partie de la journée. Vers trois heures après midi
Hafza revint. Deux nègres marchaient devant elle
^ portant des bonbons et des pâtisseries qui lui avaient
été doDDés par les femmes du harem. Je l'attendais avec impatience. Je la fis monter avec moi dans son appartement.
— Eh bien? lui demandai-je.
— Eh bien ! j*ai causé avec les femmes.
— Quelle est celle que l'on me destine T
— Alima.
— Tu en es sûre?
— Le chérif s'est prononcé, et lui-même compte f en parler très-incessamment, peut-être ce soir, peutêtre demain. Cest un grand malheur pour toi.
— En quoi le malheur est-il si grand?
— Alima a tous les défauts d'un enfant gâté. Elle est volontaire, capricieuse, dépensière. Le chérif a toujours fait ses volontés ; tu seras obligé de faire comme le chérif.
— Voyons, n'y aurait-il pas moyen de rompre cette affaire?
— Ce sera difficile. Alima paraît amoureuse de toi.
— Où m*a-t-elle vu? fl me semble impossible qu'elle Tait pu.
t49 ^ LAiRM^BIB BEURiEUSC.
— ^Qh l! les femnifis trouraub toujours moyea de voir,, et surt4Mit ]£3 fenusies arabes.
— Eh bien, soit! dis-je en m'avançant vers la* porte:»
— De la prudence I
— • Sois tranquille.
Je sortis, mûïk imliefitioa âlait â*aller consulter le fils du chérif Âbou-Taleb, mon ami Âbd*el^£l6k. La forteresse de son père, que l'on venait ée construire depuis un an où deux tout aa plus, était à. un. quart dâ^Lieueiàpeioâ. le montai à cb^^al avec Sélîia„ et nous partîmes au galop.
Lorsque j'arrivai chez lui, il étaii avee'son O0usin, le fils ducchérif HusâeïD, et avec aotire ami commun Yacbya.. Mon arrivée coupa court k la couversatioa. & w fésxAia que j^ fus à. peu pires, sûr que l'on parlais de moi. Abd'el-Mélek et ses hôtes ne m'en reçurent pas mgms Mon ; même les^ deux jeunes g^s mafirent plus d'amitiés que jamais.
leapolitesses osnimenûèraQl. Qn prille^afâ, l'on apporta, des tapia et (ks. pipes;: car, si l'on ne fumait pas chez le chérif, on s'en dédommageait fort (Abl
L*AJLiuUI IIEIEKIISB. IM
son iie?eii. Le jeune Hnssm sortit lejnenier. Iteliya ▼onlot le snifie. Je le retins.
— Sfisfie^ loi dîH^; je Tiens pour affûse grave, et tes conseils ne sont pas de trop.
- AJois, m*adfesrait à Abd'el-llélek :
— Seignenr, tu sais d^à pourquoi je neni; j^ n*ai donc pas besoin de te le dire»
Il fit un si^ae da tfite.
~ Un jour, te éiaie^înfwit ei embummi ; Ui miA coDfiance en moi, et tu vins me trouver, le «ui* in*' quiet et embarrassé, et ja vîeoeto trouver Lmoii tour*
---* JesftispomquoitnneiiftJeraiettpMr mamèreet pertEitft cousin, et^lorsqiw tu es Mtié,noii»piflîMi»» Ibuseni,. Yadija et mî» de Ion proebAin m^riagenvee ma cousine Alima.
— C'est justement œpacbew niacta«e qui VÊtlÊH- VùHe.
— Ah! fit le jeooe bonuoe, et poufqfm^
— Si tu étais à ma place, prendrals-iu Alima pour feauBO?
Abd'el-Mâek resta un instant pensif.
— Non, dit-il.
— Tu vois !
— Je désire que tu sois de ma famille, car je faime comme un frère; mais...
— Mais tu ne voudrais pas me voir épouser Alima? Le jeune homme secoua la tête.
— Comment faire pour ne pas l'épouser?
— La refuser de son père très-franchement. Je connais mon oncle ; la franchise est ce qu*il y a de mieux avec lui.
— Et il ne se formalisera pas?
— Tu es musulman de religion, mais tu es Franc de naissance. Les Francs ont la parole dorée; tu trou-, veras bien moyen de faire valoir tes raisons sans qu'elles aient rien de blessant.
