CHAPITRE XXVI LES INSECTES (suite
Diptères (suite). Larves eucéphales (suite).
Les Culicidés,
Les Culicidés — c'est-à-dire les Moustiques, les Cousins — sont suffisamment connus du public, pour que nous n'ayons pas besoin de les définir autrement.
Beaucoup d'espèces de cette famille ont des larves aquatiques, entre autres dans les genres Corèthre, Culex, Psorophora, Anophèles, Moclonyx, etc., etc.
Larves des Corethres {ûg, 137). — Nous étudierons la larve du Corethra plumicornis, Diptère commun dans nos pays. Cette larve est un des plus beaux animaux de nos eaux douces et l'un de ceux qui ont été le plus étudiés; cependant, à part les naturalistes, peu de personnes connaissent cet insecte.
Le corps de cette larve est absolument transparent, comme celui des plus beaux animaux pélagiques marins; il atteint une longueur d'environ douze millimètres; il n'a ni pattes, ni fausses pattes.
La larve du Corèthre a des mœurs tout à fait pélagiques; elle flotte immobile en pleine eau, en maintenant son corps
dans une position horizontale. Elle ne se déplace que de temps en temps, d'une manière saccadée, en donnant un coup brusque avec sa nageoire postérieure.
Elle se nourrit des petits animaux et des végétaux microscopiques en suspension dans Teau ; mais, quand elle manque de nourriture appropriée, elle attaque et dévore aussi de jeunes larves d'insectes. C'est au moyen de ses antennes, transformées en organes de préhension, qu'elle capture ces petites proies et qu'elle les introduit dans sa bouche. Au fond du pharynx se trouve un organe barbelé, qui sert de filtre, de tamis ; il empêche que les substances avalées ne pénètrent plus avant.
I mm
FiG. 137. — Larve de Corethra plumicornis, position habituelle, immobile au sein de l'eau.
Les aliments doivent donc être dissous et, pour ainsi dire, digérés dans le pharynx; les liquides seuls sont admis dans l'intestin. Les parties solides restent dans le pharynx et, de temps en temps, la larve les vomit.
Cet appareil de triage est facile à observer, car, pour peu qu'on comprime la larve sous un couvre-objet, elle vomit son pharynx ; celui-ci se retourne comme un doigt de gant, et met cet organe en évidence.
Une autre particularité intéressante de la larve du Corèthre, c'est son appareil hydrostatique. Le système trachéen, absolument clos, est peu important et peu visible. En revanche, on remarque quatre grosses vessies aériennes, réniformes, dont les parois sont en partie couvertes de taches de pigment. Il y a deux vessies, à la partie antérieure du corps, et il y en a deux, à la partie postérieure. Elles servent peut-être (?) d'organe respiratoire ; mais elles remplissent, surtout, la fonction d'un appareil d'équilibre.
Elles permettent à la larve de conserver, sans difficulté, la position horizontale, lorsqu'elle flotte au sein de l'eau. Suivant Meinert, chez les toutes jeunes larves, ces vessies aériennes sont pleines de sérum. Elles ne se remplissent d'air que plus tard. La larve doit donc extraire celui-ci de
l'eau, mais on ignore comment.
Cette larve vit facilement en aquarium et elle y effectue toutes ses transformations. La nymphe est aussi transparente ; elle flotte, de même, immobile, en pleine eau ; mais elle se tient verticalement (fig.
On trouve la larve du Corèthre pendant toute l'année; mais plus abondamment en été et en autonme. On peut en récolter, en promenant, en pleine eau, loin des bords et de la végétation, un fin filet de soie, ou, simplement, une coiffe à papillons. Elle affectionne sur* tout les petites carpières, entourées d'arbres ; on en trouve, parfois, là, Cependant, on la rencontre aussi, mais en
1 rin
Fio. 138.
Nymphe de Gorethra, vue de dos ;
la tête, vae de côté.
a eau propre,
des quantités.
moins grand nombre, dans les marais, les étangs et les pe
tits lacs ^
' Si l'on désire avoir de plus amples renseignements sur celte intéressante larve, on peut consulter :
Pouchet. — Développement du système trachéen de la larve du Corèthre. Archives de Zoologie expérimentale. Tome I,
Weissman, — Die Métamorphose der Corèthra. Zeitschrifft fur Wissenchaflft. Zoologie 18r>6. Tome XVI.
Larves des Culex{&g. 139). — De toutes les larves des Diptères, ce sont celles qu'on trouve le plus communément dans nos eaux douces. Toute eau stagnante, non fétide, leur convient; on en observe même, parfois, dans les petits dépôts
FiG. 139. — Larve de Culex, position habituelle, saspendue à la surface de leau.
d'eau de pluie, contenus dans les débris de vaisselle, au bord des chemins.
Cette larve est trop connue pour que nous la décrivions longuement. Son corps atteint une longueur de 8 à 9 millimètres ; le dernier segment est pourvu d'un prolongement
Leydig. — Anatomie und Physiologie ûber die Larve Yon Gorèthra. Zeitschrifft fur Wissenchfft. Zoologie. Tome III.
