus connues se font des étuis mobiles — d'aspect et de construction variables, suivant les espèces — dans lesquels elles habitent et qu'elles transportent avec elles.

La tête de ces larves est chitineuse ; elle est dépourvue d'antennes; elle a des yeux, en général petits.

Le thorax est composé de trois segments distincts, chacun est pourvu d'une paire de pattes. Les antérieures sont, en général, les plus courtes ; les postérieures sont les plus longues.

L'abdomen a neuf segments. Il est volumineux et mou. Chez les larves à étui, il est généralement blanc; chez celles qui n'ont pas d'étui, il est coloré en gris ou en vert ; il est, quelquefois, de couleur pourpre. Le dernier segment abdominal est toujours pourvu de deux crochets terminaux qui, chez les larves des Hydropsychés, sont, chacun à l'extrémité d'une sorte de pédoncule^ plus ou moins rétractile.

l'aquarium db chambre 21

Lorsque la larve habite un étui, ils lui servent à s'accrocher contre les parois et à se maintenir dans celui ci. Les larves, sans étui, elles, utilisent ces crochets, lorsqu'elles marchent, pour prendre un point d'appui et porter leur corps en avant.

Les larves des Trichoptères sont omnivores. Leur régime, cependant, est surtout végétarien ; mais, à l'occasion, elles ne dédaignent pas — surtout les larves des Hydropsychés et celles des Ryacophiles — d'attaquer et de dévorer de jeunes larves, même leurs congénères.

Les mandibules sont, en général, fortes, mais pas très allongées; elles n'ont pas de dents aiguës. Le canal alimentaire va de la bouche à l'anus, sans avoir de circonvolutions ; il a im jabot.

Comme annexe du tube digestif, il faut citer l'organe sécréteur de la soie. Il est constitué par deux longs tubes, situés au-dessous de l'intestin, et s'étendant jusque vers le milieu de l'abdomen. Ils aboutissent, en avant, à la lèvre inférieure.

L'organe circulatoire est constitué par un vaisseau dorsal pulsatile. On le distingue fort bien, sur l'animal vivant, vu la transparence des téguments.

 leur naissance, les larves ont une respiration cutanée; lorsqu'elles sont plus âgées, on remarque une grande diversité dans la conformation de l'appareil respiratoire. Les unes respirent par la peau, d'autres par trachéobranchies; certaines d'entre elles ont de ventables blanchies. Nous donnerons plus de détails sur les différentes modifications que subit l'organe respiratoire, lorsque nous étudierons certaines larves en particulier.

Quand le moment de la métamorphose approche, les larves à étui immobilisent celui-ci en l'attachant à un corps quelconque; puis elles en obturent l'extrémité antérieure.

Les unes sécrètent un couvercle spécial, criblé d'une quantité de petites ouvertures, qui laissent subsister une certaine circulation d'eau à l'intérieur de l'étui. D'autres se

de

contentent de clore incomplètement l'ouverture par petits cailloux ou divers débris.

Les larves sans étui s'en font un pour cette circonstance. Mais elles ne confectionnent qu'un abri grossier, non mobile; il est formé de petits cailloux agglutinés ensemble et fibtés contre une grosse pierre.

Fia. 126. — Nymphe de Rbyacophile sp., nageant.

Les larves des Rhyacophiles, après s'être cachées dans un abri semblable, sécrètent, en plus, une coque cornée, résistante; c'est à l'intérieur de celle-ci qu'elles effectuent leur métamorphose.

Les nymphes ressemblent plus ou moins aux imagos. Elles se tiennent immobiles ; toutefois, pour les besoins de la respiration, elles agitent de temps en temps leur abdomen. Celui-ci est, en général, pourvu de trachéo-branchies, même quand la larve n'en a point (voir fig. 126).

Les nymphes possèdent des mandibules longues et aiguës (voir fig. 126), alors qu'on n'en observe de semblables ni chez la larve, ni chez l'imago ; elles restent, en effet, attachées à la dépouille nymphale. On admet que la nymphe s'en sert pour déchirer les parois de son abri, lorsque le moment d'en sortir est venu. Mais, il est probable que leur véritable fonction est de nettoyer les ouvertures du crible placé à l'entrée de l'étui.