En ce moment Tachya intervint.
— - Mais, dit-il, la jeune fille ne se rendra pas aussi facilement que son père, et gare les intrigues et le poison.
Le jeune homme fit un mouvement de lèvres qui voulait dire :
— n y a beaucoup de vrai là-dedans. ^
Le mouvement de lèvres voulait si bien dire ce^a, qu*il ajouta sans transition, et comme complément ide sa pensée:
— Il faudra prendre des précautions.
— Lesquelles ?
— Une fois que ton refus sera connu d'Alima, ijie plus accepter chez mon oncle ni café ni p&tisserie.
Le conseil n*était pas ambigu, comme on voit. Le résultat de la conférence fut qu'il fallait être franc avec le chérif, mais attendre qu'il en parlât. Quand à Abd'el-Hélek et à Yacbya, je pouvais compter sur leur concours et leur surveillance. Je sortis, les laissant ensemble.
Sélim avait éventé quelque chose de tout cela. En revenant, je m'aperçus qu'il eût été assez aise d'entamer une conversation avec moi. Quelques mots furent échangés entre nous, mais je jugeai imitile pour le moment d'entrer dans aucun détail. Ce que je crus voir, c'est que, dans l'occasion, je pouvais aussi conlpter sur Sélim.
SOS l'ARABIIC «EUllBVg&
J'avais donc quatre aHiés sincères et fiaèles : Abd* el*- Mélek, Yadiya, Hafea et Sélim.
An moment où je rentrais, le chérit me faisait appeler. Je crus que le moment de rexpHcatioii était venu, et je partis, résolu à rafifrontea* franchement. Je me trompais. Ce qui nécessitait ma présence, c'était l'arrivée de quarante païens se rendant à Abou- Arich dans le but if embrasser l'islamisme. Us étaient de tous les ilges, depuis huit jusqu'à quarante ans. Tout cela parlait une langue qui nous était à peu près inconnue. Leur costume était celui de saint Jean au désert. Quant à leur pays, ils ne donnaient pas dPautrès renseignements sur lui que de nous dire qu'B était à trente ou trente-cinq journées au levant d'Abou- Arich, ce qui supposait, dans un pays o* la joaniée est de six heures, une distaïK^e de 250 lieues à peu près.
Le chérif, qui m'attribuait beaucoup plus de con^ naissances que je n'en avais, m'avait fait venir, espérant que je comprwidrais quelque chose à leur dialecte et que je parviendrais à connaître les motifs de leur
L'iàilfAiBlIE HErtniKuaE. fiOS
GODTecsio&. Je deBce&dîs au ndlien d'eux, flsétaîeiit entourés par toule ib pcKpidation, Ils étaieiit nus, à rexception d'une petile fiouta «eialée aiKtoor des reins. •Us avaient tous un bracel^ au lunas gaucbe; ils avaient de longs cheveux noirs, qui tombaient sur leurs épaules, de beaux jeux, des dents ^magnifiques, des figures caractérisées chez .les vieux, pkânes de grâce et de fierté chez les jeunes. Leurs armes étalât la sagaie abyssine et lé casse-téte africain, plus un petit couteau droit et trës-pointu, non pas aigmsé à la meule, mais battu à froid au marteau comme on bat les JEaux. Les uns portaient ces couteaux au bras^ gauche, les autres au mollet du même côté. A l'une ou l'autre place, ils reposaient dans une gaine en cuir.
On ignorait encore ce qu'ils venaioQt faire.
Je desc^dis au milieu d'eux, comme je l'ai dit, par ordre du chérif et commençai une conversation par gestes, la langue qu'ils me parlaient m'étant aussi inconnue qu'au reste de la population.
Après deux heures de travail, je parvins à com-
prendre qu'ils étaient païens et adoraient le feu et les astres ; qu'à la suite d'une guerre avec leurs voisins, leur tribu avait été détruite, à l'exception des quarante hommes que j'avais sous les yeux, et enfin qu'ils venaient pour adopter la religion musulmane. Tous les cadis, leis muphtis, les ulémas, les savants du pays passèrent après moi et ne purent en tirer autre chose. Cela s'accordait au reste avec les notions géographiques du chérif : il savait que, bien loin & l'est de son pays, il y. avait des peuplades adorant le feu.
