II
maiu diieat, t tbi Tidimot, ■ ne •ommes-iious pat en droit d'admettre une Itcooe 00 une inadvertance tout an moins dans la reproduction de leur langage p«r Senëque? N'y a-t-il pat une sorte de contradiction entre la peinture qu'ils Tiennent de faire de ces eaux bourkteuses, de ces marais croupissants et le spectacle de cette double cataracte par laquelle un fleure s'écroule? ÉTidemment il y a un espace Toilé pour nous entre ces dens parties de la déposition ; Sénèque a brusqué son récit pour en retenir plus tite i sa théorie privilégiée. Quant aux deux rocben d'où tombe un graad fleuve, nous ignorons oà ils se trouvent ; des esprits nn pea hardis pourraient être tentés de les contempler avec Baker sur la rive occidentale du lac ; peut-être les centurions de Sénèque les virent-ils de plus près que le conrageux chercheur des temps modernes : t A l'aide d'une lunette d'approche, dit le géographe de l'Albert N'yanza. je pus distinguer deux grandes cascades coupant de leurs lignes blanches les flancs des montagnes sur le rivage opposé. Bien que cette haute chaîne se proÔIftt nettement sur le bleu du ciel, et que des ombres profondes y annonçassent des ravins considérables, je ne pouvais distinguer que les deux grandes cataractes semblables à des filets d'argent... Le chef m'assura que de grands canots avaient traversé d'un bordi l'autre du lac, mais que ce voyage prenait trois ou quatre jours... Les deux cataractes que l'on aperçait au télescope sur les fUnes des montagnes Bleues on monts de la rive gauche, doivent être des cours d'eau fort importants, car sans cela il serait impossible de les distinguer à une distance aussi grande que cinquante ou soixante milles > [C Albert PTyanxa^ p. 834 i 343) . Hais si, en repoussaut cette hypothèse, on aime mieux rester en arrière et arrêter les légionnaires de Rome devant quelque cataracte du pays de Kadi, celle que M. BruD-Roltet, par exemple, aperçut le premier en 1851, toujours est-il qu'aucune indication complète et décisive n'oblige de les confinera l'entrée delartgion des marais, et que plusieurs circonstances nous déterminent i la leur faire franchir. Cependant le défaut de relations détaillées, l'absence de toute suite dans les explorations ne nous permettent de rien affirmer en une matière aussi obscure. Nous ne couoaiuons réellement pas le point où les légionnaires se sont arrêtés. Laissons i Baker l'honneur que réclame ce vaillant athlète de la science, d'avoir pu avant aucun autre Européen promener ses re^^ards sur oe msgnifique réservoir de toutes les eaux du Nil lupérieur; laissons i l'Angleterre tous les motifs d'un légitime triomphe pour une découverte très-réelle si elle est la première, trèsréelle encore si elle n'est que la seconde dans l'ordre des temps, puisqo'après deux mille ans d'oubli, elle est rentrée par eux dans le domaine de l'intelligence. Admettons que les Romains aient vu autre chose. Sénèque ne retire de leur Toyage qu'une flitterie i l'adresse de Néron, qu'un récit écourté,*et ce corollaire que le Nil sort des entrailles de la terre par une sorte d'éruption, soit que le point observé le montre à la lumière pour la première fois, soit que plongé auparavant dans les abîmes, il en rejaillisse alors de nouveau i.
Hais si les sources du Nil n'ont pas été vues dès ce moment par les Romains, un texte asses curieux de Ptolémée devait bientôt en fixer l'emplacement véritable, et c'est en suivant avec un héroïsme plein de grandeur les indications qu'il Ini fournissait, que Speke, à la grande gloire de sa patrie, fit la découverte du Viotorta
1 II n'est même pu entièrement démontré I nos yeux qu'il l'agitse préeifément dsni Sénèque des mards dont parle M. Vivien de Saint-Martin, et qui ont été tant de fois francliis. Il n*y a rien dans la narration du pliilotopha qui ne soit exactement dans la description d'autres lieux dont parla Baker. A la pointe septentrionale d« l'Albert M'yania, aux lieux où le fleuve écroulé par la cataracte de Karouma et plusieurs autres, est venu en6n par une pente insensible se perdre dans les herbes et les épais détritus, i travers lesquels il s'écoule en silence vers le nord, sans pins perdre sa forme, Baker a tu ces terrains perfides, qui appartiennent au règne des eaux et à notre sol, et où ni piéion ni barque ne sauraient pénétrer. Des hauteurs du même lac. près dn village de V«covia, d'un escarpement de 1,500 pieds, il a contemplé de loin, sur les flancs de la rita opposée, deux cataractes.
CDANT XXYII. 851
ICytosa. Pour rexpotilioo det donoeet nouvelles foumiet par Ptoléroée, Dout n'avcMM plof qu'à taivre p«t à pis Têdinirable ouvrage de M. Tlrleo de Saiol-IUrtia.
Avee Plolèmée, les soarees da vrai Nil tont directement aa tnd. Qaatre «enta ana av40t Ptoléoiée» le judieieui Bratoathène qoe Strabon a tnivi et qui décrit avec tant d'exactitude le • Inbutairea da Kil à la pointe du Sennaar et plut au nord , avait déjÀ déelaré que le grand courant du Nil, le corpe du fleuve dcacend directement dn tnd, où il tort de certaine laet i. Il tavait antti que le Nil Bien, le brat oriental, n'écbappe également d'un lac ; mait Piolémée meanre et préciae la dittance. An aod de la ligne équatoriale, à nne dittance qu'il croit être cootidérable, il y a, aelon lui, nne cbalne de mootagnet qni te développe de l'ett à Toueat tur une étendue de dix degrét, let moutafsnet de la Lune {Uki^n i^), Ellet sont couvertea de Dtiget et let eaux qni en découlent Tont se réunir dant deux lact appelée Ues du Ifil : if' ou wKo^ixovTCi -càç x*^^^ *^ ^^ NtlXou ^|avM *, Cet laet tout sitnét prêtque toot le même parallèle, à un attez grand intervalle, celui de t'est un peu plut au midi que celui de Toueti. De chacun de cet lact tort une rivière, et cet deux ririèret vont se réunir pour former le grand brat dn NiL
A qui Ptolémée doit-il cet infbrmatioot ? Lui-même nont Tapprend dant tet Proléf omènes. Son autorité ett Marin de Tyr, qni vivait trente ant avant Ptolémée, à la fin du premier tiède de l'ère chrétienne ou au commencement du deuxième. Quant à Marin de Tyr, il avait eu recourt tant intermédiaire i Tune de cet relationt, alors toutes réeentet, det navigateurt grect de l'Egypte qui fréquentaient let cêtet de TAfrique entre le cap det Aronutet et le promontoire de Prasum. Un navigateur, noBuné Diogèue, disait Marin de Tjr, avait été poutté, à ton retour de l'Inde, par let vente régulière du nord, en vingt-cinq joort, jusqu'à une petite dittance du promontoire Rbaptnm (au fond du golfe de Zaoïibar) et det lact d'où tort le Nil >. D'aprèa cea rcnseigneroenlt. Marin de Tyr s'était flatté de pouToir tracer le court du Ifil conformément à la vérité, depuit cet lact où pour la première foit le fleuve se manifeste, et de le tuivre dant sa marche du tud au nord jusqu'à Méroé. 11 ne faudrait pat prendre ce texte trop à la lettre ; il nont forcerait d'admettre que Ift lacs du JVti sont voitiut de Rhapta et prêt de la c6te. Marin aura mal rapporté les parolet de Diogéne , ou Ptolémée cellet de Marin ; peut-être aussi le navigateur a-t-il mal saisi les infof mations arabes. Les indigènes avaient sans doute appris à Diogène qu'à la hauteur du lien où il se trouvait, il y avait des lacs qui recevaient let eaux de grandet montagnes neigeutet et que de cet lact tortaieut det rivièret qni allaient former le Nil de Méroé.
