‹ L'Aquitaine avant et jusqu'à l'époque de César: Introduction: Origine du nomChapitre 3 sur 5 · De la terminaison tan · texte numérisé non relu

De la terminaison tan

Nous avons réuni les éléments ethnographiques de l'Espagne comme Thistoire nous les a fait connaître. Il reste à les appli-

(1) « Mittantur etiam ad eas civitates legati quœ sont citerions Ilispanis, finitamse Àquitania^. » Guerre des Gaules, m, 23.

(3) Ex millium L numéro, qus ex AquitaniA, CaDtabrisque coDvenisie cootUbat.» Guerre des Gaules, m, Sd.

(3) StraboD, 1. iii| c. 4.

quer à la recherche de l'origine de la terminaison ton, qui est Tobjeclif du présent travail. On a successivement invoqué, non pas tous les divers idiomes qui se sont rencontrés sur le sol de la péninsule, mais plutôt le basque, le celtique, le latin.

Basque. — Le système imaginé par les auteurs espagnols repose sur eta, terminaison des noms de lieu. Cet élément ue suffit pas à lui seul : il obhge à supposer que les Romains y ont ajouté la particule qualificative n, et Taffixe m y ia, de façon à obtenir eta-n-ns, eta-n-ia. Mais je passe la parole à Humboldt :

« Une foule d'étymologies présentées comme certaines par » Erro et Astarloa sont entachées de ce vice essentiel (ima- » gination sans contrepoids). Ainsi, Astarloa expUque le nom » des Edetans par edea, doux, et par la terminaison de lieu, » eta (1), qui habitent sous un cUmat doux, étymologie qu'on » adopterait, si Ton ne se rappelait le passage de PUne : » Regio Edetania aniœno prœlendente se stagna (Pline, i, » 141, 3)... Erro fait venir... Nazareth de na, plaine, z, qui » indique la foule, combiné avec ar^ et de la terminaison de » lieu eta (2). »

« Astarloa fait dériver les terminaisons tdni, tania, qui se » présentent toujours sous la forme etani, etania, de la ter- » minaison de lieu eta. Dans un sens aussi général, cette » assertion est loin d'être exacte. Souvent, en effet, tanus et » tania (et non pas seulement nus et nia) appartiennent à » une terminaison étrangère. Ainsi, Toletanus de Toletum et » Beneventaniis de Beneventum. »

« Cette terminaison d'adjectif se trouve aussi dans des » noms tout à fait étrangers à eta, et que les Romains ter- » minaient en is, Bilbilis, Bilbilitanus, Arandis, Aranditani;

(i) Edea ressemble fort au grec hedus, hedeia. qui a le môme sens. (2) Enmholdi,' Recherches f vi, p. 16-18.

îidmcllre remploi du basque, plus étendu peut-être autrefois qu'il ne Test aujourd'liui. Lorscpie les peuples celtiques s'élablirenl en Cantabrie, ils trouvèrent sur les lieux Pusage du basque, ou Fayant reçu plus tard, ils finirent par PadoiJter; il leur a survécu sans paraître avoir jamais obtenu les honneurs d'une langue oflicielle.

César mentionne les liens d'amitié ou de parenté qui unissaient les Aquitains avec les peuples limitro|)hes de FEspagne (I). Mais, après s'être exprimé d'une façon générale, il spécifie et ne nomuKî que les Cantabres (2); ce terme désigne, on le sait, une confédération de petits peuples dillé rents des Vascons de la même époque. Les Cantabres étaient en partie des Celtes, qui avaient conservé les mœurs de la mère-patrie (5). En admettant qu'une |)opulation euskarienne vécût au milieu d'eux ou sous eux, il semble qu'à l'époque de César c'est en tant (|ue Gaulois d'origine que les Cantabres volèrent au secours de leurs frères les Aquitains; les peuples moins mélangés d'éléments celtiques, tels que les Vascons, prirent à la lutte une part moins importante, et qui n'a laissé aucune trace.