Ce que j'avais compris surtout, c'est que ces malheureux mouraient de faim. Aussi dis-je au chérif que ce qu'il y avait de plus urgent ponr le moment, «'était de leur donner à manger. Le chérif ordonna que l'on fit amener une dizaine de moutons et qu'on les leur donnât, en leur faisant comprendre que c'était pour eux. Ils le^ égorgèrent à l'instant même, et & la manière des juifs et des musulmans, c'est-à-dire en leur tranchant le larynx et la carotide en trois coups. Mais ils étaient si affamés que beaucoup n'attendirent pas que la viande fût cuite pour en manger. Un des
L*A1A1IS HBUISIISS. SOS
montons fut dépecé à rinslant mtaie, el pinsieiirB te jetèrent snr les lambeaux sanglants qu'ils mangèrent tout cras. Les antres firent griller la YÎande sur le fen avec une broche en bois. On lenr donna en. outre du riz, du beurre et du millet, dont ils firent plus tard des pâtes en y joignant des dattes. Os reçurNit aussi dix ou douze cases en manière de logement*
Le soir, ils firent lenr prière en commun, adorant les astres. J'avais été couTaineu, an reste, qu'ils étaient Guëbres ea les voyant allumer leur feu, ce qu^ils avaient tait avec une multitude de gestes mystérieux.
Le chérif était inquiet de cette irruption de païens* Ce pouvait être une conspiration. Il assembla le conseil le soir. On avait adjoint au conseil tous les vieillards et tous les hommes un peu remarquables par leur intelligence.
Pendant ce temps, toute la population, intriguée, discutait devant chaque maison, les uns prétendant que j'avais dit la vérité et que c'étaient tout simplement des malheureux chassés de leur pays, les autres
S06 l'ârâbis hevreose.
prètendsDlt ^e ^Itaiettl 4es espto&s qiii fSed^ient sembla»! de ne pas sayoîr la tan^e. D'antres enfin soulenaient ^e (fêtaient des WataabjleS; parce quHs avaient les «beveuK longs, tandis qne les antres Arabes $e rs^ent la tête.
An «onseil, on les fit ^entrer.
Ils examinërenft en entrant l'endroit de la ssAte qni lenr paraissait libre, et, avisant un coin où il n^ avait personne, sans saluer, sans essayer de prononcer une parole, ils allèrent s'y ranger en s^accroupitssant sur leurs talons, mais sans s'asseoir.
Le chérif leur fit ^porter quarante chemises de toile bleue, leur état de nudité complète choquant sa susceptibilité. Us acceptèrent ce vêtement avec une répugnance visible, mais ils refusèrent de le mettre. Le chérif regarda ce refus comme une preuve de mépris, et il commençait à se fâcher tout rouge, lorsque j'intervins et lui fis comprendre que c'était au contraire lui qui, en exigeant qu'ils se vêtissent, choquait probablement leurs idées sociales ou religieuses. Cette explication calma le chérif.
l'aaabir heuejcusc. an
Noos, itmes la prière.
Cette cérémaoie ne produisit sor Los noweaux yenu&aocuDe espôca d'effet. Cela nous canfirniAiBeuJbment dans la croyance qu'ite deyaient ôtce complète** ment étcan^râ^ à l'islâjBiiâmfi. Ce qui paraissait les préoccuper^ c^éfaient TauiaablemeBÏ des cbambrea, les costumes àa eaux qui Tbabitaûint^ les armes que nous portions^ tes. armures qfuiélaîeot suspendues. & la muraille^
Après la prière^commeouiât qu'il étaiitiinpoi»&iUe de mxk tûex d'eux, qxl tes rieuFosai à Veois&piiQïid'Am seul.
Celui ({u'oa avo^ retenu était uû jeune bomme qui paraissait avoir dix-huit aos>. Il était beau^ semUAii intelUlgiejByt, £it Ton espérait pouvoir tver derluiee que Fou B'espécait plus tirer des ajjti^s. Mais, àl toutas leii^ iu1arrQgBA)nS|,U répondit pair sigpes qu'U u'entettiaît pas.
On rés(dot alors des> lœ iuitîef , non pas am dogmes» pttisq|a.*0A ne pouiuuiL pas leur fm»^ eomr pixaidre. k langue,, mais aux pratiques de rislanôsfltcu
Ne pouvant rien tirer du jeune homme, le chérif le fit reconduire près de ses compagnons, qui tous se . rangèrent autour de lui et écoutèrent le récit de ce qui s'était passé en ]eut absence.