« Pertonne n'ignore, continue U. Vivien de Saint-tfartin dout nous résumons let doctrines, tonvent avec tet propret ei pressions, que la région équatoriale de l'Afrique était restée jusqu'à ces derniers temps, la partie la moins conuue de tout le continent. Cest dans cette xone inexplorée que se déploie le réseau de rivières, indabitablemeut trèt-nombreutes, qui forme la tête du Nil; là doit te trouver ou one région élevée ou un système de montagnes qui domine et alimente cea parties •npérieuret de l'immente bassin ^. » Depuis une trentaine d'années, les voyageurs modernes ont confirmé la plupart desândicationt de Ptolémée; ton unique erreur porte tur la latitude det montagnet de la Lune qu'il avance de IS degrés trop au midi S.
Voilà donc enfin let tonrcet du Nil placées dant la région équatoriale, an tud de
1 et. Strabon, XTn, ^ 78f .
S Ptolémée. IV, t.
t et. ibid., l 9.
4 Le Nord de rAfri^pu, p. 480.
5 M. Vivien de Saint Martio (p. 4«7-4M) explique l'erreur d« Ptolémée lar la latitude de» oMUtagne» de la Lune. L'unique notion de ces montagne» atait été recueillie par on navigateur grec de l'Egypte pendant une relâche forcée «en rentrée du golfe de Zaniibar, un peu au N. de Bbapla. Piolémée a pu le croire autoriaé i marquer let lacs du Nil, toua le parallèle même de BbapU (70 de latiL austr.) et à porUr let montagne» de U Lune à quelques degré» encore plu»
852 L'aRAUGANA.
FÉgyple. Ainsi par l'eipérieBce on arrivait an Trai det ebotet. Le fond d« l'Orienl, let aztréoiUét ooeid«ntale« de rélhiopie, les toniaett de TAliat, les profomdear» inconnnca do Midi, avaient été tour à lour le berceau dn fleuve eufant. Quclqoefoit on le rai»ait couler lonutempt toot terre avant quM fît éruption au jonr. On le pro* menait aitns le lit de TOcéau, sout le sable des désens. Un bomme pratique et ob* senralenr, un eonim«'rçaal, un aaatelot fiie la vérité. Jusque-là les soarees du Nil étaient pure im'«giojitioo. L'inronon est lolulérable ; ou s'* n débarrasse par la eonjeelnrr, par le rèv«. L'esprit humaiu dunne ans peuples qu*il n'a jan^ais vos nnc taille et des formes étranges ; il crée des géants ; il crée les pygmees incapables de résister Btème aui oi^e^ux; il eiagère le réel; i des bonme» que la renommée n déelare* diff »nnet, la légenle met bientôt la tête sur là poitrine ; H est qnestioA de peuples sans nés, d^autres sans bouche ou t>aos langue; ou bien elle prête à leur dialecte grossier le brnit strid*'nt des cbauves-souris. LVntiquité n'a rien connu en Afriquf an delà de la lisière dn Sahara ; le Soudan lui est complètement étranger ; elle le kupprime avee toute l'Afrique australCi et du golfe de Zdusibarà rile Cherbro. sur uue longue ligne méiidiuuale elle fait roticr l'Océan où elle abîme de si Vdstes espaces a«ec leurs immrnses populations. De même pour lessonree» et la direction du Nil, cent hypothèses fantastiques devancent le fait réel, robservatlon positive *.
Est-il étonnant qu'avec ce goAt des conjectures, les anciens aient aussi eipliqué les crues du Nil par des raisoussi diverses 7 Lf refoulement des eaux par la puissance des vents étesiens (c'était l'opinion de Tba es), la fonte des neiges, les plaies exccMives des régions ii.ter tropicales ont ete tour à tour, aux yeux des géograpbea, la cause des dé ordenicnts du fleuve. (?est plus particn ièrement entre les deux dernières opiuious que se produit le débat. Ici, comniO souvent ailleurs, la plut haute sagesse appartient à la plus haute antiquité. Le vieux poëte B*cbyle, oontemporain d'HctOtlote et qui plusieurs fois a parlé du Nil avec une curiruve exactitude, qui décrit uue de se« cataractes % qoi nomme le • Marais fécondant des éthiopiens >■ , désigne ausiïi les deux causas d'acctuitsenitfut pour le Nil, eutre lesquelles se partagent la plupart des géographes et des historiens de la Grèce et de Rome ; il nomme à la fois les pluies tropicales et la neige des montagnes :
• rivo( |ftiv alvûv Li{L«l«iv i«ltfTa|Mii
r^VOf XuXlvItl 1CVtV|ldT«*V iCDfbCfls,
*Ev H' i^io« «up*>irà( U)«|ft<^« ](^vl
AipicTOC épo^ vé|i«xo< itXitf^vi^v^ ^iof lov Ai(|fciiT^« «trriXliti vréjuv *. •
au Bidi. Cette mépriM avançait da if» trop au 8. le« fouroa» du grand fleova. et par mite, le lac Coloé (Tiana d'où «orl l'AMapui Nil Bleu) a «ubi nn déplacement analofue ; il a été porté tous réqualeiir même, au lieu de It» de latitude bpréale, où il ett réellement.
1 Maigre \e» defelopp«uienli de cette note, nous n'atons pu pffsepier ici qu'un rétumé Irèiincompirl des decouvertei de Taiitiquité relatireii au Nil. Ceux de nui lecteurt qui, apréa aroir contulle le beau travail qui nous a servi de flambeau, désir- raient sur cette matière quelque» éclaireisaemenls déuillét peuvent interroger encore avec fruit deux excellentes éludes de d* Antille, dans les Mémoire» d l'Académie de» inteription» et bdlen-leUre*, U XXVI. L'iio distingue avec jii^te^ve, ronire certaines alertions de l'antiquilé, le Nil Bla e du Nil Bleu et des autres afDuenls qu'il rvçoit en formant llle da Meroe (p. 46- 6S). L'autre (p. 64-81). moins exact et habilement corrige par M. Vlnen de Saint-Martin, eoareme les diOerentes rivières da TAfrique intérieure, dont le^ anciens composaient quelquefois le vaste cours, souvent interrompu du Nil, depuis le^ pmtes occidentale* de l'Atlas.
S Cf. Promethée emhutniy v. 807-915.
8 Voyei Promethée délié, collection Didot, fragm. 67, p. 191.
*Al«i9rl%, Coll. Didot, fragm. 189, p. «10.