Plus tard, au vi* siècle de notre ère, les noms avaient changé de portée, et les Vascons, envahisseurs de l'Aquitaine, n'étaient plus seulement les habitants du cercle de Pampe* lune, mais aussi ceux du Guipuzcoa et de la Biscaye. Mais je m'arrête, les époques modernes ne rentrant pas dans le cadre que je me suis tracé.

S 6. — De la terminaison tan

Nous avons réuni les éléments ethnogra|)hiques de l'Espagne comme Fhistoire nous les a fait connaître. 11 reste a les appU-

(1) < Blittaotor etiam td eas civitates legali que tant citerions Uiipanix, fiai* tomaD AquiUnl». • Guerre det Gaules, m, S3.

(S* Ex millium l numéro, qnx ex Aquitanti, Caolabrtfqae convtiiitM coMUb«t.» Gutm dei Gaulet, m, 2d.

(8} Straboo, I. m, c. 4.

quer à la recherche de Forigine de la terminaison lafi, qui eslTobjeclif du présent travail. On a successivement invoqué, non pas tous les divers idiomes qui se sont rencontrés sur le sol de la péninsule, mais plutôt le basque, le celtique, le latin.

Basque. — Le système imaginé jiar les auteurs espagnols repose sur ela, terminaison des noms de lieu. Cet élément ne suffit pas à lui seul : il oblige à supposer que les Romains y ont ajouté la particule qualificative n, et TalTixe us, ia, de façon à obtenir eta-n-us, ela-ma. Mais je passe la parole à Humboldt :

« Une foule d'étymologies présentées comme certaines par Erro et Astarloa sont entachées de ce vice essentiel (imagination sans conlrepoids). Ainsi, Astarloa expUque le nom des Edetans par eclea, doux, et par la terminaison de lieu, eta (i), qui habitent sous un cUmat doux, étymologie qu'on adopterait, si Ton ne se rappelait le passage de Pline : Begio Edelania amœno prœlendente se stagna (Pline, i, 141, 3)... Erro fait venir... \azareth de w«, plaine, z, qui inditiue la foule, combiné avec w\ et de la terminaison de lieu eta (2). »

« Astarloa fait dériver les terminaisons tewi, fa?iiVï, qui se présentent toujours sous la forme etani, etania, de la terminaison de lieu eta. Dans un sens aussi général, cette assertion est loin d'être exacte. Souvent, en effet, lanm et tanm (et non pas seulement mis et nia) appartiennent à une terminaison étrangère. Ainsi, Toletanus de Toletum et Refieventantis de Benevenlum. »

« Cette terminaison d'adjectif se trouve aussi dans des noms tout à fait étrangers à eta, et que les Romains terminaient en w, Bilbilùi, RitbUilanus, Arandis, Arandilani;

i{) Edêa resMinble fort tu grec hedut, hedeia. qui t \e mène feni. :2; humboldi, RechcrchtSt ▼!, p. 16-18.

^ en ia, Uelia, htma, Belitani; ou en i, A$tigi, AsH^Èanm » (IMine, 1, 159), Acci, Accitani.

• I.a terminaison tanus arrive dans tous les cas où le I» radical n'a pas de l, comme dans Tadjectif grec en inh-, » (Priscianiis, i, 2, p. 393). Il est certain aussi qu'on ren- » contre (mi Ks|)agne beaucoup plus fréquemment qu'ailleurs » (les noms de peuples et de contrées finissant en tani n et tnnia, ce qui s'explique par la raison que la termi- » naison / (mh porte toujours Tidée de lieu. Dans Hedeta, des » Kdelans (IHolomée, ii, p. il), eta appartient évidemment I» au radical (1).»