La période nymphale dure deux ou trois semaines; au bout de ce temps, la nymphe quitte son étui et se trouve dans l'eau. Elle y nage — souvent à la manière des Notenectes, le dos tourné en bas — au moyen de ses deux pattes médianes, qui, pourvues de longs cils, lui servent de rames. Elle avance ainsi (fig. 126) avec une grande rapidité et cherche à gagner le rivage pour sortir de l'eau. Arrivée en lieu sec, elle opère de suite sa métamorphose : la peau se fend et l'insecte ailé s'en dégage.

Chez les petites espèces de Trichoptères, la nymphe gagne simplement la surface et, comme le fait celle de beaucoup de Diptères, elle s'y transforme en imago, sans avoir besoin, pour cela, de sortir de l'eau.

Pour se procurer des nymphes de Trichoptères, il faut donc chercher dans les étuis, clos aux deux extrémités, que l'on trouve attachés à un support. En ouvrant ces étuis, on obtient des nymphes, qui ne sont pas complètement développées; elles sont de couleur blanche et elles ne nagent pas. Cependant elles peuvent continuer à vivre plusieurs jours dans l'eau.

Il est beaucoup plus difficile d'observer des nymphes pendant qu'elles nagent; car cette période de leur existence est fort courte et, souvent, nocturne.

Les nymphes des petites espèces, ainsi que nous l'avons dit, viennent se métamorphoser à la surface de l'eau. La métamorphose a lieu avec une très grande rapidité; en quelques secondes, l'imago se dégage de la dépouille nymphale et s'envole.

En revanche, les nymphes des grandes espèces, si Mes

ne peuvent sortir de Veau — ce qui est, en général, le cas dans les aquariums — nagent un certain temps (quelques heures?). On peut, dans ces conditions, avoir la chance d*en observer, le matin, qui nagent, inquiètes, à la surface, et cherchent à sortir de l'eau. Si on les recueille et qu'on les dépose en un lieu sec, elles se métamorphosent tout de suite. Souvent, en quelques minutes, on voit la peau se fendre et la Phrygame ailée quitter sa dépouille de nymphe. Elle s'envole aussitôt. J'ai, plusieurs fois, assisté à cet événement.

Si la nymphe ne peut sortir de l'eau, elle finit par s'épuiser; elle tombe au fond et périt sans se métamorphoser.

Les Trichoptères déposent leurs œufs sur les pierres ou sur les végétaux, au bord de l'eau. Cependant on en trouve sur des pierres qui sont complètement immergées. On doit doit donc admettre que, parfois, l'insecte entre dans l'eau pour pondre.

Chez certaines espèces, les œufs sont englobés dans une substance gélatineuse qui gonfle, dès qu'elle est humide ; ce qui fait que la ponte a l'aspect de celle d'un mollusque.

A l'éclosion, les larves vivent plusieurs jours dans cette gelée, puis elles s'échappent dans l'eau. Celles qui habitent un étui 'en commencent de suite la construction ; elles le modifient plus tard, au fur et à mesure qu'elles augmentent de taille.

Les Trichoptères passent l'hiver à l'état de larve ; ils se métamorphosent dans la belle saison.

Nous allons maintenant étudier quelques-uns des principaux types de larves, choisis parmi celles que nous pourrons facilement rencontrer, et que nous pourrons observer dans notre aquarium.

La figure 127 représente la larve de la Phrygane pellucide. On la trouve, communément, dans les ruisseaux et les fossés ; elle construit son étui avec des débris végétaux. Nous pourrons observer, sur elle, les diverses particularités

que présentent les larves des Phryganes p.p.d. qui, toutes,

habitent un étui mobile.

Cet étui peut être construit avec des matériaux divers,

qui peuvent être arrangés de différentes manières.

Les représentants de certaines espèces n'emploient que des végétaux — feuilles, buchilles, herbes, etc.

— qu'ils disposent transversalement ou longitudinalement.

D'autres n'utilisent que de petits graviers, quelquefois des fragments de coquilles, ou des coquilles entières, dans lesquelles, parfois, le mollusque est encore vivant. D'autres enfin, indifféremment, réunissent ensemble des débris végétaux et des matières minérales.

Ces matériaux, agglutinés par de la soie, forment un étui assez solide, qui offre une certaine résistance, lorsqu'on cherche à le déchirer. La paroi de la cavité

intérieure est toujours lisse et unie.