CUANT XXYII. 85a
Comment «m noCions éUient-ellet arrivées en Grèce cinq eeats aot avant l'ère ebrétitnne? c*e»t ce qu'il est aisrs difficile d'ei|iU<|uer. Bérodole i te rit beaneonp 4ê l'opinion qui rapporte à U fonte dea neigea la crue dn 5il. Comment aea eani poorraient-ellet venir de* ne>f[es, dU-il, lui qni ooa e de la Libye, par le niiii«n de rÉthiopie ri rn«r« de là m Egypte ; il vieni d'nn paya ttèt^cbaud daua un autre qnt Teat moioa Hérodote eût appria avec surprime l'exiatenee dea glacea éternellea du Kénia et du Kiliniaudjaro ; il admettait peu aaaa doute que le» neiges permanentea tinaaent à Ta titude des climats. Aniai expliquait-tl lea progrès périodiquea dn Mil par les ptnies exce^tivet, dont une portion seuirment* disait-il^ était pompée par le soleil '. L*eipres»iou même d'Hérodote ne peut b'eclaircir pour noas que par cette doctrine birane, nloptèe par Ira siokiens, maia «évèrrment eundamuée par âristote* que lea eaux attirées par le «oleil servaient à aon alimentation S. Sauf une erreur de détail, nous voyona dune que chez Hérodote, et en cela il ne ae trompe guère, l'abondaoce d»s pluies daoa la HNU(e>Égypte et dans l'Étbiopie est la caute principale des aecroiSMmeuti du Nil ^. Strabou 1rs attribue ans^i aux pluies d'été qui tombent avec aboudanee daok l'Ethiopie supérieure, principalement daus les montagnes les pins reculées *. Les eaux, dit-il, commencent à s'abaisser peu à peu, lorsque ces pluies oo< cessé. Parmi les cauara de la crue do Nil, Pomponius Héla é «ite in fonte des oeig'-s sur les bantrs monta^nea de rÉthiopie, ce qui paraisaait ai étrange à*,Bérodote, et cette opinion du géographe latin est reatee, noua l'avons vu. celle de Ptotémée. Sénèqne cependant l'avait conibaitue daua la peraonue du philosophe Anaxagoras?. qui l'avait sana d«iute rt-çiie d'Ksehyte et transmise à Buripide soudiaciple *, et Séuèque se fondait avec au»ai peu de «iroit qu'Hérodote sur la chalear execaaive de l'Ethiopie inconciliable à ses yeux avec toute idée de neige. Nous omettons ici noe foule de noms propres ; ceux de nés lectt* ors qui voudraient compléter net hiatorique pourront consulter Diodore de Sicile qui énumère fort au long tous les avis des philosophes et des naturalistes sur les crues du Nil 9. Ra-
1 Cf. Lib. Il, 22.
8 Cr. ibid , chip. XX r.
3 Cf. LarehcT our Hérodote, t. I, p. SOI.
4 L'on a Toulu fiire remonter Jusqu'à Homère ropinion d'Hérodote; nais l'épithète de ^ilnitiif qu'Homère {Odynèe, A*. K81) donne au ICil ne •uppo>e pa« une doctrine précité du vieux poêla et confoime k e«iie d« rhittorien. Noue voyons la même épilhèle appliquée par Honère & d'autres flcuvef.an Xantbe (a. //ûirfe, P', 8«3), «a Sperchiu» (//iWe.n', 174}.
• Cf. traduction franfaise, t. V, p. 3SS ; édiL XjUnder, p. 917.
• Cf. I>e orbiê ntv^ édit. de Baaltf, 1538, p. 164-165.
7 Voyer Qucnt, Natur.^ V, 2.
8 Cf. Euripid., UeUne, édit. Boiisonade, v. 1-3 :
• NilXou |Uv «Ut x«>Juicé^tvoi po«l, *0ç évrl ^UK ^ixâlo< Al-pireou «iiov, Atuxf|Ç Taxttoi^ç X^^^t W?*^^'^ T^*^* *
Ramosio dan« sa lettre à Fraeasioro (p. 263, r») traduit d'autres «ers d'Euripide, sans citer la pièce d'où il le» lire ; mais il lui fait dire, pour le même débat géographique, en beaux vert italiens :
« La beir acqua latciando
Oal fluBrt Nil, cbe dalla terra seorre
D' huoraini neri, ad ail' hor fonBa 1' onde
Che d* Bthiopia si slruggon le n«vi. »
9 Cf. Diodor Siciil., lib. I. 27 et 32.
Diodore, qui exptise l'opinion de tant d'écrivains, n'avait lui-même sur le Nil que des vues fort incertaines 11 croyait que le Nil venait du fond de l'Elhiopie, du S. au N., de lieux dont la cluleor repousse l'homme. Il avoue que l'on n« peut avoir sur la source du Nil que des conjectures, qu'aucun de ceux qui en parlent, ne dit l'avoir vue, ni ne déclare la connallre sur le récit de personnes qui afBrment l'avoir vue de leurs yeux (1, S7 ; eoU. Didol, t. I, p. 80} ; et il rapporte
954 LARAUCANA.
musio rétaiM lenrt doctriMt divenes daot ta lettre à FracMtoro, inférée an reeaeil c délie DarigatioDi 1 » ; et Fraeaitoro dans ti Réponie >, diteute tontes cet opinion, et établit nettement que les pluiei iropicalet tont la aeule eaote Tértiable et térievte de Tinondaiion qui te produit en même temps dant la vallée du Nil et dant celle du Niger; non pat quMI faille pour cela tuppoter entre eux (réservoot cette matière), la moindre communication, malt let deux fleuvet reçoivent à la même époque le tribut de toutet let pluiet éqninoxialet; à 6 et 7 degrét et même It de l'équateur, ellet tont continuellet durant le tolttice d'été S.
La récente découverte de vattet tommeit couvertt de neige tout les premiert degrét de Téquateur o*ett pat de nature à infirmer cette théorie. Let glaciers don* nent au fleuve ta naittance, let pluiet lui donnent tet débordementt.
Nous devons à présent jeter un coup d*œil rapide sur les découvertes mènes qui ont presque fiixé désormais les sources du Nil, du Bahr-el-Abyad, Cest l*aonexe inévitable de tout ce qui précède et elle répand une vive lumièrie sur les informatiens de Ptolémée. K. Vivien de Saint-Martin est encore sur ce point notre guide précieux.
Le vaste bassin d'où s*épancbent let eaux du Nil, semble fermé À Test par le Kénia et le Kilimandjaroi au sud par les montagnes de la Lune que les Arabes appellent Djébel-al-Quâmar ; i Touest le problème n'est pu encore résolu.
Portont-nout tour i tour dant ces trois directions.
Let premièret découvertet sérieuses i l'est appartiennent ft deux missionnaires anglais, MM. Rebmann et Krapf ; Mombax fut leur centre de recherches. Ce n'est pas qu'avaut eux de belles tentatives n'eussent été faites déjà, et nous devons d'abord jeter sur elles un coup d'oeil rapide. L'initiative éclairée de Mobaromed-Aly avait dirigé une exploration sur le Haut-Nil en 1839. Sélim Bimbatchi, capitaine de frégate égyptien, conduisit jusqu'au 6* degré de latitude N. quatre cents hommes embarqués lur huit grauds navires armés en guerre. Depuis le 9» il poussa constamment au sud, sans quitter le grand bris du fleuve. Ce ne fut là, il est vrai, qu'une reconnaiitanee toute préparatoire. L'année suivante le vice«roi d'Egypte reprit l'esécution du même projet. Nais cette fois l'entreprise était vraiment scientiflque et placée sous la direction de M . d'Arnaud, habile ingénieur français au service de Nohammed-Aly. Il atteignit 4» 4i' N., à peu près sous le méridien de Khartoum, point de départ de cette double mission. M. d'Arnaud constata l'existence des cours d'eau qui, depuis Khartoum jusqu'à 4<> 41' N., viennent déboucher dans le Bahr-el-Abyad. Les résultats de ton voyage sont consignés dans sa grande carte du Bahr-el-Abyad qui n'a pas moins de 4 mètres d'étendue, et que la société de géographie a publiée en extrait en 184S. M. d'Arnaud se montrait favorable à la source orientale du grand fleuve; il avait reconnu l'enibonchure du Baco qu'il appelle le Saubat, et sans te fixer tur la vraie origine du Nil, il nout apprend qu'il avait entendu parler de troit court d'eau plut au
(p. 31) la tradition (i*Hêrodote,tuiTanl laquelle loNiliort d*iin Ue dant les taite» paji de rÉthiopie,
1 Cf. t I, p. te2-M3, édil. Venise.
t a. t'6i<l., t64-te8.