S52 l'aquarium de chambre
dorsal, appelé siphon. Celui-ci est parcouru, dans toute sa longueur, par deux troncs trachéens, qui aboutissent, à son extrémité, à une cupule respiratoire hydrofuge. Lorsque la larve amène contre la surface de l'eau l'extrémité de son siphon, la cupule respiratoire s'ouvre passivement — par le fait de l'attraction capillaire — et adhère à la surface.
Le corps reste sous la surface, suspendu à celle-ci, sans que l'animal ait aucun effort à faire pour garder cette position. La larve, alors, au moyen de ses palpes rotatoires, produit dans l'eau un double courant, convergeant vers la bouche. Ce courant, qui lui amène les particules qui constituent sa nourriture, est produit, non pas à la surface de l'eau, — comme c'est le cas pour les larves de Dixa et d'Anophèles — mais un peu au-dessous.
Lorsqu'elle est alarmée, la larve ferme sa cupule respiratoire ^ L'attraction capillaire de la surface cessant et le corps étant plus lourd que l'eau, il descend par son propre poids.
Mais la larve ne reste jamais longtemps au fond. Foiir regagner la surface, elle nage en se contorsionnant, en donnant de forts coups avec l'extrémité postérieure de son corps, pourvue d'une rangée de poils qui servent de rame.
La cupule respiratoire est constituée par cinq valves qui s'écartent l'une de l'autre et se renversent en dehors. Chacune de ces valves est pourvue d'une courte soie rigide, destinée à rompre la pellicule d'eau qui pourrait rester tendue entre elles, lorsqu'elles s'écartent. Pellicule qui, en recouvrant la cupule hydrofuge, empêcherait celle-ci d'entrer en contact avec l'air.
Pour observer facilement ce phénomène de l'ouverture et dé la fermeture des valves, il faut d'abord immobiliser la larve. Le moyen le plus simple consiste à lui couper la tête. Ensuite, on la place dans un verre de montre, le siphon étant dirigé en haut, et on maintient le corps
1 Ou bien, eUe fait un effort natatoire suffisant pour détacher sa cupule de la surface. Dans ce cas, la cupule se ferme automatiquement dès qu'elle n*est plus en relation avec l*air.
immobile, en posant transversalement sur lui une épingle.
Si, alors, au moyen d'une pipette, on fait varier le niveau de Teau, on verra la cupule, automatiquement, s'ouvrir chaque fois qu'elle se trouve en contact avec la surface ; et on la verra se refermer chaque fois que l'eau s'élève au-dessus d'elle.
Le système trachéen est métapneustique ; il n'y a que les deux stigmates postérieurs. Mais la larve possède, en outre, autour de l'anus, quatre appendices transparents qui sont des trachéo-branchies.
La larve des Culex vit bien en aquarium et elle y effectue ses métamorphoses. La nymphe flotte verticalement, suspendue à la surface par deux trompettes respiratoires eéphcMqueSy terminées chacune par ime petite cupule hydrofuge.
L'éclosion et la manière dont l'imago quitte sa dépouille nymphale ont été admirablement observées par Réaumur. Ce récit a été si souvent reproduit et se trouve relaté dans tant de livres que nous estimons inutile de le répéter encore ici. Nous indiquerons seulement comment il faut s'y prendre pour assister à une métamorphose.
Lorsque la nymphe est siu* le point de se transformer, elle est moins vive, elle quitte moins volontiers la surface, elle flotte par moments contre celle-ci, couchée sur le flanc. Sa teinte générale change, elle devient dorée par places, car une mince couche d'air se répand sous le tégument chitineux.
Quand on voit une nymphe présenter ces caractères, il faut l'isoler dans un verre de montre, pour pouvoir l'observer à l'aise, sans qu'elle soit dérangée par les mouvements des autres habitants du bocal. La peau se fend sur le dos, entre les deux trompettes respiratoires et le Diptère sort par là. On voit d'abord apparaître le thorax, puis la tête, les jambes, les ailes et l'abdomen. L'insecte marche un moment sur l'eau et, quand ses ailes sont devenues fermes, il s'envole. L'opération entière ne dure que quelques minutes, rarement plus de dix ou de quinze. Si, pendant
que le moustique sort de sa dépouille nymphale, il est, par une cause fortuite, renversé sur l'eau, cet accident — contrairement à ce que disent les auteurs — n'entraîne pas sa mort. Il flotte sur la surface sans que l'eau le mouille et, dans cette position, il achève de se dégager.
On trouve, quelquefois, en société avec les lances des Culex, une larve qui leur ressemble beaucoup, mais qui est passablement plus grande — elle atteint 15 millimètres. C'est la larve du Fsorophora. Je ne l'ai jamais rencontrée.