On va voir ce qu'il y a de fondé dans les observations du sav.'uil allemand. Pour l'instant, il en résulte que la terminaison ota \\i\ saurait être ({u'une exception. Humboldt a t»nhlié d'ajouter (|ue les exemples positifs en sont très rares. Aussi M. Bnudard dêlaissiM-il le système d'Astarloa. Dans cvini i\\\\\ propose, tan est l'affixe du cas positif (Darrigol) ipii rùpond ;\ peu près a Taccusatif classique (2). En effet, la l(»rminaison dont il s'ajiil est tan et itan. Mais d'abord, il o.sl ct)nlre la nainn* d(\s choses que les flexions de déclinaison passeni d'une laujïue dans une autre; constituant le génie local, elh\s sont, par le fail même, antipathiques aux idiomes «Mian^Ms. Kn stu^uid lieu, le lK\sque lui-même n'emprunte pas h»s dérivés à son cas piK^ilif, Son aflixe qualificative n'est |»a^ tan. uKùs bien ar el itar . zifjcnHi. Soûle, ziberuar, soulehn; mnhti. xwowUxiiwo: mnvUlar. montagnard. Comment lo^ UaMpies auraiei\l ils iv\sse aux Romains ce dont eoxnM^n^o^ w iaisaienl pond «l'us^ijre? J'ajoute qu'en Aquitaine, »Mi \\ \ a un Kiauil nombre de noms de provenance basque, \\ n en osl pas un >eul ipu linisse en lan. Je vi'\^\e, d'ailleurs, que l\ t(Mnun.u>on /,/)j nnph.ine loujiHirs à Torigine une ulèe ,1e personne. \c nom de hen ne s'obtient que par une

seconde dérivation qui ajoute a au pluriel tani, Aquit-ani, Aquil-ani-a.

Enfin, la provenance basque n'explique pas les terminaisons en tan que Ton trouve en Afrique, en Italie, en Grèce, en Syrie, et qui reconnaissent évidemment une autre source.

Donc, la terminaison ton n'est pas basque.

Celtique. — Tan, en irlandais, veut dire lieu; mais on ne voit pas que ce nom entre en composition, et César n'en offre pas un seul exemple, en dehors du nom des Aquitains, dans toute l'étendue des pays gaulois ou bretons. Quant au persan et au sanscrit sthan, il y a plus d'un motif de n'en tenir aucun compte.

Latin. — Le latin n'a pas, à vrai dire, de terminaison en tan; lorsqu'il emploie tanus, cette forme doit être décomposée en t de provenance étrangère, et anus, qui est la terminaison latine. Le t vient du radical dans Benevent-um, Beneventamis; ou bien il est emprunté à une affixe grecque ites ou êtes, comme dans Amphipolites, Amphipolit-anus, la forme latine se substituant à es, seconde portion de la terminaison grecque.

C'est une véritable illusion que de vouloir ramener à un système unique et inflexible l'origine de la terminaison ton ; il en est de ce point comme d'une foule d'autres problèmes historiques, où les synthèses hasardées finissent par céder à un examen plus attentif. De même que la population de l'Espagne est un mélange de races variées, de même des idiomes très différents les uns des autres s'y sont rencontrés et amalgamés; de même aussi, pour le point qui nous occupe, il y a multiplicité de sources et de dérivations. Il existe ce- * pendant une sorte d'unité de principe, en ce sens que la forme, qui appartenait primitivement à Tune de ces langues, à la plus répandue de toutes en Espagne, a entraîné le reste par voie d'imitation. A ce propos, je ferai observer que la loi philologique, qui exclut l'hybridité dans la composition des

éléments ordinaires du discours, cesse d'être applicable lorsqu'il s'agit de noms propres. En passant d'une langue dans une autre, les noms de peuples cl de lieux perdent leur caractère grammatical, et jamais en aucun temps, les hommes, en les adoptant, ne se sont fait faute de leur donner les terminaisons de leur propre idiome : les exemples seraient superflus.

La terminaison tan est originairement et ordinairement berbère; mais parfois elle peut se rapporter à d'autres langues. Je vais le démontrer, ^

Voici la proposition : étant donné un nom propre, quelles qu'en soient d'ailleurs la provenance et la signiflcation primitive, choses souvent inconnues, trouver par quels moyens ce nom a pris la terminaison lan.

Et voici la solution : cotte lermuiaison est la particule indiquant la collectivité dans celui des idiomes sur lequel se sont modelés les Romains qui nous ont transmis les noms espagnols, c'est-à-dire dans le berbère.