3 Cest à Le Materier qae M. Vivien de Saint-Martin (p. lit, note 1) atUibae l'honneur d'avoir le premier rapporte netlement aux plaies régulières de la sone turide les crues du Nil {Deserip^ tion tU Vègyitte^ p. 61. Paris, 1735, In 4«). « Seuleneni, dil-il, eomae on ne connaissait encore que la branche du Kil qui vienl d'Abyssinie (rAbaï), c*ëlait aux pluies de 1 Abjssinie que l'on rattachait exclusitenient le débordement dn fleuve d'Egypte, ce qui n'est pas enUèrenent exact.* — Nousiisons dans Halte-Brun {flioçr. im^c, édit. Lavallée, t. VI, p. 6) :c On sait que la saison plQviense qui dans toute la looe torride, accompagne la présence verticale du soleil, aminé des averses continuelles ; les cieux auparavant enflammés deviennent semblables à une mer aérienne ; les eaux abondantes qu'ils répandent se rassemblent sur les plateaux de l'intérieur, et y forment d'immenses flaques aquatiques, des lacs temporaires. Lorsque ces lacs sont arrivés à un asses haut niveau pour dépasser les bords de leur bassin, ils déversent tont k coup dans les fleuves déjà gonflés, un énorme volume d*ean.M »
CHANT XXYIf. S55
•yd, et dont Tan, tenant de r«t(, poorait bien n'être qu'un timple affluent, mais pcnt-ètre anui la branche primitive * .
Cette préocenpatiou de la source orientale du Nil, fortifiée par les renseigne- BmtB que l'espédition recevait dea Baria, se montre à découvert daos l'onvrafe que publia un des compagnons de M. d'Aroaud, le docteur Weme qui a fait le récit du vojnge * ; cepeudant, quelque utiles que soient les détails fournis par M. d'Arnaud, de quelque sagacité qu'il ait donné la preuve, le but ne fut pas coosplétement atteint, et la source du Bahr-el-Airck était encore la seule qui fût connue et plusieurs fois visitée ; mais c'était de toutes ses origines la plus rapprocbée de femboucbure du fleuve, et il s'agissait de trouver quelle était la source la plus lointaine, la pins abondante du Babr-el-Abyad.
En 1847, MM. Antoine Abbadie et Arnaud son frère qui, depuis dii années, consacraient leur savoir, leur temps, leur courape et leur fortune à chercher la source du fleuve Blanc, crurent Favoir découverte en Abtssinie même >. Personne n'a mieux décrit que ces vaillants voyageurs la nature et la configuration du sol de l'Abyssinie. lis ont fort bien tracé le parallélisme des terrains parcourus par le Nil Bleu et par le cours d'eau qu'ils appellent le vrai Nil Blanc. Chacun de ces fleuves, dit M. Antoine Abbadie, forme la frontière en spirale d'une île au milieu d'un continent, et les deux îles continentales dont il parle, sont le Gojam, et la presqu'île de Kafa qui l'enveloppe au sud. Leur point de partage est plus près de l'est que de l'ou^, côté par lequel les spirales s'ouvrent et où, sur des pentes longues et boisées, les fleuves s'alimentent de puissants auxiliaires. Rien ne pourrait mieux nous peindre la forme contournée des affluents abyssins du Bahr-el-Abyad ; et M. Abbadie veut que le fleuve reconnu par lui et son frère enveloppe le Saubat, comme le Sanbat lui-même, également issu du pays de Kafa, mbis plus à l'ouest, tourne le Nil Bleu. 11 l'ideutifie avec cet affluent principal que M. d'Arnaud fait venir de l'est, plus au midi que le Sanbat, et dont la source était restée inconnue. Cette ri- Ttère est le Paco, que MM. Abbadie regardent comme le Nil Blanc des Européens. Ils en ont déterminé l'origine dans la forêt de Babya, au pays d'Ioarya. L'Inarya est entouré de montagnes que couvrent des bois touffus et possède pour frontière méridionale la forêt tierge dont nous parlons. Babya a paru à ces intrépides explorateurs le digne berceau du plus long fleuve de notre globe. Ils ont choisi comme tête do Nil Blanc le Gibe d'Ioarya, qui devient d'abord t'Uma de Dawro, et change de nom avec les peuples très-nombreux de tes rivet. Le chétif Gibe se compose dans l'intérieur même de la forêt, de trois ruisseaux, le Kabanawa, le plus occidenial, Bora et Fintirre. Le Pintirre a sa source dans un marais. La réunion de ces trois filets d'eau, grouis de modestes et silencieux auxiliaires, forme le Gibe. Celui-ci, jusqu'à ce qu'il soit le Nil Blanc, reçoit, selon les territoires qu'il traverse, dix-huit dénominations différentes. Ainsi, c'est d'abord le Bora en amont du Fintirre, puis le Gibe; dans le bas Inarya, c'est l'Uma; au paya des Galles, il s'appelle Bago, puis e'est le Babr-el-Abyad ; c'est le vrai Nil. Le Gibe naissant patse tout près de Oambi et du village de Saka qui se trouve sur sa rive gauche. La longitude de Saka est de 34« 37' 51'; celle de la source du Nil Blanc est droit au sud de ce village, à quelques minutes près. Sa latitude est à 7o49'. Sa hauteur approximative 23S4 mètres. Tons les affluents qui se trouvent plus i l*ouest, le Godjab même, oot paru i MV. Abbadie inférieurs en importance i la spirale dont l'extrémité ae trouve dans la forêt de Babya.
La Talenr de la découverte de MM. Abbadie consiste réellement, si nous osons le
1 Yorea cas détailt at d'autrat encore d'un fnnnd prix dani les exeellentei J^mër^Wi it M. Jonard, au Bulletin de la Sociiti de géograptUe^ t. X, p. 804 et niivanlet.
« Cf. Expédition mr Bntdeckwng der QuelUn des Weitsen Nil, 1840-1841, von Perd. Wama ; Bariin, 184«.
S a. Lattre da K. Antoine d'Abbadia, adretiëe à M. DauMT* >« 10 ««pUmbra 1847, et datée da Gol' a, Ag* ama (Abysiiaie). - Bulletin de la Sociiti de giogropMe, t. IX, p. 91, «uiv.