Larves des Anophèles (fig. 140). — Nous nous occuperons plus particulièrement de la larve de V Anophèles maçuîipennis que l'on peut facilement se procurer, qui est intéressante à observer, et dont le corps a ime jolie coloration (jaune-brun- violet, variant avec l'ftge). On trouve cette larve — quelquefois, abondamment, pendant le printemps, l'été et l'automne, mais rarement en hiver — de préférence dans les eaux stagnantes pures et ensoleillées, par exemple dans les petits marais, les bassins, les jets d'eau.
Elle flotte immobile, appuyée sous et contre la surface de l'eau, en ayant son corps étendu horizontalement. La cupule postérieure, à laquelle aboutissent les deux troncs trachéens, est seule en contact avec l'air ; n'étant pas mouillable, elle subit Fat- FiQ. 140. — Larve d'Anophèles tractiou aérienne et maintient le
maçuîipennis, au repos, flot- . , . t i ^
tant contre la surface de l'eau. COrpS COUtrC la SUriaCC. LSi larve
a aussi quatre trachéobranchies rectales que, parfois, elle fait sortir par son anus.
Le corps est pourvu de longs poils raides et espacés. Ceux qui sont sur les côtés sont plus ou moins parallèles à la surface de l'eau. Ils s'appuient contre celle-ci, font Toffice de stabilisateiu^ et maintiennent le corps en équilibre.
Lorsque la larve est au repos, sa tête est complètement immergée et la bouche est tournée en bas ; mais, lorsqu'elle se met à chasser, elle tourne sa tête latéralement, lui fait décrire un demi-tour et amène ainsi la bouche sur la face dorsale. On voit alors un spectacle captivant. La bouche est pourvue de deux palpes rotatoires, formés par la lèvre supérieure. Ces palpes viennent s'étaler sous et contre la surface de l'eau et, se mettant à vibrer, ils y créent deux courants circulaires, qui convergent vers la bouche et lui amènent les fines particules flottant sur la surface. Ces corps, au fur et à mesure qu'ils arrivent, sont triés; ce qu'elle juge trop gros ou mauvais, la larve le jette de côté, par im brusque coup de tête. L'observation de cette manœuvre est facilitée, si l'on saupoudre très faiblement la surface de l'eau avec une poudre quelconque.
Dès que la larve cesse de chasser — c'est-à-dire de mouvoir ses palpes rotatoires — la tête reprend sa position normale, la bouche tournée en bas.
Parfois, subitement, la larve change de place; elle s'établit quelques centimètres plus loin et recommence à chasser. Si elle est effrayée, elle plonge en se tortillant ; mais elle ne reste jamais longtemps éloignée de la surface.
Pour se procurer des larves d'Anophèles, il faut promener le filet fin de façon à tamiser la surface de l'eau, surtout près du rivage ; car, volontiers, ces larves s'appuient contre les corps flottants ou émergents. La larve de l'Anopheles maculipennis vit très bien en aquarium et y eflfectue ses transformations. Elle est la nourriture préférée de la larve de l'Hydrous Caraboïdes.
La larve du Moclonyx veîutinus (fig. 141) fait, pour ainsi dire, la transition entre les larves des Culex et celles des Corèthres. Comme c'est le cas pour ces dernières, elle est franchement pélagique et flotte au sein de l'eau, le corps horizontalement placé ; elle est, de même que ces larves, pourvue de quatre vessies aériennes. Son corps est transparent ; mais, sous ce rapport, il ne peut être comparé à celui de la larve du Corethra plumicomis.
D'autre part, la larve du Moclonyx se rapproche de celles des Culex, parce que, outre ses quatre vessies aériennes, elle possède un système trachéen complet. Les deux trachées principales aboutissent à un stigmate perforé*,
Fio, 141. — Larve de Moclonyx veîutinus, position habituelle, flottant au sein de l'eau.
situé, comme ces chez dernières larves, à l'extrémité d'un siphon postérieur; ce siphon, il est vrai, est fort court. La larve n'utilise que rarement ce stigmate; on la voit, cependant, parfois, contre la surface de l'eau dans la position habituelle aux larves des Culex.
On ne trouve les larves du Moclonyx que pendant les mois de mars et d'avril et pas partout. Souvent, dans une contrée, il n'y en a que dans certaines localités.
Elles vivent, en général, en compagnie des larves des Culex, mais elles sont beaucoup moins abondantes que celles-ci. Elles sont carnassières; leur bouche est pourvue de fortes mâchoires. Leur corps atteint une longueur de 9 millimètres ; la face supérieure est violacée, la face infé-
» Lorsqu'on comprime cette larve, pour l'examiner, il 8*échappe, parfois, une bulle d*air par ce stigmate.
rieure est blanche, transparente. Le tube digestif, chez les larves que j'ai récoltées, était plein d'une substance rouge, provenant des petits crustacés copépodes qu'elles avaient mangés.
Cette larve vit bien en aquarium et elle y effectue ses métamorphoses. La nymphe ressemble plus à celles des Culex qu'à celles des Corèthres ; elle est cependant assez transparente. Elle se tient courbée en ? et est assez mobile.
