CHAPITRE V LES PROTOZOAIRES
A. Les Rhizopodes sont des animaux, tout à fait inférieurs, dépourvus de tout organe. Ils ne sont composés que d'une petite masse de gelée vivante, contractile, plus ou moins différenciée par places, et qui, comme nous l'avons déjà indiqué, est appelée protoplasma. Les Rhizopodes habitent la mer et les eaux douces ; ils sont de peu d'intérêt pour nous, car, sauf quelques exceptions, ils sont tous de très petite taille.
Parmi ceux qu'on rencontre dans les eaux douces, nous ne mentionnerons que l'espèce suivante dont les représentants atteignent des dimensions qui les rendent aisément visibles à Tœil nu.
LAeUnosphcerium Eichomii (fig. 3) est un bel organisme, pas rare du tout et cosmopolite. Les auteurs lui attribuent, en général, une taille de un millimètre ; mais il m'est arrivé plusieurs fois d'en pêcher des exemplaires beaucoup plus grands. Le diamètre de leur corps, non compris les prolongements pseudopodiques, atteignait 2 mm.
Je ne puis, malheureusement, donner d'indications précises sur la manière de se procurer ces animaux. Ils habitent les eaux propres; ils s'y trouvent, parfois, en nombre considérable; d'autres fois seulement à l'état d'individus
LAQUABIUM DE CHAMBRE
isolés. J'en ai trouvé, surtout en été et en automne, aussi bien dans des fossés remplis de feuilles pourries, que dans des carpières ombragées, avec végétation abondante.
Les Actinosphaerium flottent, en général, dans l'eau^ sans faire aucun mouvement. Quand on les aperçoit, pour la première fois, on croit voir un petit œuf de Batracien, en suspension dans l'eau. Us ont, en effet, la forme d'un petit corps sphérique, dont le centre, opaque, est entouré
d'une couche gélatineuse transparente. Cette couche, vue au microscope, montre une structure aréolaire très lâche; sur toute sa périphérie se trouvent de longs rayons, fins, pointus, divergeant en tous sens (fig. 3).
Ces rayons sont doués d'une très faible mobilité et d'une très faible contractilité ; l'animal les utilise pour se mouvoir et aussi pour capturer les substances qui constituent sa nourriture.
L'Actinosphserium se nourrit d'infusoires, de diatomées et de petits crustacés microscopiques. Lorsqu'un de ces organismes vient à toucher un des rayons, il y reste collé. La substance qui constitue la couche transparente aréolaire, coule, pour ainsi dire, vers lui, avec une extrême lenteur; elle l'englobe et se retire en l'attirant dans son sein. Là il est digéré. Les détritus sont, de la même manière, lentement acheminés ^^ers la périphérie, puis expulsés. Il n'y a ni bouche, ni anus ; toute la surface de l'Actinosphasrium peut être utilisée pour ces fonctions.
L' Actinosphaerium se reproduit par scissiparité; mais cet acte est souvent précédé d'une conjugaison.
Ce que cet animal présente de plus remarquable c'est son extraordinaire vitalité. Lorsqu'on le sectionne en deux,
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Fig. 3. — Actinosphaerium Eichornii,