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LES CONDITIONS SANITAIRES DU PÈLERINAGE

Il reste à étudier les circonstances qui développent la mortalité parmi les pèlerins et les conditions d'insalubrité que les caravanes rencontrent, soit dans le trajet, soit durant le séjour du Hedjaz.

On peut dire qu'aucun pèlerin ne fait le voyage sans apporter un trouble violent dans ses habitudes. Le changement de nourriture est brusque^ les aliments presque toujours mauvais, souvent en quantité insuffisante. Si le voyage a lieu pendant la chaleur, le» pèlerins dévarés de soif, consomment beaucoup de fruits, de melons d'eau, de concombres, dont la qualité et la maturité laissent à désirer. Ordinairement privés d'eau pendant la marche, les voyageurs en trouvent aux stations; mais ils ne l'obti^nent au premier moment, sur beaucoup de points, qu'en donnant de l'argent aux gardiens. Quand la source n'est pas gardée, elle devient bientôt trouble et sale, de sorte que les uns boivent trop tandis que les autres ne peuvent se désaltérer suffisamment. D'ailleurs l'eau n'esi

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pas toujours de bonne qualité. La suspension des ablutions produit des affections cutanées.

Le changement de climat doit aussi occasionner beaucoup de maladies. Les pèlerins viennent, nous Tayons vu, de tous les coins du monde. Ils parcourent successivement, quelquefois sans transition, des contrées hautes et basses, sèches et humides , chaudes et froides. Il est impossible de fixer l'influence de la saison, car chaque année Tépoque du pèlerinage varie. Le calendrier des musulmans étant lunaire, il arrive que dans un intervalle de trente-trois ans le Courban-Beïram qu'ils vont célébrer à la Mecque, a passé par toutes les saisons de Tannée \ L'extrême froid et Textréme chaud sont également défavorables à la santé des pèlerins.

Lorsque ce voyage a lieu par mer, ce n'est pas dans des conditions favorables, surtout à cause de l'encombrement. M. Tamisier, qui s'embarqua à Suez au mois de décembre 1833, raconte ce qui suit : « En approchant, nous entendîmes un bourdonnement confus, et lorsque nous eûmes accosté le navire, j'aperçus, en mettant le nez au-dessus du bastingage, un guêpier de pèlerins, hommes, femmes et enfants, serrés les uns contre les autres comme des harengs dans un tonneau. » Sur le bâtiment qui transporta l'Anglais Burton de Suez à Djeddah, l'encombrement était tel qu'il en résulta des rixes sanglantes. En général dans

i . Voir le travail de M. de Ségur-Dupeyron , dans la Revue des DevX'Mondes du 15 avril 1865.

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