Les Chironomidés.
Ces Diptères, pour le public, sont identiques aux Culicidés; pour le naturaliste, ils en diffèrent par divers caractères. Leurs antennes n'ont que treize articles au lieu de quatorze comme c'est le cas chez les Culicidés. En outre, ils sont inoffensifs ; ils ne piquent pas. Dans cette famille nous étudierons les larves des Chironomes, des Tanypus et des Ceratopogons.
Larves des Chironomes, — Nous nous occuperons plus particulièrement de la larve du Chironome plumeux, qui est une de celles qu'on trouve le plus abondamment — et pendant toute l'année — dans nos eaux douces \ Elle a une certaine importance économique par le fait que — vu son abondance — elle sert de nourriture à beaucoup de poissons; les pêcheurs l'emploient comme appât. Elle atteint une longueur de 14 à 15 millimètres (fig. 142).
Cette larve — ainsi que toutes celles des Chironomidés — est pourvue de faux-membres.
On remarque, à la face ventrale du premier segment thoracique, xme protubérance, dont l'extrémité, bifide et garnie de crochets, est plus ou moins rétractile. Cet organe est opposable à la bouche. La larve s'en sert comme d'une
1 Presque toutes les larves d'Insectes sont terrestres ou habitent les eaux douces. On n'en connaît qu'une ou deux espèces vivant dans Teau de la mer. On doit citer, parmi ces dernières, la larve d'un Ghironomidé.
main, soit pour saisir et placer les fils soyeux que sécrètent ses glandes salivaires, soit pour s'accrocher et se tirer en avant, lorsqu'elle veut changer de place. D'autre part le dernier segment abdominal possède, à la face ventrale, deux prolongements cylindriques, charnus, plus ou moins rétractiles, dont l'extrémité est garnie d'une couronne de crochets. Ce sont de véritables fausses-pattes dont l'animal se sert pour marcher et se fixer.
FiG. 142. — Larves de Chironomes. En haut, larve d'Orthocladius avec son étui gélatineux; en bas, larve de Chironome plumeux.
Cette larve habite le limon, au fond des eaux stagnantes ou à faible courant; on la trouve tout particulièrement dans le dépôt limoneux des bassins de fontaine mal entretenus. Elle s'y creuse des galeries et édifie, à leur point d'émergence, un petit tube cylindrique, formé de limon, agglutiné au moyen d'un mucus soyeux, sécrété par les glandes salivaires.
Ces larves se tiennent habituellement dans ce tube, fixées, en avant et en arrière, par leurs fausses-pattes. Elles font continuellement onduler leur corps et produisent
ainsi un courant qui, en renouvelant l'eau, facilite la respiration. Elles abandonnent, cependant, facilement, leur tube, — surtout la nuit — et, au moyen de brusques contorsions de leur corps, elles montent vers la surface où l'eau est plus riche en oxygène.
Le corps de ces larves a habituellement une coloration rouge, due au sang, qui contient de l'hémoglobine; mais cette coloration peut varier du rouge vif au rouge-jaune, au jaune et même au jaune- verdâtre. Grâce à cette hémoglobiae, le sang retient et emmagasine de Toxygène, comme le fait celui des vertébrés.
L'avant-demier segment abdominal est pourvu, à la face ventrale, de quatre longs tubes vermiformes, dans lesquels ou voit circuler le sang. On admet qu'ils fonctionnent comme des branchies. En outre, la larve possède quatre digitations périanales, plus ou moins rétractiles, qui sont probablement des trachéo-branchies. Le système trachéen est clos.
Cette larve se nourrit de particules végétales et de terre. Elle vit fort bien en aquarium et y effectue ses métamorphoses. La nymphe est reconnalssable à sa tête qui est surmontée d'un élégant panache respiratoire blanc.
La ponte du Chironome plumeux a l'aspect d'un petit cylindre gélatineux hyalin, dont la longueur atteint un centimètre environ; on distingue les œufs, arrangés en séries, sous forme de petits points brunâtres, allongés. On trouve ces pontes communément, du printemps à Tautonme, particulèrement dans les jets d'eau et les bassins de fontaine ; elles sont accrochées contre les parois, à fleur d'eau. 11 est très avantageux de recueillir ces pontes et d'en mettre quelques-unes dans l'aquarium; car, au fur et à mesure que les œufs éclosent, les jeunes larves servent de nourriture aux autres animaux.
On a décrit deux types principaux de larves de Chironomes : les larves dites « rouges, > nous dirons plutôt « colorées » et les larves « décolorées ».
Les premières vivent surtout dans la boue, au fond de
l'eau; elles possèdent les quatre tubes respiratoires vermiformes que nous avons décrits. C'est dans ce groupe que se trouve la larve du Chironome plumeux.