356 LARAUCANA.
dire, à avoir déBot le court tupérieur da Saubat, qui, tout les nomi dt Telfi, de rÎTière de l*Haiieteh, est le seul grand courant qui vienue dt Tckt. M. Beke couaidère le Saubat ^mine la panie basse de G<>djeb. Nais la tète du fleuve u*est pas le Godjtb (Gojab). Après une eonparaiaou atteutive, MM. Abb^die ont reconnu une aiupleur bt'aucoup plus grande au bassin de fUuia qui contiuue le Gibe dMnaryt; le Godjeb réduit à SfS conmencemcnls ne reste Ini-nième, avec un cours distinct, que jusqu'au lit de l'Uma où il se rend, au sud du mont Bor, et coufund ses eanx avec les siennes. Pour accorder i MM. Abl>adie toute rimportance qu'ils attribuent à leur belle dteouverte, il faudrait que leu* ieuve, né de la source du Bora, vint débOQcher au »ud du Saubat, et M. B«-ko 1 «ffiroie qu'il n'y a aH-di*s«ous de Bari aucune grande rivière veuaut de Pest et se réunissant au Nil, si ce u*eit le Saubat. Ignace Kiioblechrr, qui a refait le voy^K* de M. U*Aroaud et qui a dépassé la linaite où il sViait arrêté, donne les mêmes affirmations. Ce n*cst doue pas la source du Nil BlitDc, cVst la source la plus loiutaine du Saubat que nous devons aua deux illusires frères. Du reste, M. Antoine d'Abbadie le déclare, t s'il y a aux environs de Puluncb un affluent plus grand que le Paco, il devra étemtre sa souice a !« ou t* de latitude australe pour l'emporter sur le Paco niéme'. > C'est bittn réellement aussi ce qui es* arrivé. Il nous faut gagner l'equatcur, et là pourtant, avec les mission» naires de Mombas, noua serons loiu eucore d'atteindre aux limites des explorations modernes. L'etabhMemenl <ie Momb^z n'eut pas de vieille date, et ne remonte pas au delà de t8i3. Bientôt après commencèrent les courses apostoliques cbes les tribus de rintërieiir. B» 1848 et en 1849, durant un double voyage chez les Djaggas, tu N.-O. de Mumhaz, Ri-bmann fut frappé de Tafpect que présentait à l'horizon une haute munivgue, au sommet bUuchftire. Elle lui fut désignée sous le nom de Kilimandjaro {grande montatfne). Il crut que cette apparence était due à la présence de neiges permaneniea s. Uu voyage ultérieur du baron vau der Oecken a pleine* ment confirmé cette supposition 4. Rebmanu pensait que le SLilimtuiijaro étdil situé au 3« ptrai'èle de laiilude australe, et à 3 degrés au pus de MombdZ eu ligne directe, O.-N.-O. Uans la même anuée <8(9, et une seconde fois en 1<>5I, Krtpf se dirigea au nord des Djaggas, vers le pays des Oukambani. Non-seulement il eut occasion de vén^ que les blancheurs aperçues par Ri-bmann étaient det neiges éiemetles, mais il dérouvrit une autre grande montagne, surmontée tutti d'une coupole de neige, le Kémt, a 2 degrés et demi plus tu nord, cVtt-â-dire à un demi-degré de latitude australe, et à peu prêt tous le même méridien que le Kilinauiijar», à 5 degrés de Mombaz. Les indigènes appellent encore chacun det deux toniinets la montagne Btmche. Krapf apprit d'un marchand de TOuembou, paya titué à deux journéet au N.-E. de la rivière Dana, qu'au pied de Ndour- Kenia (ou Kire nia), il y a un lac d'où tortent troit rivières, le Dana, le roitmêtrt et le Nsaraddi. Les deux premiers, disait le marchand, s'écoulent vert la mer orientaletmait le Nsarad«ti a »on court vert un lac eucore plus grand, appelé Baringo, dont on n'atteint l'extrémité qu'après beaucoup de journées «le marche. Il comptait cinq journées de TOuenibou au Kenia et neuf jusqu'au Baringo {grande eau) ^, Or, le» ^arit qui h biieut au 4* degré N., à 0 degrés N.>0 du Kenia, donnent à la partie supé> riaure de leur fleuve, le Bahr-el-Al>yad, le nom de Toubirih, et ils comptent dans la direction du S.*B. une lune de marche jutqu'i son originel 41s disent qu'on arrive
1 Cf. Bulletin de la Soeiité de géographie, t X, p. 316.
t Cf. t6id., t. IX. p. ) 04-106.
3 Cf. Church Mimonary Intelligeneer, 1, p. 44R, cité par M. Vivien de Saint-Martin, p. 494.
k Le baron Van der Deeken non-ceuleuient a eonflmié Tastertion du niwionnaira angtait'; m^s il s'éleva lui-roènie A 14,000 pieds, in««ura le plut grand des dani plea du Kilnoandjaro et lui trouva une loUtude d*BU uiuins 6,000 mèlret. Bout cette latitude èqiialonale, M. VivWn de Sainl-Marlia déclare que la perounenee des neiges indique une hauteur de 14 à 16,000 pieds pour le aneins aa-deMu-* du ui%eaii de la mer.
S Cf. CAurrA MiMêionary Intelligmcery t. I, 401 et 450» p. 470 ; t. lU, p. 87.
CUAMT XXVII. S 57
«Ion i an eodroit où l« fleure m parUf e en qaatre bru que f on tratene n'ayant de l'eau que jusqu'à la eheville t. Bien que le Toombtii qui aori du premier lae foraé par lea neigea du Kénia aille dans une autre direetiou, ceite eomaunauté de uoaa tt )4 reaacniblanee de loaguenr punr lea deux itinéraire», trahiitent ici ob tinf(ulii*r rapport. Un fleuve Toumbirî s'écoule d'un lac formé par les ueiges du mont Hfuia ; on Tonbirih forme pour les Baris la partie supériem-e du Bahr-el-Abjad en remontant jusqu'à ses sources. De là on peut eonclure, selon If . TÎTien de Saint-Martin, que la source da flenre Blanc sons le nom de Toubirih est dans la montagne neigeuse du Kenia >; que le ILeuia appartient à la ehalne des montagnes de la Lune de Ptolémée, qoe le Bariugo est l'un des deui lacs du Nil, selon Htolémée, son lac oriental. Noos sommes loin de contester la justesse de ce raisonnement ; cependaut il faut reconnaître que le missionuaire Krapf appelle Nsaraddi le fleuve qui se dirige vers le Bariniro ; mais ces confosiont d** noms propres sont fréquentes, et les Bsris ont pu sous un autre nom sontter au même fleuve. D'autre part, Speke parle aussi d*nn Barfngo; il le pUce sous Téquateur même, à l'est du Victoria' N'yansa, et en coasinunieation directe arec ce lac immense. De la poibte N.-O. du Barîngo, il fait aortir un cours d'eau, qui, sons le nom d'Asua, va se rendre dans l'Abyad, au psys des Baris; ainsi le Baringo, suivant Speke, ne serait qu'un appendice du Vicoria N'yansa ou lac Ukéréwé, et c'est bieu plut6t toute la masse des eaux lacustres décontenes par le capitaine qui formerait le lac oriental de Ptolemée. Le géograpbe d'Alexandrie déclare que l*undes deux lac», celui de l'est, est un peu plus au midi que celui de i'uuest. Or ceci n*a pas lieu pour le Bariago comparé au lac Ukéréwé, nais bieu pour l'Ukéréwé comparé à l'Albert ITyansa. Sur un seul détail Ptolemée nous embarrasse. Il dit que de chacun de ces deux lacs sort une rivière et que ces deux courauts se réuuit.sent pour furmer le Nil. Le Nil sort de l'Ukérewe par les ehntes de Ripon; la cataracte de Karouma et celle de Murebison le con misent au lac Albert N'yauxa (Luta-N2igé).et c'est de ce lac dont il ne touche que la partie nord qu'il se rend à la llé<iiterriaée. Pour avoir deux nvères et un confluent, il faut regarder comme Tune d'elles l'Asu» qui son de l'Ukéréwé, mais à l'extrémité du Bariugo son aoueie, et l'autre sera le Nil, échappé du Luta-Nsigé et qui entraîne l'Asua un peu au S. de Madi, presqu'eu face des collines de Koko dans le territoire des Bans *.
