‹ L'Arabie antéislamiqueChapitre 2 sur 3 · IS · texte numérisé non relu

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aida aussi Bahrâmgôr dans la guerre victorieuse contre les Byzantins ; mais une terreur panique saisit tout à coup les soldats de Mundhir qui, se croyant enveloppés, se précipitèrent dans le fleuve, et la plupart périrent noyés dans les eaux de l'Euphrate ; ceci eut lieu en 421 .

Les rois de Hira prennent part désormais aux guerres entre les Sassanides et les Byzantins; Nu'màn II,petit-Hls de Mundhir, blessé à la bataille de Khabûr près de Circésium meurt peu après, en 5o3. Le plus illustre parmi les rois de Hira est sans doute Mundhir III, qui mourut en 554, après avoir régné environ 5o ans. Procope lui-même l'appelle très intelligent et grand capitaine. A partir du règne de Justin (5i8], la paix était rompue entre les Sassanides et les Byzantins, et Mundhir prit une part active à la guerre. Il avait fait prisonnier deux généraux grecs, et Justin ne dédaigna pas d'envoyer une ambassade auprès du petit roi de Hira, pour obtenir, sans dout-e, que les deux généraux fussent mis en liberté. En même

temps que celle de Justin, Mundhir recevait Tambassade da roi du Yémen. Dans la guerre de Cobad, il joue un des premiers rôles ; il fait des incursions sur le territoire grec, et il sait toujours échapper à la poursuite des Byzantins.

A cette époque, sur la frontière byzantine, un autre état arabe était devenu assez puissant pour rivaliser avec le royaume de Hira et pour être mis à profit par les Byzantins contre les Sassanides et leurs vassaux, les Lakhmites; c'est le royaume de Ghassan. L'histoire de la première période de ce royaume, commede celui de Hira, est remplacée par la légende; les Ghassanides, venant de l'Arabie méridionale, se fixèrent dans le pays de Bosra, qu'ils trouvèrent habité par d'autres tribus arabes auxquelles ils restèrent soumis pendant un certain temps. Vers le milieu du iv* siècle Th'alaba b. 'Amr reçut des Byzantins l'investiture du pays qui devait former plus tard le royaume de Ghassan; le pouvoir passa ensuite aux princes delà famille de Djafna. Quoiqu'il en

soit, c'est à partir de la seconde moitié du ive siècle que les Ghassanides commencent à figurer dans l'histoire comme alliés de Byzance. En SyS, après la mort du roi, îlàrith II probablement, sa veuve Màriya ou Màwiya prit les rênes du gouvernement.

Selon la tradition, cette princesse 'guerrière partout victorieuse, força les Byzantins à demander l-a paix ; elle y consentit à condition qu'on donnerait à son pays un évéque en la personne d'un saint homme appelé Moïse. Celte légende hagiographique nous montre le progrès du Christianisme chez les Arabes de ce pays ; on voit comment leurs esprits se détournaient petit à petit de leur idolâtrie pour embrasser une religion supérieure.

Unsurnom curieux, celni de «Muharriq», est porté par quelques rois de Hira et de Ghassan, et notamment par Djafna II ; on prend ce nom dans le sens que le mot a en arabe, c'est-à-dire « celui qui brûle au grand feu 0, et l'on raconte des histoires qui Justifieraient ce surnom à l'égard de l'un ou de

l'autre des rois auxquels il est donné; mais ce sont des récits dont l'origine est due au mot et àsa signification dans la langue ; de même, du nom de « Mu'allaqàt » donné aux sept poèmes bien connus, est née la légende qu'ils étaient suspendus à la Ka'ba. L'absence de l'article porte à voir dans Muharriq un nom propre, probablement celui d'une divinité ou d'un héros mythique. Au cours du vi* siècle, le royaume de [Ghassan obtient sa plus grande importance, [coïncidant avec la puissance acquise par le royaume de Hira ; une collision entre les deux états devenait désormais inévitable. Vassaux de deux états ennemis, l'un de la Perse et l'autre de Byzance, ils devaient for- .cément se haïr malgré quelques' périodes fd'une paix passagèreet apparente. Djabala III ou Hàrith al-Akbar eut à soutenir des luttes contre Mundhir III et fut vaincu; sa femme était cette Marie qui possédait les deux fameux pendants d'oreille, formés de deux perles dont chacune avait la grosseur d'tfn œuf de pigeon. iMai's le plus grand roi de

Ghassan et l'ennemi le plus acharné de Hira fut Hârith V, le fils de Hârith al-'Akbar et de Marie. Justinien le créa patricien « batrîq », ce qui le plaçait au plus haut rang, et les contemporains lui donnent le tiire de roi, ^ajtXôj;, qu'on donnait du reste aussi aux princes vassaux. Justinien remit entre ses mains le commandement de tous les Arabes voisins de la frontière romaine, contrebalançant ainsi l'influence des rois de Hira, vassaux des Persans.

Hârith V et Mundhir III sont les deux figures qui dominent l'histoire des Arabes au VI' siècle; Mundhir l'emporta souvent sur son adversaire et notamment en 544, dans une bataille où il fit prisonnier le fils de Hârith qu'il sacrifia à la déesse al-'Uzzâ; tellement Mundhir était encore barbare ! Mais dix ans après, il dut succomber. La tradition arabe connaît trois grandes batailles au cours de cette guerre, celles de 'Ayn Ubâgh, de Hiyâr et de Halîma; mais la première n'eut lieu que bien plus tard, et Mundhir mourut (juin 554) non à 'Ayn 'Ubâgh

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