Les larves dites « décolorées » sont, en général, de plus petite taille. Elles se tiennent plutôt sur les végétaux, vei-s la surface de l'eau ; elles sont dépourvues de tubes respiratoires vermiformes. Les unes errent librement ; les autres se construisent des étuis, tantôt mobiles *, tantôt fixes, faits d'un tissu soyeux incrusté de sable.
Cette division des larves en colorées et décolorées est, du reste, fort arbitraire, étant donné que les larves dites « colorées » sont, à leur naissance et pendant quelque temps encore, « décolorées ».
Miall a consacré une monographie à l'étude complète (anatomique et biologique) d'un Chironomidé (Chironomus dorsalis). Il a étudié successivement et minutieusement la ponte, l'œuf, le développement embryonnaire, la larve la nymphe et l'imago. Nous renvoyons donc, à cet excel lent petit livre, les lecteurs qui désireraient avoir des ren seignements plus complets sur cet insecte : The structure and Life-history of The Harlequin Fly by L. C. Miall and A. R. Hammond. Oxford Clarendon 1900; 196 pages.
FiG. 143. — Larve de Tanypus sp.
Larves des Tari/ypus (fig. 143). — Par leur aspect général, ces larves ressemblent à celles des Chironomes. Elles s'en distinguent: 1° par leur corps, qui est un peu aplati; 2o par leur tête, qui est plus allongée et de forme un peu
1 Les larves d'Orthocladius (fig. 142), se font des étuis gélatineux transparents.
triangulaire, qui, en outre, est pourvue d'antennes, complètement rétractiles ; enfin, 3^ par leur faux pied thoracique, qui est plus long et plus franchement bifide. Leur corps n'est pas coloré, sauf, quelquefois, par le contenu de l'intestin.
Ces larves sont carnassières ; elles se nourrissent de larves et d'autres petits animaux. Elles ne nagent pas ; elles ne peuvent que grimper ou ramper contre un appui quelconque. Elles vivent plutôt sur les végétaux que dans le limon. Elles se construisent aussi, parfois, de petits étuis en boue.
Le système trachéen est clos.
On trouve ces larves pendant toute l'année. EUes sont communes, cependant moins que celles des Chironomes.
Fio. 144. — Larve de Geratopogon sp.
Les larves des Ceraiopogons (fig. 144) sont presque toutes terrestres ; celles de quelques espèces seulement vivent dans l'eau. On trouve ces larves pendant toute l'année, surtout parmi les algues et les conferves, au milieu desquelles elles se glissent, avec des mouvements lents, semblables à ceux d'un petit serpent, dont elles ont, du reste, la forme. Leur corps est nu, glabre, lisse, mince, allongé, sans aucune sailUe.
Elles nagent aussi, à l'occasion, en pleine eau, avec des mouvements ondulatoires rapides, mais intermittents et saccadés. Leur tégument étant, au plus haut degré, non mouillable, ces larves évitent de s'approcher de la surface de l'eau ; car, — si elles ont le malheur de l'effleurer, — elles se font happer par la force attractive capillaire ; elles restent alors collées à la surface et finissent par périr.
Le système trachéen est clos.
Ces larves vivent bien en aquarium, mais elles sont peu intéressantes. Celle qu'on rencontre le plus communément, atteint une longueur de 7 millimètres.
Les Simulidés.
Les Simulidés sont des Diptères de petite taille qui — quoique Nématocères (leurs antennes ont onze articles), — par leur conformation et leur aspect général, se rapprochent des mouches. On trouve leurs larves, en automne et en hiver, fixées aux pierres dans les petits ruisseaux ; elles sont souvent réunies en nombreuse société. L'eau coiu-ante leur est nécessaire ; elles ne vivent que quelques heures en aquarium. Elles sont, du reste, peu agréables à conserver, car elles salissent beaucoup l'eau en y tendant, en tous sens, des fils, dans lesquels les autres animaux s'empêtrent.
Les larves des Simulia ont, de chaque côté de' la tête, un panache en forme d'éventail, qui leur sert à agiter l'eau pour amener vers leur bouche les particules dont elles se nourrissent (fig. 145). La larve soigne beaucoup ses panaches et, fréquemment, elle les peigne et les nettoie avec ses mandibules.
Ces larves sont pourvues d'un faux pied thoracique, opposable à la tête; elles l'utilisent soit comme organe locomoteur, soit comme organe préhenseur, soit aussi pour tendre leurs fils. A l'extrémité postérieure du corps, se trouve une ventouse, au moyen de laquelle la larve se fixe solidement ; ses bords sont garnis de fins crochets.
Le système trachéen est clos; la respiration est donc cutanée. Toutefois ces larves possèdent trois branchies rectales, qu'elles peuvent, à volonté, déployer au dehors ou rétracter dans leur anus.
Le corps est peu transparent; il est de couleur foncée ; il atteint une longueur de 8 à 9 millimètres.
Lorsqu'elles chassent, ces larves tiennent leur corps dressé perpendiculairement, fixé par la ventouse postérieure.
