‹ L'Arabie contemporaineChapitre 22 sur 32 · LES SE19TIMENTS DES PELERINS · texte numérisé non relu

LES SE19TIMENTS DES PELERINS

Lorsque le voyage a lieu par mer, les pèlerins dit M. Tamisier, contemplent à un mille de distance le terri'toire sacré^ but de leur longue et dangereuse pérégrination. Plusieurs ne peuvent détourner leurs regards de cette terre qu'ils ont appelée de leurs Vœux les plus ardents, et leurs yeux se baignent de larmes *.

L'émotion est encore plus vive en approchant des villes saintes. La caravane dont Burlon faisait partie était sortie d'Iambo. Tout d'un coup, après une marche pénible, Médine apparaît à leurs yeux , Médine où a été élevé le troisième temple de Tislam (les premiers étant ceux de la Mecque et de Jérusalem), Médine où est le tombeau du prophète, Médine qui, pour les pèlerins de Toccident, est peut-être plus vénérée encore que la Mecque ! A la vue de la cité sainte^ et commeobéissant à un commandement, les

i. Voyage en Arabie, t. I, p. 62.

pèlerins, quoique affamés et harassés, mettent spontanément pied à terre et poussent de pieuses exclamations , presque toutes en Tbonneur de Mahomet. « Dieu, voici le sanctuaire du prophète; fais que ce saint lieu soit pour nous une protection contre les flammes de Tenfer ! — Dieu, comble le dernier des prophètes de bénédictions aussi nombreuses que les étoiles du ciel> que les vagues de la mer, que les grains de sables du désert ! — Bénis Mahomet, ô Dieu de puissance et de majesté , aussi longtemps quelechamp couvertde blé, ou le palmier chargé de dattes, continueront à nourrir les hommes ! — Vis à jamais, ô le plus excellent des prophètes; vis dans l'ombre du bonheur durant les heures de la nuit et les instants du jour, tandis que Toiseau du tamarisque * gémit comme la mère privée de son enfant, tandis que le vent d'occident souffle doucement sur les collines du Nedj, tandis que l'éclair brillant sillonne le firmament du Hedjaz ! » En entendant ces poétiques exclamations que trouve l'Arabe quand il est sous l'empire d'un sentiment ou d'une passion, le jeune officier de l'armée des Indes déclare qu'il s'est lui-même laissé entraîner à l'émotion générale.

Si Ton se rappelle ce que nous avons dit des dangers et des avanies auxquels les Persans sont exposés , on reconnaîtra que leur présence seule témoigne de la sincérité de leur foi. Là où ils se montrent le plus passionnés et tou-

i . La colombe.

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