Voir plus bas le chapitre sur les fiaolaiis
TÂrabie. Ne refusons pas un regret à cette grandeur qui agonise à quelques journées du sol bouleversé, où, sur les ruines de Mareb, le savant cherche, à travers quelques inscriptions à demi«effacées, les traces de la reine deSaba et de Tancienne splendeur des Himyarites.
L'heureux Ali-Homeïda continua à régner assez paisiblement dans la montagne Badjel, en s'engageant à payer un tribut. Il mourut en 1834 et son fils lui succéda.
Tels sont les faits qui ont suivi immédiatement la retraite de Tarmée égyptienne et la prise de possession du Yémen par les Turcs. Leur autorité est Irès-faible dans ce pays où ils sont presque toujours en guerre avec les cbérifs d'Âbou-Ariscb ou bien avec les chefs indépendants de TAcyr. Nous allons raconter ce que nous avons appris de ces luttes.
Dès Tannée 1843, le chef de TAcyr s'était emparé de deux districts nommés Gbamid et Zahran, qui faisaient partie du Hedjaz. Il prit et rasa la forteresse de Bicha *. Il menaçait d'envahir la vallée de Tarabah, mais il fut arrêté dans sa marche par une simple lettre dlbn-Aoun, le grand-chérif de la Mecque. En 1850, les Acyres s'étendaient encore du côté du Hedjaz. Les possessions turques étaient également menacées par les chérifs d'Abou-Arisch. En 1850 ou 1851, cette principauté était possédée par Théritier légitime, fils du vieil Hussein et nommé Hassan-
1 . Il est fait mention longuement de celte localité dans le Voyage en Arabie de Tami^ier,qui y a passé plusieurs jours en 1834.
■ LE YÉMKN ET L'ACYR. H3
ibn-Hussein. Ayant recruté environ 6,000 hommes dans Tune des tribus ipdépendantes de la Montagne, il se pré* senta devant Loheïa, qui était occupée par 400 hommes de garnison turque. Il se rendit maître des puits et força ainsi la population à se réfugier dans Ttle Gaméran. Une tentative d'escalade ayant échoué, Hassan s'apprêtait à battre en retraite, lorsque 700 hommes du nizam, partis d'Hodeïdah avec de la cavalerie et de Tarlillerie, apparurent. Une sortie de la garnison rejeta les assiégeants sur les nouveaux venus. Pris entre deux feux, les Arabes se défendirent vaillamment : ils se précipitaient sur les canons pour les enleyer. Mais rompus par la mitraille, ils durent fuir, laissant 700 cadavres, de Targent^ du bétail, des bagages. Hassan se réfugia chez le prince de TAcyr. On n'a pas appris que les Turcs l'aient poursuivi et aient alors attaqué Abou-Arisch.
Pendant la dernière guerre du Hedjaz, le grand-chérif de la Mecque, Moutaleb, réussi t^à persuader aux ignorants Acyres que la France, après la prise de Sébastopol, viendrait conquérir l'Arabie. Le bruit courut à Djeddah que le prince Aïd-ibn-Moury allait se joindre aux forces de Moutaleb et se jeter sur le Yémen. Cette dernière prévision se réalisa et voici dans quelles circonstances.
Abou-Arisch était, nous l'avons vu, gouverné par le fils du vieil Hussein, nommé Hassan-ibn-Hussein. Ce chérif eut des démêlés avec Mahmoud-Pacha, gouverneur du Yémen, qui le remplaça par un autre chérif nommé Hayder. Alors Hassan-ibn-Hussein* se •retira dans l'Acyr
et obtint d*Aïd la promesse de se mettre en campagne contre les Turcs pour le rétablir. Le chef de rAcyi* partit donc au commencement de Tannée 18S6 et marcha d'abord contre Abou-Arisch. Hayder n'osa Ty attendre et prit la fuite. Aîd se dirigea vers le nord-ouest et attaqua le petit port de Djizan dont la garnison turque se défendit arec \é plus grand courage et ne se rendit que lorsqu'elle n'eut plus ni vivres ni poudres. Après s'être assuré dôs positions d'Abou-Arisch et de Djizan, Aïd se mit en marche sur Hodeïdah avec des forces considérables, annonçant l'intention de chasser les Turcs du Yémén. La frégate anglaise Queen et la corvette Elphinstoné se trouvaient en rade. Toute la partie orientale d'Hodeïdah fut, dit*on, brûlée par ordre du pacha pour faciliter la défense, et les habitants s'étant retirés sur une petite lie, la garnison^ maîtresse de la ville, aurait pillé les maisons*. Mais le choléra ayant éclaté dans sa troupe, le vieux prince dut rebrousser chemin, laissant des garnisons à Abou-Ari«ch et à Djizan*.
Aïd-ibn-Moury succomba bientôt, après avoir gouverné son peuple avec fermeté et sagesse pendant plus de vingt ans. Depuis le commencement du siècle, Tordre héréditaire n'avait pas été observé. Mais cette fois, le flte d'Aïd> nommé Mohammed-ibn-Aïd-Moury, lui succéda. C'était en mars 18S6. Il était âgé de dix-huit ans. Le grand-
!. Moniteur du 20 février 1857.