Le lendemain, au lever du jour, les étrangers firent une prière analogue à celle de la veille. On avait en outre remarqué que, dans la case du plus ancien, qui avait une longue barbe blanche et qui paraissait leur prêtre, une lampe avait brûlé toute la nuit.
Pendant plusieurs jours on les traita avec la même hospitalité. Seulement, la populace se pressait autour de leurs huttes et parfois les enfants les appelaient Djhehael, mot dont les Turcs ont fait Giaour^ et qui veut dire adorateur des idoles.
Le môme jour on remarqua que deux des étrangers se détachaient de la troupe et se dirigeaient vers Test. On fit à rinstant même un rapport au chérif. Le chérif les fit suivre par des hommes montés sur des dromadaires. Le lendemain, dans la nuit, les hommes revinrent. Les deux étrangers s'étaient arrêtés à une journée de là, et avaient tiré, d'une grotte des mon-
tagnes nommées Haden-el-Âfnt, la Mine-du-Diable^ une cinquantaiDe de femmes et d'enfants de tous les âges. Ces malheureux attendaient là pour savoir comment seraient reçus à Abou-Arich leurs fils et leurs
Il n'y avait plus de doute pour le chérif, c'était une émigration qui venait se jeter dans ses bras, et, comme le chérif Hussein avait la grandeur de la superstition, il résolut de les traiter de son mieux et de ne s'arrêter à aucun sacrifice. Du moment où les étrangers émigraient, ils venaient de la part de Dieu. Seulement les femmes n'étaient guère plus vêtues que les hommes : c'était un grave inconvénient pour leur admission dans la ville. ^
En conséquence, on envoya au-devant d'elles des femmes et des jeunes filles arabes avec toutes sortes de vêtements. Cette mesure avait été prise en petit comité entre le chérif, son frère Abou-Taleb, Yachya et moi. Pour que les femmes étrangères ne s'effrayassent pas, on avait adjoint aux femmes arabes plusieurs des païens, qui devaient leurafiinner qu'on*
240 L*4&i»RlE HJEUABUSS;
n'avaU. fQxa euii. que de tràs^bonnas intealiaae..
Le IfiudemaîA an aoQoacaqjaeles.fammèiïpaïeaQfis. apprMhaii^t Isxhérii avait fait iAvitefl tous. les ia-fidèles h. sd vêtir de. leurs cbemîses etlous avait eiir*voyé en môme temps des écharpes rouges ; puie. il^ avait mifren réqui^Uion des chevaux qu!il avait fait haroacber.. Mai;;, là se présenta uajQ^uvel embarras. Sans doute ils étaient médiocres cavaJÂers, car on ne put jamais les décider à monter h cheval. La saule^ chosaàJaquelle ils cansenti;;eat, ce fut diendosser le vétem^eAt bibliquo qu'on, venait de leur donner.
A leur intention» le. chérif . av^t Ukt démûaageç tout un camp d*infanterie formant un douar au de^ hors de la ville. Ce déménagement laissait vidas une eenlaina de huUes dans lesquelles on avait brûlé d'abord de la fiente de vache pour en foire dispacallre les. insectes, puis de Ueacens^ poui; les porfamas et. surtout em chasser* les mauvais esprits. Ges huttes étaient donc en. élat de recevoir leurs^nouiKeaqxJMtes.
l^. chérif, touta sa fsmlUo^ toujtes.ses ti^upes.pri^ swtesàiAJ^ou-Arieh étaient sur piadt Dteiiète eui»
toote I» popiilaiion. CMte eoUte d'une oantaiaQ 4a laififrahk» fsâm& Mait devemia nm fAte. Loi fommas lew poriai^t des fniUs, da lait, du mte à lenjr leocoetre jusqu'à une denû-Uflie de la Titte. Malgré le nombre considérable des assistants, -" il y avait peu^étre vingt mille individuSt '^ teul se passa avec beaucoup de caUne ei presque en silence, Ja cérémonie avait avant tout le caractère religieux.