En général, l'extrémité antérieure est plus large que la

postérieure ; celle-ci tantôt reste ouverte, tantôt est fermée.

La larve peut se retirer entièrement dans son étui.

Lorsqu'elle veut marcher, elle sort, par l'ouverture anté-

FiG. 127. — Larve de la Phrygaae pellucide.

rieure, sa tête et ses pattes; Tabdomen reste à l'abri dans Tétui, qu'elle traîne partout avec elle.

On peut observer, chez les larves des Phryganes p.p.d., une conformation particulière du corps, qui est en rapport avec leur genre de vie, et qui n'existe que chez les larves pourvues d'un étui. Le premier segment abdominal possède trois mammelons charnus, qui peuvent être plus ou moins gonflés. L'un de ces mammelons est sur la face dorsale, les autres sont sur les côtés ; leur fonction évidente est d'empêcher que la larve ne se blesse contre l'étui.

En effet, ils maintiennent toujours le corps à une certaine distance des parois et l'empêchent de frotter contre les bords de l'ouverture, lorsque l'insecte marche ou gesticule.

Il résulte, en outre, de cette disposition, qu'entre le corps de la larve et les parois de l'étui, il existe un espace par lequel un courant d'eau peut s'établir. La larve produit ce courant, qui renouvelle l'eau autour de ses trachéobranchies, en agitant continuellement son abdomen, d'un mouvement ondulatoire.

Ces larves se cramponnent si soUdement à leur étui, au moyen des deux crochets placés à l'extrémité de leur corps, qu'il est souvent impossible de les en extraire sans les blesser. Le meilleur moyen, pour y parvenir, consiste à repousser l'animal, doucement, depuis le fond, avec une tête d'épingle, engagée, par effraction, dans la partie postérieure de l'étui. La larve, dans ce cas, se sentant attaquée par derrière, quitte spontanément celui-ci.

Les trois segments thoraciques ont, en général, une coloration qui diffère de celle des segments abdominaux ; leurs téguments sont chitinisés, au moins à la région dorsale.

L'abdomen est mou ; il est de couleur claire. Il est pourvu de trachéo-branchies, qui ont la forme de tubes ou de filaments non ramifiés. Ces filaments sont appliqués contre le corps de la larve (sauf chez Phryganea varia, où quelques-uns s'écartent du corps). Il y en a sur le dos, sur les côtés et sur le ventre. Leur position et leur nombre varient suivant les espèces.

Ces tracliéo-branchies sont «non mouillables». Lorsqu'on sort une larve de son étui et qu'on l'approche de la surface de l'eau, elle adhère à celle-ci par ses trachéo-branchies.

Ces larves vivent bien en aquarium ; mais elles dévorent les végétaux qui s'y trouvent, et, à l'occasion, elles s'attaquent aussi aux jeunes animaux. Lorsqu'on leur enlève leur étui, elles s'en reconstruisent un autre avec les différents matériaux qu'elles peuvent se procurer.

Les larves des Trichostomes, des Sericostomes et des Limnophiles se font aussi des étuis mobiles; parleurs mœurs et leur aspect général, elles ressemblent aux larves des Phryganes p. p. d.

Les larves des Sericostomes et des Trichostomes en diffèrent par les deux derniers segments thoraciques qui, par leur teinte et leur consistance, ressemblent aux segments abdominaux. En outre, chez les larves des Sericostomes, les trachéo-branchies sont courtes et en forme de houppe. Chez celles des Trichostomes, les angles latéraux et antérieurs du pro- et du mésothorax sont dirigés en avant.

Les larves des Limnophiles ne diffèrent de celles des Phryganes p. p. d. que par un caractère insignifiant. Les larves des Phryganes ont à la face ventrale de leur corps, entre les articulations des deux premières pattes, une petite corne effilée dont on ignore la signification et l'usage; les larves des Limnophiles en sont dépourvues.

Larve du Leptocerus aïbifrons (fig. 128) *. J'ai trouvé cette intéressante larve, au printemps, dans les ruisseaux à courant lent, au milieu des touffes du Potamogeton.

C'est la seule larve de Trichoptère, que je connaisse, qui puisse réellement nager. Ses deux pattes postérieures, qui sont très longues et ciliées, lui servent de rame.