An sud la limite du bassin semble jusqu'à présent être constituée par les montagnes de la Lnoe (DjebeUal-Qàmar), c'est de ce côté qu'ont eu lieu les belles explorations do capitaine Sprke et de Grant. Le premier voyage de Speke et de Burton ie^ conduisit de la c6te du Zanguebar (Saouahili), par Kaseh ou Tabora, juaqu'aux bords du lac Tangauyika, c'est-à-dire au centre de l'Afrique australe, entre 17» et tSo de longitude. Li leur decepiion fut immense. Le cours d'eau qu'ils cherebaient comme U source du Nil, entrait dau» la partie sepientriunale du lac, au lieu d'en sortir. Lorsqu'ils furent retenus à Kaxeh, station iDteime*iiaire entre la edte et le Tanganyika. S(»eke se dirigea seul vers le uord, et 11 rencontra les eaux du N'yanxa. Il affirme dès lors, sans en avoir encore la démonstration, que du nord de ce lae immense dont les iudigënes ne connaissaient pas les limites, «onait le Nil. Burton exprimait sur ce poiut la plus eutière iacrcdulité. Il n'admettait pas que le fleure d'Egypte vint de ce lac, puisque l'espediiioo du tice-roi, qui péoetta jusqu'à 8o 13' latitude nord, avait placé la source du fleure sur le versant nord .lu mont Kénia. Mais la couriciion de Speke ne le trompait pas, et le second voyaae qu'il entreprit arec son ami Grant lui donoa gain de cause. L'expédition égyptienne
1 Cf. Ferd. Werne, loc. eit„p. 313.
t Voyei le Nord de fAfrique, p. 4».
3 M. Beke n'admet pas. il e^t «rai. que la bifurcation d« PteKméa pulMC être celle de l'Abjad et du Baihr-al-Airek (10» ^f Ist. N.j; ouïs il la reconnaît dans celle du Saubat et de TAbjad (»« 20'). Cf. Bull, de la Soc. de gioçr., I. X, p. 815.
358 LAfiAUCANA.
a\ait tigaalé un alflueDl; Speke vit sortir du Uc le véritable fleuve et le deieendit jusqu'aux chutefl de Karouma. Il rejoignit encore le fleure plut loin, mait bien au* dettouB du lae Albert, et il ne put vérifier ti le Victoria N*yanxa recevait à l'ett par le Barîogo d*autret auiiliairet, eeux-li tant doute que tignalent les missionnaires de Nombas, ni le nombre et la nature même des tributaires que l*Ouest lui donne entre les chutes de Karouma et le lieu où il retrouva le fleuve. Nais la chaîne dont parle Ptolémée, et que ce géographe place au couchant des Éthiopiens anthropophages, Speke la connaissait. Cest à tort que Burton, qui ne l'avait pas accompagné dans son excursion à t'Ukéréwé, s'exprime en ces termes : • Probablement ses sources du NU étaient nées dans ion cerveau, comme ses montagnes de la Lune avaient surgi sons son crayon > 1. Speke avait vu de très-loin le mont HTumbiro, comme un pic au milieu d'autres montagnes ; de li descendent les cours d*eau dont la réunion forme la ri* vière principale, le Kitangulé qui se déverse dans le lac Tictoria (Ukéréwé), sur sa rive oceideutale vers 2» latitude australe *. Ainsi le Yictoria-N'yanza de Speke (orme un réservoir élevé, recevant les eaux de l'ouett par le canal collecteur dont nous avons parlé, c'est un des NiAou Xl)iv«i, que cite Ptolémée, et il est formé réellement par ces montagnes que Burlon croyait imaginaires* « La même chaîne qui alimente le Victoria à Test, doit verser i l'ouest et au nord les eaux qui tombent dans le lae Albert 8. 1 Le lac Albert, qui est plus au nord que le Victoria, est donc le second des deux lacs dont parle le géographe antique, t L'écoulemeut général du Nil, ajoute M. Baker, est du sud au nord, et comme le lac Albert s'avauce beaucoup plus an nord que le lac Victoria, il reçoit le débouché de ce deruier lac, et réunit ainsi les sources du Nil. L'Albert est le grand réservoir, tsudii que le Victoria est sa source orientale; les cours d'eau primitifs qui forment ces deux lacs ont la même origioe, et les eaux du Kitangulé, après être tombées dans le Victoria, arrivent finalement au Uc Albert, exactement de la même manière que les hautes terres de M'fumbiro et des montagnes Bleues déversent leur cootingent immédiatement dans le même lae. Tout le système du Nil, depuis le premier tributaire abyssin, l'Albara, en latitude boréale 17* 37' jusqu'à l'équateur, présente un écoulement uniforme du sud-est an nord-est, chaque ruisseau suivant cette direction pour arriver au Nil. Le Nil Victoria a la même peute ; car, après s voir pris une direction nord, depuis sa sortie du lac Victoria jusqu'à Karouma (latit. N. t» iê'), il se détourne soudain vers l'ouest et rencontre le lac Albert à Magungo. Ainsi, si l'on suppose une ligne tirée de Magungo aux cataractes de Ripon sur le lac N'yaoïa, on trouvera que la pente générale dn pays est la même que celle qui est suivie par le Nil Bleu et par ses tributaires, c'està-dire du sud-est au nord-ouest^. »
Pour compléter les belles études hydrographiques de Speke et de Baker, il reste à explorer le c6té occidental de l'Albert-N'yaoïa d'une part, et de l'autre le cêté est du lac Bartngo, qui forme au levant l'aonexe du Victoria. Nuus apprendrons un jour quels cours d'eau fournissent au vaste réservoir oriental du Nil Blanc les montagnes considérables qui, sous l'équateur, donnent des tributaires à l'Atlantique, et d'oii viennent ces cataractes que Baker voyait de loin sillonner les flancs de ses montagnes Bleues.
Quoique cette grande OBuvre d'investigation géographique ne soit pas achevée, les recherches des modernes ne sont pas moins appuyées sur les dernières notions fournies par les anciens, sur le texte même de Ptolémée. Les explorations de notre xix* siècle ont été plus actives et plus pratiques. Nous n'en avons signalé que
i Voyage aux ffrandê laci de FAfriqtu orientai, p. St9 de la Induction français* ; t8€l.
1 Voyes Bak<r, Découvertt de C Albert- N^yanzOt trad. par Gustave Maison, 1808, p. 84S.
S Cr. Baker, loc. cit,
4 Cf. id., /oc. cit., p. SiS-t48. L'on toit par celle déeouvarle combien il est inutile de chercher ailleurs, avee quelque* géographes modernei, les deux lacs donl parle Plolémce, toit dans l'Ounysméci ou le N'yassi d'une pari, et de l'antre le Tchid, que Ptolémée u*a connus ni par luimême ni par aucun récit de Toyageur.