On rentra dans la ville, musique en tâte, bannières déployées, chaque cavalier faisant la fantasia devant le cbérit
Les. jfemmes avaient endossé les vêtements qu'on leur avait envoyés ;nnais on n'arait pu obtenir deUes qu^dles se couvrissent le visag»« Quant k JWi, l'^fl^t que me produisit la tribu fut celui que m'eût fait en France ou ea Espagne une bwde de B^li^mlens on de D|ÛQ^ilîs. Mon epinion, eftcore a^jourd'toi, est. qu'ils appartenaient è. des tribns indieni^es^ corres^mr dant à cdles de nos Gitanos d'Europe.
En entrant à Abou-Aricb, les isMH^ parvint la tète de la colonne, traversto^ la viUe au;;; cris de
réjouissance de toutes les femmes, et se rendirent à leur camp, situé à la porte de Djézan, c'est-à-dire à Touést, dans Tintervalle qui séparait la citadelle du chérif de la ville. Toute la tribu prit immédiatement domicile.
Il ne s'agissait plus que de les convertir. Cette conversion fut surtout Taffaire des femmes et des bons traitements dont le chérif Hussein et sa famille les entourèrent. Le miracle ne fut pas long à opérer. D'abord les enfants, mâles et femelles, baragouinèrent promptement et facilement Tarabe ; ensuite, la simplicité des pratiques religieuses opéra son effet. De sorte qu'un beau jour, les principaux des païens, ayant à leur tête le vieux à barbe blanche, se présentèrent au chénf en lui faisant comprendre, non-seulement la reconnaissance qu'ils avaient des bons traitements reçus, mais encore leur désir de s'identifier complètement à la famille de leur bienfaiteur.
C'était là qu'on voulait en arriver.
Ils furent ensuite tous circoncis.
A l'occasion de cette conversion, on les avait pro-
l'arabie heureuse. 9A3
menés par la ville sur des chevaux richement enharnachés, tandis que des quêteurs faisaient une co\hici& en leur faveur. Tout le monde, pauvre et riche, contribua à cette collecte, et y contribua si bien qu'elle produisit en deux heures une cinquantaine de mille francs. Il est vrai de dire que Juifs et Banians, pour faire leur cour au chérif, contribuèrent de leur côté. De son côté, le chérif, devenu leur parrain, leur assura un revenu journalier suffisant pour les nourrir, leur donna des terres à cultiver, et insensiblement les^ plaça dans ses villes et près de ses frères. Les filles se marièrent, avec des Arabes, et les jeunes gens avec des femmes d'Abou-Àrich.
On finit par apprendre qu'ils venaient du centre de TArabie. Ils avaient été chassés de TWadi Neijéran par des tribus ennemies et païennes qui leur avaient tué les trois quarte de leurs frères et enlevé tout ce qu'ils^ possédaient. Des sorciers leur avaient dit alors de se diriger vers Fouest, et que là ils trouveraient des populations amies. Sur la foi de la prophétie, ils s'étaient mis en route, et la prophétie s'était réalisée.
Côv qu*tt y eut de pluSf difficile k leur f aura oompreodce, c'est, qu'ils ne pounaieQtdair^ir mitôuUaaas ea fiâns^^rvant leurs pratiqws paoemeÂ. Ite euaseat Yoalu. comJûQjer les deux croyances, du moins dans Tegiercioe du culte.
Sept de leurs eompaignons élaient morts des suites de to^cjircon.cisi(Mi^ et, il MuteaiplQyer la force pour qu'Us ne les brûlassent pas* Le rjefus d'un ifùchst lea cbdgriua à ce point, qu'alors seulement on put romain quer chez eux quelques regirets. de s'être faite ukusulmaosw Ke pouvant brûler leurs mort», ils^br ûlèreni tea huttes qu'ils avaient baliitées. ; co (pi f^Ut iacenâieir tout le douar.
Alââs,: dans, la manière dont ils élevaient le^v&aifanls, dans la fdçonde préparer leurs aliments, il^coo^ servërent leurs anciennes habitudes. Dans leur intâr rieur^ils restaient nu&.. Seulement, pour sortir^ îto revêtaient la fameuse cbamise bleue> et Téchurpc^ rouge. Le chérif voulut, d'abord s'interpo^r ; maiis il vit.bieolOit qu'il serait obligé d'user d'une: contrafiét^ de. tous les instants^ et il y renpuQa.