Lorsqu'elles se reposent, elles se couchent sur la pierre, replient leur corps sur lui-même et lui font prendre la forme d'un U, en ramenant la tête contre l'extrémité postérieure.
Les larves des Simulia ne peuvent nager; elles ne rampent pas non plus ; mais elles marchent , conune le font les sangsues ou les
chenilles arpenteuses, en étendant et en repliant alternativement leur corps. Elles se servent, pour prendre im point d'appui, tantôt de leur ventouse postérieure, tantôt de leur faux pied thoracique.
On remarque, dans l'intérieur du corps, de larges bandes opaques qui s'étendent dans toute la longueur de celui-ci et qui, même, vers Textrémité postérieure, se replient sur elles-mêmes ; ce sont les glandes salivaires. Ces glandes sécrètent la matière soyeuse avec laquelle la larve confec-
FiG. 145. — Larve de Simulia, chassant.
Face dorsale et face ventrale.
tîonne les fils qu'elle tend dans l'eau. Ces fils lui servent d'amarre pour résister au courant, soit, lorsqu'elle marche contre la pierre, soit, lorsqu'elle lâche* son point d'appui. Dans ce dernier cas, la larve sécrète instantanément un fil, comme le font les araignées; et, comme celles-ci, elle reste attachée par ce fil au corps qu'elle a dû brusquement quitter.
C'est avec cette soie, aussi, que la larve confectionne le nid, en forme de pochette, dans lequel elle se transforme en nymphe; celle-ci, de même que celle des Chironomes, est pourvue de trachéo-branchies céphaliques, en forme de plumets blancs. Elle n'a donc pas besoin de monter à la surface pour respirer ; elle reste immobile dans son abri et s'y transforme en imago. Celui-ci gagne tout de suite la surface de l'eau.
Les Tipulidés,
Les Tipulidés sont reconnaissables à leurs longues pattes, qui sont grêles et extrêmement fragiles et qui, à la moindre violence, se détachent du corps. Ces Diptères ne piquent pas.
Les larves des Tipulidés sont les unes terrestres, les autres aquatiques. Quoique ces dernières aient entre elles un certain air de famille, il y en a cependant plusieurs types différents et il est difficile d'indiquer des caractères qui soient communs à tous.
Toutes ces larves ont une tête distincte ; mais celle-ci est petite et peu apparente ; elle est en général rétractile dans les premiers segments. Elle est pourvue de fortes mâchoires.
Le corps est composé de 12 segments qui, souvent, sont subdivisés par des plis transversaux. H est dépourvu de faux pieds ; cependant il y a quelques exceptions — les larves des Dicranotes en possèdent. Le dernier segment est, en général, pourvu d'une vaste cupule respiratoire, entourée de mamelons ou de prolongements charnus (dont
le nombre est variable) qui, quelquefois, sont garnis de longs poils hydrofuges. Au fond de cette cupule se trouvent deux stigmates.
Quelques-unes de ces larves possèdent des branchies rectales, que la larve peut, à volonté, faire saillir au dehors ou rétracter dans son anus. Chez d'autres, les branchies ne sont pas rétractiles ; elles sont constituées par des appendices vermiformes externes périanaux.
Beling a décrit ^ — mais pas figuré — environ 70 larves de Tipulidés, qui, presque toutes, sont des larves terrestres.
Nous ne mentionnerons que les principaux types des larves aquatiques et nous les répartirons en deux groupes : les larves des Tipulidés p. p. d. et les larves des Limnobinae.
Tipulidés p, p. d.
Les larves des Tipulidés p. p. d. sont végétariennes ; elles sont en majorité terrestres ; quelques-unes seulement sont aquatiques ou plutôt amphibies. Elles ont à l'extrémité postérieure de leur corps une vaste cupule respiratoire hydrofuge. Celle-ci est entourée d'au moins six mamelons ou prolongements charnus; mais ce nombre peut être dépassé. Elles n'ont jamais de faux pieds
Larve du Tipula lunata (fig. 146). — On trouve communément cette grosse larve, en automne et en hiver (jusqu'au mois d'avril), soit enfouie dans le limon, soit parmi les végétaux aquatiques. Elle est amphibie ; elle se tient indifféremment immergée ou, au-dessus du niveau de l'eau, dans la mousse du rivage. En captivité, elle sort parfois de l'eau, surtout la nuit. Elle parvient même à grimper contre les parois de verre et à s'évader du bocal. Mais elle peut vivre longtemps complètement submergée ; j'ai, du moins, observé que, dans l'aquarium, durant tout l'hiver, elle
1 Beling. Naturgeschichte verschiedener Arten Tipuliden ex. : Verhandl. Zool. bot. Gesellschaft Wien, 1873, 1878, 1886.
reste enfouie dans le sable du fond, ne laissant dehors que l'extrémité postérieure de son corps avec ses six appendices respiratoires.