CHANT XXyiI. 359
les derntert efforts, Mos noot arrêter aux indications d'autres Toyageors aussi éehlrét qD*inlrépides, auxquels revient encore une si belle part de gloire, avant les dernières et triomphautes conquêtes dues à l'Angleterre. Il est positif que jusqu'à HanningSpeke tout était bien désordonné dans les résultats de la seienee, conme dans les peintures des vient poètes. Speke fait sortir le fleuve sacré du lac Tictoria iTjansa, qu'alimentent les eaux du Kilangulé, le grand canal collecteur que la nature a donné aux eaux des montagnes de la Lune, sous les premiers dcfcrés de latitude australe l. Samuel Wbite Baker, suivant les instructions formulées par Speke, découvre le lac Albert •Ifyanxa, presque auesi vaste que le Tictoria, mais dont le niveau est beanconp plus bas et reçoit à son extrémité nord les eaux du lac supérieur, par une série de cataractes. La dernière que Speke ait atteinte est celle de Karouma, dont il n'a pu mesurer la hauteur. Entre le Nil au-desans de Karouma et le Nil sorti du lac Albert, la différence supposée par Speke est de 1,000 pieds. Son bjpothèse est vérifiée par Baker et la différence reconnue est de I,t76 pieds. Baker a remonté presque tout le canal connu sons le nom de Nurebison au-dessous de la grande chute. U a pu compléter Ibs données de son devancier *. Il a contemplé de ses propres yeux Timmense réservoir que celui-ci ne connaissait que par les récits des naturels, sous le nom de Luta-Nzigé, et dont il ne soupçonnait assurément pas les vastes proportions. C'est donc du nord do lac Albert que sort le vériUble Nil. Le cours d*ean qui s'écoule du Tictoria- N*yansa et que les dernières cartes désignent sons le nom de canal Somerset jusqu'aux chutes de Karouma, sons celai de canal Murchison depuis les chutes jusqu'au lac Albert, n'est qu'un tronçon de fleuve qui se perd dans la partie septentrionale de ce dernier lac. Mais depuis là, il ne quitte plus son nom jusqu'à la Méditerranée.
Cireonacrit de la sorte à Test par les hauteurs qui le séparent de la mer Rouge et de l'océan Indien, au sud et au sud-ouest par les montagnes de la Lune, l'immense bassin du Nil, reçoit à l'ouest de notfvelles eaux tributaires dont les commencements et la direction ne sont pas encore nettement définis. Cest de ce cêté que les limites du fleuve ne sont pas jusqu'ici tracées avec une précision suffisante, et des conclusions précipitées ont mis en rapport des courants fort étrangers les uns aux autres. La conjecture s'est donné carrière. Que de relations n'a-t-on pas prétendu établir entre tous les fleuves et tons les lacs de cet énorme eontinent et dont la plupart, devant la pratique, sont réduites aujourd'hui à l'état de simples rêves ! Les chaiaes de montagnes qui hérissent le plateau africain, leurs hauteurs calculées ont suffi pour faire évanouir ces fantômes. Le TchAd, le Niger, le Zambéii luimême, sur lequel les voyages de Livingstone ont attiré une si ardente curiosité, appartiendraient à un immense réseau aquatique. Qui sait où pourrait conduire, en remontant aux sources du fieuve austral, ta rivière Liambye et le Luapura dont Torigine se relie peut-être au lac découvert par Burlon? Si ce ne sont pu lee cours d'eau principaux qui forment alliance, ce sont leurs tributaires ou de simples marigots qui servent de traiU d'union. Si une chaîne ou un sol élevé contrarie les hypothèses. Il est toujours facile d'y pratiquer une crevasse j combien de quebradas, ou d'imaginaires dépressions, ou d'ouAdi complaisants et dociles u'a-t-il pas fallu creuser pour mettre le ThAd en intimité avec le grand fleuve de Nigritie, et surtout avec le fleuve des Pharaons I Comment affirmer dans l'état actuel de la science que des rigoles devenues rivières, que des enfoncements devenus lacs durant les mois de pluies et par la fonte des neiges sur les monUgnes élevées, ne joignent pas entre eux les fleuves les plus divergenU d'une région aussi étendue et aussi faiblement explorée encore ? Ainsi l'on arrive à croire que des courante mobiles, qu'une partie de Paunée fait naître et grossir, que d'autres mois amoindritsent ou dessèchent, que des lacs Unt6t gonflés, tantôt réduiU, rapprochent les
1 Cf. fe« 8ourcit$ du Nil trad. firsnç.. par M. Forgne.. 1W». p. 138, wl». t Cf. Dicwverti de tAtbfrt-ITyanta, trad. franc. , p. 814^17.
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so«re«t l«s plut reculées des fleuves qui ont leur embouchure da»s des mers différentes. Pputètre Aristote «vnit-il raifoade déclarer que le Sénégal irétait qa*one braacbe du Nil!... Bo féographie, comme dans toutes Us seienees de nomeuclatmre et d*obser?atioD* la fautaitie est mauyaise conseillèri» ; elle ne produit que ees brumes léeères que le premier voyageur dissipe devaut ses ps. Le Nil eu eootaet avec le lac Tchad I Oui, Ton avait Imaginé ua ée»ulement du lac de Nigritie vers l'Egypte, ua Babr el-Ghaxal, qui n'est pa« celui du K^îiak, et qui Tunissait à la vallée du Nil ; mais le voyage du major Drnham, d'Uudney et de Clapperton (iSli-ti) a démontré qu<* le lae Th&d, comme le lac Fittré plua tu S.-B., n'a pas de devenoir 1. Loin de là. le lac reçoit des cours d'eau ass^ex considérables et il nVn rend aucun ; le Teou. le Sharry se jettent dans le vaste colleetear; les hautes montagnes primitive» que Denham a vues et parcourues au delà du lac Tbâd, rendent tout eiflueni impossible vers le sud ; au nord, le lac et ses eoTiroas sont trop pen élevés pour qn^un cours d'eau qui s'en écoulerait parvint au bassin du Nil, et jamais aucun explorateur n*a trouvé la plus petite rivière tombant dans PAbyiid, à gauche, depuis sou embouchure occidentale jusqu'à K.hartouni, sur un long espace de 785 lieues kii<imétriques. Les indigènes ont dénlitré a M. Weme que le bras occidental du Nil vient de la Barbarie. <:ela est impossible. Uenham et Clapp«rtun ont traversé l'Afrique de la Méditerranée au Tbâd, et ils eussent ren- •ontré ce cours d*ea« sur leur itinéraire. AjonlObS que le grand fleuve sous la même Istitude est beaueoup plus élevé que le lac au-dessus du niveau de la mer. La hauteur du lac est de 920 pied»; à Kbartoum, celle du Nil est de t4:{| pieds. Il faut doue renoncer à mettre le Tchad eu commuuic tion avec le Nil Blanc t. Cependant au sud du Kordofsn tt^^u Derfour, il existe de vastes cours d'eau qui se réunissent en un seul pour se rendre à l'Abyard. II. d'Arnaud a coosiaié Texi^tence de ce tributaire, vers 9o 20' de latitude N., et il lui sembliiil veuir de irès-l^ia. Il loi donne le nom de Keilak >. Or en conservant au Nil au-dessus «le Khartoum la même pente qu'eiitre K-hartoum et le Delta, celle de î pieds, 03, par lieue de 25 au degré (Cf. M. Jomard, Bulletin de la Sodéfé de géographie^ t. IX, p. 274). l'Abyad, à 9*. est élevé de 460 pieds au-dessus de K hartouro, et ii est plus impossible que jamais de faire venir du Tchâi les eaux du Keilak. Mais d'où vieuneut-ellest Cest le problème que M. Fulg^nee Presnel s'est appliqué à résoudre. Le savant consul de France à Ojedda, reprenant la rieille meihode d^Hero^iote, interrogea les pèlerins, lorsqu'il ne pouvait lui-même vit^iter ces contrées toiniaines de l'Afrique centrale, et, s'adressent surtout «ox Tokrouris, à ceux qui venaient des régions à l'ouest du Uarfour il les quesilonni avec discrétion, avec habileté, et de leurs dépositions presque identiques, oontrêlées par d autres témuignsges de Ferions et de Fellâiahe du Bâré, il tira des corollaires ^Ars et instructifs. La grande rivière de l'ouest, le Bahr-el-Ada, Bahr-Ke!lak, que les gens du Soudan appellent aussi Bahr-el-Gbaxal ^,
1 Ce lae d^eouvert par Denham et Ciapperton St naître aussitôt niUe fones théories qui édiouent devant ce fait très-sinpie qu'il ne se décharge psr aucun point. Ce sont les ginu da Bomon qui l'appallent Tchad. 1^ vieux géop^he arabe Ibn Sa'id le nomiae lac de Koura ou ploi6l de« Kourî. Les Koiiri «ont une peuplade barbare qui occupe le pays de Karka, c*eil-à-dire lei Iles sUnêes i rextréiiiile N -B. du lac.