Elle habite un étui mobile, très léger, de forme allongée,

ï D'après G. Ulmer, la détermination de cet insecte est probablement erronée. Il s'agirait d'une espèce voisine.

dont la longueur atteint un centimètre. Il est constitué par un tissu soyeux, incrusté de sable; ses parois sont fort minces.

Ces larves marchent au moyen de leurs pattes antérieures, tout en donnant de temps en temps, pour s'aider, quelques coups de rame avec les pattes postérieures, qu'elles tiennent dirigées en haut et en avant par-dessus les médianes. A l'occasion, elles nagent franchement, en pleine eau, avec leurs pattes postérieures. Elles avancent ainsi, d'une manière un peu saccadée et sautillante, mais dans la direction qu'elles désirent ; le poids de leur étui tend à incliner leur corps obliquement en bas.

Ces larves vivent fort bien en aquarium et y eflfectuent leurs métamorphoses. Les imagos apparaissent en juin.

Ce sont de jolis insectes. Ils ont des ailes noires avec de petits points blancs et de très longues antennes.

Le Leptocerus albifrons rentre dans la famille des Leptocéridés. Toutes les

larves, dans cette famille, se font des étuis mobiles, allongés et à parois minces. Leurs pattes postérieures sont très longues, mais pas toujours ciliées, comme c'est le cas pour l'espèce ci-dessus décrite. Le premier segment abdominal est pourvu de trois mamelons turgescibles. La respiration

Fio. 128. — A. Larve de Leptocéridé (L. albifrons?) nageant.— B. Grifie de la patte médiane.

est, en général, cutanée ; toutefois, les larves de quelques espèces ont des trachéo-branchies externes, en forme de houppes.

Larve du Ehyacophile vulgaire (fig. 129) (ruax, ruisseau ;

philéo, j'aime). Cette belle larve atteint une longueur de 17 à 18 mm. La tête est étroite, de couleur jaunâtre, avec des taches noires. Le prothorax est petit, il est de même couleur à peu près que la tête.

Les segments abdominaux, ainsi que les deux derniers segments thoraciques, sont d'une couleur générale verte, grise, ou quelquefois pourprée ; ils portent, sur leurs côtés, des trachéo-branchies externes, en forme de houppe, d'une teinte légèrement rosée.

Le dernier segment de l'abdomen est terminé par deux prolongements.

Chacun de ceux-ci a deux crochets; un, à l'extrémité, et l'autre, un peu en avant.

Ces larves sont carnassières. Elles ne se font pas d'étui et ne se construisent pas d'abri fixe. Elles errent librement, sous les pierres, dans les ruisseaux. Ce n'est que quand le moment de la métamorphose approche — ce qui a lieu en été — qu'elles confectionnent un abri grossier, avec

de petites pierres qu'elles agglutinent et appliquent contre

une plus grosse. Cet abri temporaire ne sert qu'à protéger

la nymphe.

La larve du Rhyacophile vulgaire vit bien en aquarium ;

mais on la voit peu, car elle se tient habituellement immo-

FiG. 129.

Larve du Rhyacophile

vulgaire.

bile, appliquée contre une pierre. Cela explique la forme aplatie de son corps.

La larve du Bhyacophile ombré a le même genre de vie et le même habitat que la précédente ; mais elle se métamorphose en automne. Par son aspect extérieur et sa coloration, elle lui ressemble aussi beaucoup; mais elle n'a point de trachéo-branchies externes ; la respiration est cutanée.

Les larves des Rhyacophiles vivent, toutes, dans l'eau courante. EUes n'ont jamais d'étui mobile, ni d'abri fixe (sauf pour la nymphe). Les unes sont pourvues d'organes respiratoires externes, les autres en sont dépourvues et respirent par la peau. Les différents segments du corps sont aplatis, ellipsoïdes, nettement séparés les uns des autres. Le dernier segment de l'abdomen est petit et assez compliqué ; il est toujours terminé par deux prolongements qui ont, chacun, deux crochets.

Les nymphes, cachées dans un abri fait de pierres agglutinées, sont, en outre, renfermées dans une coque ovoïde, cornée, ne présentant, en général, pas d'ouverture.