Berbère. — 11 n'écrit que les consonnes et les voyelles lorsqu'elles jouent le rôle de consonnes dans le radical; les autres voyelles ne sont que des sons complémentaires de la prononciation, sans aucune fixité, et permutant facilement entre eux : tout cela est commun aux autres langues orientales. De plus, le berbère soutient les consonnes initiales des substantifs au moyen des sons a, c, /, au singulier masculin, i au pluriel masculin, lesquels ne s'écrivent pas; la marque du féminin est / avant le mot, et souvent à la lin.

Dans les noms anciens, on trouve trace d'une forme d'adjectif en i terminal, laquelle a peut-être été empruntée au phénicien. Aujourd'hui, il n'y a plus d'adjectif : le nom d'uui heu est aussi celui de la personne cpii Thabite; au pluriel, il désigne la collection des habitants (1).

(l) J'ai rcmarqné la m^inc disposition dans Icshabilants de nos campagnes : étant donné un nom de lieu, par exemple Caehen, iU en nomment la population c lei CachenSt > sans se donner la peine de former un adjoctif; mais ils acceptent l'adjectif qui leur est donné par lo français.

Le pluriel n'emporte pas Tidée de diversité, mais celle de collectivité, et par suite, d'unité et d'abstraction. Le signe en est de plusieurs sortes. J'en négligerai plusieurs qui paraissent d'origine étrangère et relativement récente pour m'attacher à celle qui, beaucoup plus répandue, est la seule normale. On forme le pluriel en ajoutant à la fin du substantif la lettre n qui se prononce ariy in, mais plus souvent en, son adopté comme paradigme; mais par divers motifs, la terminaison se transforme souvent en ten, aouen. D'après cela, voici, dans la formation des pluriels, les sources des noms en ton que l'on doit rapporter au berbère.

1° Noms qui ajoutent au radical la terminaison en, an, in.

Ceux qui nous intéressent sont les termes dont le radical finît en / et d, ta, te, da, etc., ehakit, tente, ihaktan; amzad, cheveu, imzaden; ahalti, nègre, ihattan.

Espagne. — Toletani, Tolet-en, ceux de Tolet-um, Tolède.

2** Noms qui ajoutent au radical la terminaison ten. Afin de ramener cette forme ten à l'unité, les grammairiens considèrent comme euphonique l'emploi de la lettre l qui sépare la voyelle finale du radical d'avec la terminaison : azibara, sanglier, izibara-t-en; anaba, panthère, iniba-t-en; ini, couleur, ini't-en; akeroiia, agneau, ikeroua-t-en. En réalité, et quel qu'en soit le motif, la terminaison ici est ten.

Espagne : Jaccetani, Jacca-t-en, ceux de Jacca; Astigitani, Astigi't-en, ceux d'Astigi; Calagurritani, Calagurri-t-en, ceux de Calagurris.

On voit ici le s final des Latins disparaître dans la forme tanm; cela arrive non-seulement lorsque le s est étranger au radical, mais même lorsqu'il en fait partie, comme dans Gades, Gadis, Gadi-tanus. Il semble qu'une évolution pareille ait donné les formes parallèles de Carpes-ios, Carpelanus.

« Quand les Berbères, dît Ibn-Khaldoun, veulent convertir » en nom collectif un nom singulier, ils ajoutent à celuî-cî

» les lettres at; ainsi, de Uma, ils forment hmal. Les Arabes, » de leur côté, ayant voulu adapter ce dernier mot à leur » langue Font traité comme un singulier en ajoutant un » /i (1). » Ce ^', qui est en effet, Tafflxedu féminin singulier, en arabe, se prononce a, ah; dans le cas présent, Louatah.

M. de Slane critique la proposition d'Ibn-Khaldoun qu'il juge n'être pas exacte : « Ce sont, dit-il, les Arabes et non » les Berbères qui emploient les lettres at, pour former le » pluriel (2). » 11 y a ici un malentendu provenant de plusieurs causes.