t Cr M. Jomsrd, Bulletin de la Soeiili de géographie, t. X, p. 309.
S • Fi*o le «ultan Abou-Madian, prrlend«nl du Dârfour, disait que le Nil reçoit des eaux d*uiia grande rivière, le Bahr-el Ada ou Bahr-KKilak. p.-it«ant au S. du DArfoor; une autre s'y jette après avoir traversé la Fertyt. D*un grand lac silué loin dans le S., k tiois mois de diftance du Ouadlf, et appelo conoM le fluve, Babr-el-Abyad. sort une rivière qui, selon le sultan Teiana, est à quatre mob au S. du Dârfour. D'après un Baghermâouy (ainsi qoe nous le taton» par V. Kœnig), rAmbirkey, branche du Goula, coule k huit Journées au S. de Bagherm^, et se porte au N.-B. vers le Nil. Enfin un Toyageur récent M. Pallrau, rapporte que le fleuve Blanc coule à travers le Rounga au 8. du Dârfour. • M JooMtfd, loc. rit., p. 807.
4 11 ne fliot pas confondre ce Babr-eMSbatal avec la mer de» Oaaellee^ Immense Tallée que M. Fresne la déerite avec tant de soin [fiuU. de la Soc. de géogr,, t XIV, p. 187 et 112}. Elle
COANT XXYII. 861
baigne le Darfoor au tud; mait il m tient pat do Darfour nénia. Un eoap d'oeil rapide jeté sur Torographie assez nysterieuse cueore de cas vute» cootréet, èelalrcira celte matière. Ce soot les monta::Des du Rounga qui formeot réellement la ligne de partage entre le bassin du TbAd et celui du Nil. En prolongeant cet montagne! vers Touett jus<{u'au Djabal Man<lar«, ou acbeve la cireouseriptioa du Tbâd au mi<li, et on l'acbè? e i Test en l^t ratiachaot du côté du nord au platean sablooneui et désert qui sépare le Ouadày du Darfour pour aller se joindre an groupe de Wadianga. Le OuadAy, ou Borgou, rojaume eousidérable du Soudan orieutal, mais plus au couchant que le Darfour, et à peine couou il y a quelques années, a la pente générale de ses cours dVau dans la direction de l'one^t. Les montagnes du R«funKa, dont la prolongation au nord le protège contre le Darfour, lui Tcrsent les tributaires de ses penus occideutales. Les pentes orieutales de la même chaîne envoient leurs eaux à TAbyad. l^s hauteurs du Rounga ne soot separées du mont Marrab au Darfour que par le Zoum. Ainsi les rivières et torrents dn Waday Tiennent du Rouoga qui ne relève ni du Waday ni du Dar(pur, mais que les WadayeiiS et \e» Fôriens eiploiteni et dévai»ieot les uns comme les autres. Le Zoum a sa source dans la partie N.-O. du Mirrah. coule d*abord au S.-O.» et plus loin an pied du Djabal Mourni, il s'unit à dioite au BAré, dont la source est au N. du Marrab, mais qui, aussi bien que le Zoum, revient au S. par 1*0., en décrivant un plu» grand are. Les deux fleuves, réunis sous le nom de Zoum, coupeut à ciel ouvert le Djabal-Mourni cbex les DAdjou de Mandalah. A|>rès avoir percé le llo»rni, le Z>um court au S. entre le Rounga à droite et le Touroourkié à gauche ; puis entre le Benda et le Baya, où il reçoit l'Ada qni tient de Toucst. A partir de celte jonction, le Zoum, qui avait jusqoe-li fait perdre leur nom i tous •es affluents, prend ensemble avec l'Ada celui d'Ileiss ou d*Ilès. L'Uès continue directeii enl le cours de l'Ada vers Test et se jette dans le fiabr^l-Abyad, au pays des Dinkas, après avoir arrosé celui des rbelouks. Il y a deux mois de parcours de la source du Z>um dans h Marrab, jusqu'à son confluent avec le Bahr-el-Abyad. Tous les affluents du Zoum, en procédant du N. au S., descemlent de la pente oecidenUle du Marrab. Ainsi toutes les pentes du Djabal Marrab. la totalité do Dnrfonr et les pentes orientales des montagnes du Rounga relè/ent du Nil Blanc, tandis que du versant oc-identat de ces mêmes montagnes viennent les courants qui se déchargent soit dans le Pittré (le Batboa s*y lelte par une large embouchure de 400 yards), soit dans le lac ThAd, comme l'uàmm-et-TimAn et le Ru<bo, par le fleuve St-barr y, dunt ils suni d'abord tributaires La ligne culminante du Rounga peut donc être regar lée avec raison comme la ligne de partage des deux bassins du Nil et du TciiAi, et marque leur limite de ce dernier au S.-R. du lac t.
▼oili jusqu'où le problème si difficile de la source occidentale a été conduit avec prudence et réi:ularite. Hais il faudrait une exploration directe sur Tliès et sur les fleuves qui le produisent ; il faudrait les remonter avant de fixer son opinion sur la source la plus lointaine du Nii Blanc. Quelle est la »ource de l'Ada, dont la dépense d*eau est beaucoup pins im|ioriaute que celle du Zoum?
Acettenotiousimple et positive, nous devons enjoindre une autre encore bien conjecturale, mais à laquelle M . Puigeoce Presnel, par la titacité de ses peintures, donne un sinifUiier attrait. Il tient compte de celte vieille idée d'Hérmlnte, que le Ifil sort de l'oufitet coupe l'Afrique par le milieu. M. Vivien de Saint-Martin fait aussi grand cas de cette affirmation ; il pense que ce fleuve dont parle l'historien
part du Kanero ; ton origine a«t an p'al^au d^Abou-lIatchim, au N.-O. de Wâra. Entre la emlléa et le Tebld te trouvent les Tebou-BAleleh. Le Bahr-eUGbatal du nord n'a de reao i la surface du sol que pendant la saiion des pluie», à part quelques mares p«r*i»tanlet. Les Bcni- Hacan quittent celle vall^^e tom les ana et se rapproehenl du Pittré eu du Tchad, puur sauver enr bétail lorsque l*herbe du Bahr-el-Ghatal eut torréfiée.
1 Toy«t • Mémoire de M. Fulgance Freinai sur la Waday, > BtdUtin de la Société de géofp^' phie, t. XIII, p. 19^1.