La larve de YHydropsyche atome (udor, eau; psyché, papillon) habite de préférence l'eau courante; on la trouve soit dans les ruisseaux, soit dans les petites rivières, etc. Elle se fabrique une retraite en tendant, sous les pierres, des fils enchevêtrés qui finissent par former un tissu lâche, dans lequel elle englobe des détritus ou, quelquefois même, de petits cailloux. Dissimulée sous cette couverture, qui, à la longue, s'imprègne de limon et devient méconnaissable, elle attend que quelque larve d'Ephéméridé, ou de Simulie, ou qu'une autre proie quelconque vienne s'embarrasser dans ce filet. Elle s'en empare alors et s'en nourrit.

La larve de l'Hydropsyché atome atteint une longueur de 20 millimètres. Les trois segments thoraciques sont de couleur foncée ; ils diffèrent franchement des segments ab-

dominaux, qui, eux, sont de couleur vert-grisâtre. Il y a, à la face ventrale du corps, des trachéo-branchies en forme de houppes blanches, dont le nombre varie suivant les segments. Il y en a aux deux derniers segments thoraciques

et à tous les segments abdominaux, sauf aux deux derniers.

L'anus se trouve à la face dorsale du dernier segment

Le rectum est pourvu de quatre tubes transparents ; ils sont en général rétractés à l'intérieur du corps, mais, à l'occasion, l'animal peut les sortir et les développer au dehors. Ce sont à la fois des branchies et des trachéo-branchies.

Enfin, ce dernier segment est terminé par deux pédicules, assez longs, chacun ayant, à son extrémité, un crochet et une touffe de poils.

Ces larves sont difficiles à conserver en aquarium; elles n'y vivent que quelques jours.

La larve de VHydropsyche senex (fig. 130), a le même habitat que la précédente ; mais elle est plus voyageuse qu'elle et change fréquemment d'abri. On la trouve, souvent, sous des pierres, contre lesquelles elle n'a encore tendu aucun fil.

Son corps atteint une longueur de 15 mm. Il est en entier d'une couleur fauve avec quelques points noirs. Les segments thoraciques diffèrent peu des segments abdominaux; le mésothorax et le métathorax sont mous comme ceux-ci. Il n'y a pas de trachéo-branchies externes. La respiration est cutanée. Le dernier segment est pourvu de

Fig. 130.

Larve de VHydropsyche senex.

deux pédicules, terminés chacun par une griffe; il n'y a pas de touffe de poils.

Cette larve vit bien en aquarium. Elle s'y fabrique un abri, eti tissant un tube en fils de soie. Elle se tient habituellement à l'affût, cachée dans celui-ci, étendue ou enroulée sur elle-même, immobile ou faisant onduler son corps. Le tube est relié aux parois et aux plantes qui sont dans l'aquarium, par un certain nombre de fils entrecroisés en tous sens. Lorsque les petits animaux qui circulent dans l'eau s'y empêtrent, la larve accourt les dévorer.

La nymphe, suivant les auteurs, possède des trachéo-branchies externes, quoique la larve en soit dépourvue.

Les renseignements que nous venons de donner nous font suffisamment connaître les principaux caractères des larves de cette famille, pour que nous n'ayons pas à y revenir. Ce sont, de toutes les larves des Trichoptères, celles qui sont les plus carnassières ; aussi possèdent-elles des mandibules assez aiguës.

Le dernier segment abdominal est de forme assez variable, mais il est toujours terminé par deux pédicules, chacun ayant un crochet à l'extrémité. Quelques-unes de ces larves ont des trachéo-branchies externes, d'autres en sont dépourvues et respirent par la peau. Enfin, il y en a qui ont des trachéo-branchies anales rétractiles.

Lorsqu'elles sont sur le point de se métamorphoser, elles se fabriquent un abri fixe, grossier, en cailloux agglutinés.

Fw. 181.

Larve d'Hydroptile

et son étui.

Les larves des Hydroptiles (fig. 131) vivent dans les

eaux courantes ; eUes se font des étuis aplatis, de consistance solide, parcheminée, en tissu soyeux incrusté de sable. Ces étuis sont fixés contre les pierres ou les végétaux, par des fils de soie. Ils ont, aux deux extrémités, une simple fente, dont les lèvres restent automatiquement appliquées Tune contre l'autre.

Ces larves ont un abdomen très gros, comparativement à la tête et au thorax. EUes n'ont point de trachée-branchies externes. Elles sont toutes de petite taille.

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