Les Orientaux n'ont, ni dans la pensée, ni surtout dans Texpression, la précision et la clarté françaises. Ibn-Khaldoun était certain du principe qu'il énonçait, on n'en saurait douter, mais il l'exprimait imparfaitement; au lieu d'avancer que les Berbères ajoutent au radical les lettres a/, il aurait dû mettre : « la lettre t, laquelle étant ordinairement soutenue du son a, produit l'effet de at. » M. de Slane sait bien qu'il en est ainsi, puisque du singulier loua, il forme le pluriel « louaten, » Iloimten, en arabe louala (3). » Quant à la terminaison en, on voit qu'lbn-Khaldoun ne s'en occupe pas, parce qu'elle ne passait pas dans l'arabe.

En second lieu, la voyelle qui soutient le l n'a pas toujours le son a. Pour les noms de peuple, en Espagne, il y avait une raison d'adopter fréquemment le son i; c'est que c'était la terminaison de l'adjectif : j'entends de l'adjectif phénicien, si la forme n'était pas de leur langue; en ce cas, les pluriels rentraient dans la catégorie des noms terminés par une voyelle et suivis du l euphonique avant le w.

En résumé, le / est, en certains cas, la i^réfixe naturelle du n final, et les deux lettres réunies tn, ton, sont alors la marque du pluriel.

(1) Ibn-Khaldoun, Hist. des Berbères^ arlicle des LoaaUh.

(i; Note do M. de Slane, tradaction de VHitt. des B^b. t. i, p. S32.

(3) M. de Slane, appendice i VHùt. des Berb., t. iv, p. 576.

3** Noms terminés en oowen ;

Ici encore les grammairiens admettent l'euphonie et lui attribuent l'emploi de la diphthongue dou : imi, bouche, imaou-en; isek, corne, isk-aou-en; esinke, bouillie, esink-aou-en. Evidemment Teuphonie n'exigeait pas l'emploi de la diphtongue aou. Ce qu'il y a de certain, c'est que aouen, comme len, est une forme du pluriel berbère.

Cette forme a une transcription directe en latin, dans les pluriels en ones et aones, dont on a tiré les génitifs singuliers en onis et amis et par suite le nominatif en o et ao.

Mais l'entraînement de la règle commune, le besoin de symétrie qui se fait sentir aussi dans les langues a porté parfois les latins à substituer la terminaison en tan, les Grecs à écrire êtes.

Espagne. Radical Lerd; nom de ville, Ilerda; lier denses, Pline. Variante : radical lerg et lurg, d'où lurci, llergi; les Romains ont pris pour des noms de ville ces termes qui désignaient des peuples en Phénicien : he-lerg-im, les Lergiens, ceux de lerg ou lurg, pluriel berbère; f-lerg-aouen, ceux de lerg ou lurg; Pline, Iterg-aon-es; César, ilurg-avon-enses; Tite-Live, Ilerc-aon-enses et Ilerg-etes, qui est la forme grecque. Pline donne aussi Lurganonenses (lurg-avon-enses selon la leçon de Fulvius Ursin) (1). Enfin il y a lliturgis qui paraît ne point différer, comme nom, d'Ilurgis, et Iliturgitani.

Lus, radical; pluriel berbère Lus-aouen, ceux des lus; latin Lus-on-es et Lus-itan-i.

Eusk, radical; pluriel berbère, Eusk-aouen; latin Vasc-ones, et VesC'itani. Dans Pline, Vesci est une ville où je vois la forme phénicienne ouesk-im, ceux d'Eusk, d'Osca.

Grec et latin. — La terminaison êtes, ites employée par les Grecs, pour transformer en adjectif les noms de villes et de

(1) Ensis caractérise les habiUDls d'une ville, et par extension ceux d'un pays : enst étant, résidant; cette terminaison éloigne toute idée ethnographique.

contrées, devenait, en latin, itan-tis : Amphipolites, Amphipolitan-us; Tripolites, Tripol-itan-m. .

Ces deux formes grecque et latine se substituaient régulièrement à la terminaison cananéenne /, qui avait exactement la même portée : leroiisclialeni, Jérusalem, Ierouschalni4, habitant de Jérusalem, Hierosolymi-tes, Hiei^osolym-itarirus.

Espagne : Icosar-en des médailles, lcos4lan4, qui peut venir d'une forme grecque Icosiles.

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