Le corps est très contractile ; sa longueur varie de 1,5 à 2,5 centimètres ; sa couleur est foncée ; en général bleunoirâtre. H est souvent parsemé de taches claires ou foncées. L'extrémité postérieure possède, à la face dorsale, une cupule respiratoire. Quand la larve est dans de l'eau peu profonde, elle laisse volontiers flotter cette cupule à la surface; lorsqu'elle la retire dans l'eau, une bulle d'air y reste adhérente.
Au-dessous de cette cupule, sur les faces latérales et à la face ventrale, on remarque six appendices vermiformes, allongés, minces et transparents. On doit les considérer comme servant de branchies et de trachéo-branchies, car on y observe un réseau de trachées et, en outre, une importante circulation sanguine.
Ces six appendices sont un peu contractiles. La larve s'en sert aussi pour progresser ; car elle est dépour- ..^^ p. vue de toute espèce de membres. Pour
^^^^^A.^^î=^ se mouvoir sur le sol ou parmi les
'^ végétaux, elle se sert habituellement
de ses mâchoires pour s'accrocher en avant; puis, contractant ses trachéobranchies, elle attire l'extrémité postérieure de son corps. Elle déploie ensuite ses trachéo-branchies, et, les appuyant contre le sol, elle s'en sert pour prendre un point d'appui et pousser son corps en avant.
Ces larves se métamorphosent en avril ; pour cela elles sortent de l'eau. Il faut donc, à ce moment, les mettre dans
FiG. 146.
Larve de Tipula lunata.
un récipient assez large ne contenant que peu d'eau et ayant une grosse touffe de mousse qui émerge.
Proportionnellement à la taille de la larve^ la nymphe paraît petite et maigre. Lorsque le moment de Téclosion approche, la nymphe cherche à sortir de la mousse ; elle chemine lentement dans celle-ci au moyen de contorsions. Les épines^qui garnissent l'extrémité postérieure de son corps lui procurent un point d'appui et contribuent à le faire progresser en avant.
Une fois hors de la mousse, la nymphe demeure immobile et, quelques jours après, la Tipule s'en dégage ^
LimnobinM,
n y a, parmi les Limnobinae, beaucoup plus d'espèces dont les larves vivent dans l'eau que parmi les Tipulidés p. p. d. On [connaît au moins quatorze genres de cette famille, dont les représentants ont des larves aquatiques.
Ces larves n'ont jamais plus de 5 prolongements charnus, autour de leurj cupule respiratoire ; quelquefois il y en a moins, quelquefois même il n'y en a point du tout. Ces larves sont, parfois, pourvues de faux pieds. Certaines d'entre elles sont végétariennes, les autres sont carnivores.
Nous signalerons dans ce groupe les trois types suivants :
Les larves des Phalacrocères, qui sont caractérisées par de nombreuses trachéo- branchies sur tout le corps.
Les larves des Dicranotes, elles, sont pourvues de faux pieds abdominaux. Le dernier segment de leur corps est terminé par^deux prolongements, à la base desquels se trouvent les stigmates.
Chez les[larves des Limnophiles, le dernier segment du corps a quatre prolongements, qui sont pourvus — surtout les deux postérieurs — de longs poils hydrofuges.
La larve du Fhalacrocère replicata (fig. 147) a surtout été signalée dans le nord de l'Europe; les auteurs indi-
1 Ce Diptère a été détermine parle diplérologue prof. Bezzi.
quent Baie comme étant à la limite de son extension au sud. Nous l'avons cependant trouvée près de Genève.
Cette larve est une des plus belles d'entre celles qui vivent dans les eaux douces. Elle est remarquable par le nombre, la longueur et la diversité de formes des appendices trachéo -branchiaux qu'on observe sur toutes les faces de son corps. Ces trachéo-branchies ont une certaine consistance ; lorsque la larve est hors de l'eau, elles ne s'af-
FiG. 147. — Larve du Phalacrocère replicata, position habitueUe. A. Tète en extension.
faissent pas et restent écartées du corps. H n'y a pas d'yeux, ni de faux membres.
Sur la figure 147, nous n'avons, pour des raisons de clarté, indiqué que les appendices trachéo-branchiaux de la moitié droite du corps. Ces appendices sont donc en réalité, à la face dorsale et à la face ventrale, plus nombreux que cela ne paraît sur cette figure.
Lorsque la larve a acquis tout son développement, son corps atteint une longueur de 2,5 centimètres; il est de couleur brunâtre ou verdâtre.
La larve du Phalacrocère est végétarienne ; elle se tient de préférence sur les Fontinalis et les Hypnum. On l'a observée aussi sur la Ranunculus aquaticus. Elle s'accroche à peine^ à ces plantes, en recourbant un peu l'extrémité postérieure de son corps, pourvue de deux forts crochets. Elle est extrêmement apathique.
Lorsqu'elle est alarmée, elle contracte son corps et lui fait prendre la forme d'un anneau ; souvent, dans ce cas, eUe lâche la tige sur laquelle elle se trouvait. Elle tient, en général, sa tête — même lorsqu'elle mange — complètement rétractée dans le premier segment thoracique.
