INFLUENCE DU PELERINAGE
religieux y apportent-ils aux populations autre chose que le spectacle de contorsions souvent indécentes? On le croit généralement. Quanta nous, déclarons nettement que nous ne sommes pas en mesure de Taffirmer ou de le contredire. Le seul fait qui soit parvenu à notre connaissance est qu'une cour d'Asie a été informée mystérieusement de la dernière révolution des Indes avant l'explosion et sollicitée de s'y associer : or, on sait que cette insurrection a commencé par les musulmans. Il y a aussi des personnes qui pensent que le signal des derniers mouvements de l'Algérie est parti de la Mecque ' .
L'auteur du travail que nous venons de citer attribue la direction morale qui viendrait de la Mecque à une catégorie de personnages qu'on pourrait appeler n les émigrés de la religion. » Selon lui, l'aristocratie de la Mecque comprendrait, outre la famille du grand-chérif, issue de Mahomet, un grand nombre de pèlerins venus de tous les pays et qui y sont restés par esprit d'attachement au lieu saint, enfin un certain nombre de personnes du monde politique, dégoûtées de leurs gouvernements et qui se sont établies là pour être libres. Cette troisième catégorie, quoique la moins nombreuse, est à la tète du parti et guide les autres. Il est assez curieux de trouvera la Mecque le Coblentz de l'islamisme. Le fait ne nous parait pas improbable et il ne manquerait pas de gravité.
{ . Entre autres, M. Barthélémy Saint-Hilaire. Voir Mahomet et leCorany p. 2J5.
Abbas pacha, yice-roi d'ÉgypIe, se trouvait à la ilecqné au moment de «m ayénemeut. D aélé considéré comme on agent de la propagande ^ Noos avons parié ailleurs de ses relations compromettantes avec le grand-chérif Ibn-Aoun.
Quant aux ressources qui serviraient à entretenir la propagande ou à susciter des agitations, on est aussi réduit aux conjectures. Assurément il y a des ressources à la Mecque, puisque, sur certains points de la côte d* Afrique, notamment à Zeîlah, des écoles musulmanes sont entretenues par des allocations venant de la ville sainte. Des legs ont lieu souvent. L*auteur que nous venons de citer parle d'un Persan qui aurait laissé par testament un demi-million de francs, dont une moitié pour le trésor de la Mecque, le reste pour des édifices religieux. C'est avec cet argent qu'il a été cojistruit une grande mosquée à Aden.
i. Le voyage de M. Palgrave contient des indications fort intéressantes sur les relations de TÉgypte avec le Djebel- Shammar et le grand«chérifat de la Mecque.
YII