Cette larve supporte bien la captivité; elle se transforme en nymphe dans l'eau. La nymphe flotte horizontalement contre la surface ; elle est pourvue, à l'extrémité postérieure de la face dorsale, de quatre épines crochues; les deux antérieures sont dirigées en arrière et les deux postérieures, placées en face des précédentes, sont dirigées en avant. Au moyen de ces crochets, la nymphe se fixe à la tige des végétaux ou à quelque autre corps flottant et s'immobilise \
La larve du Dicrcmota bimaculata (fig. 148) vit dans la boue, au fond des petits ruisseaux. Miall dit qu'elle se nourrit de Tubifex et qu'on la rencontre fréquemment dans les colonies de ces animaux. Je ne l'ai jamais observée dans ces conditions, mais je l'ai trouvée, assez souvent, en hiver, à la montagne, dans le terreau qui forme le fond des petits ruisseaux.
Le corps de cette larve est transparent; il est de couleur blanchâtre; il atteint une longueur de 14 milllimètres. L*extrémité antérieure, formée par la tête, est pointue; elle est rétractile dans l'intérieur des premiers segments. L'extrémité postérieure est plus obtuse ; elle est pourvue
iSi Ton désire avoir de plus amples renseignements sur Tanatomie de cette larye, on peut consulter :
Miall. Life History of Phalacrocera replicata Trans. Ent. Soc. London 1897.
de deux prolongements, dirigés en arrière. H y a, à la face ventrale, cinq paires de faux pieds, garnis de crochets, et entièrement rétractiles dans le corps. Grâce à cette disposition, la larve peut circuler avec facilité, en fouissant dans le limon.
Ces larves sont fort carnassières ; leur bouche est pourvue de grandes et solides mâchoires. En captivité, elles atta-
FiG. 148. -r- Larye de Dicranota.
qujent et dévorent les annélides et les petites larves qui se trouvent ^vec elles K . .
Larves des Limnophiles (fig. 149). — Chez ces larves, le dernier segment du corps a quatre prolongements, assez longs, pourvus — surtout les deux postérieurs —r de poHs hiydrpfuges, Chez les larves de certaines espèces, ceux-ci so^t aboii^Ants et fort longs.
Lorsque la larve approche de la surface de l'eau l'extrémité postérieure de son corps, ces poils se déploient et
iQn trçuvera de plus amples renseignements sur Fanatomie et les mêtamôi^phosè^ dé cette larve dans l'étude 'que Miall en a faite. (Trans. Ent. Soc. Londonl898.)
s'étalent sur la surface. Grâce à leur nature hydrofuge, ils flottent siu: l'eau, formant un véritable radeau, auquel le corps reste suspendu.
Lorsque la larve est privée de point d'appui et qu'elle veut regagner le fond, — comme elle est incapable de nager, — elle emploie un procédé assez original pour détacher de la surface son radeau-flotteur. Elle courbe son corps, en forme d'anneau — amenant la tête en face de l'extrémité postérieiure — puis, elle le fait rouler sur luimême. Par cette manœuvre, la larve réussit à réunir ensemble et à enrouler autour de son corps les poils hydrofuges qui constituent son radeau-flotteur et à les détacher de la surface. Dès que ceuxci ne subissent plus l'attraction capillaire, le corps, par son propre poids, tombe au fond.
J'ai trouvé, plusieurs fois, dans le limon des petits ruisseaux, ime larve de Limnophile semblable à celle que Brauer a figurée ^ — d'ime manière assez vague il est vrai — et décrite sous le nom de larve du Limnophila fuscipennis.
Cette larve circule dans le limon, comme une taupe le fait sous terre. Son corps est d'une couleur
blanchâtre; il est plus ou moine transparent, il atteint ime longueur de 14 millimètres *.
Cette larve peut, à volonté, renfler, en forme de gros
» Brauer. Zweiflùger Muséum Wieii. Ex.; Denkschrift der K.K.Akad. der Wissensch. Wien 1883.
'Du moins les exemplaires que j'ai trouvés en hiver. Brauer indique 3 centimètres.
FiG. 149.
Larve de Limnophile.
bourrelet, Tavaiit-demier segment de son corps, en y refoulant toute sa masse intestinale. Il est probable que cette manœuvre lui sert à prendre un point d'appui, lorsqu'elle circule daim le limon.
Cette larve est pourvue de deux stigmates postérieurs; mais je ne l'ai jamais vue les utiliser. Elle peut vivre complètement submergée, se contentant de sa respiration branchiale. Lorsqu'elle est au repos, elle tient volontiers, enfouis dans le limon, sa tête et presque tout son corps; elle ne laisse dehors que l'extrémité postérieure de celui-ci, dont on voit les quatre branchies rectales épanouies hors de l'anus.
Cette larve est très carnassière; ses mandibules sont pourvues de dents. Elle attaque les petits oligochètes et s'en nourrit.