‹ L'Araucana, poëme épique espagnolChapitre 16 sur 40 · II. îl · texte numérisé non relu

II. îl

et dont Im marebaodi, totrépides voyagean à trayen tout let obttaclet, l'ataieot •ani doute eutreteiiu, ne p«ut être qu'âne des graudei rÎTièret du Soudan. Le fait tit que let géographes arabes ont toujours cru i une communication du Nil et du Djoli-ba. 11 y a de vieilles cartes on le fleute de Timbonkton ta sans interruption, sous le nom du Nil, se réui^r au fleute d*Égypte. Ibn-Batoutab, qui écrivait au ht* siècle (trad. fr. de 1858, t. lY, p. 895 et suit.)} croit que le Djoliba descend à Dongolab et en Egypte ; mais, en général, les géograpbes arabes font Sortir le Nil égyptien et le Nil du Soudan d*une source commune, d*où let deax Beutet courent en ditergeant, l'un à l'oueti, Tautre au nord t. Le cbef des Fellatahs, le sultao Bello, dans la carte qu'il a tracée du Soudan occidental, a écrit en arabe ces mots le long de la rite ganche du Niger t « Ceci est le Kooâra, le fleate qui coule en Egypte et qu'on nomme le Nil *. « Un Pellatah do Foâta-T6ro, qui atait beaucoup voyagé, que M. Pulgence Presnel tit à Djeddab, et qui connaissait bien le Djuli-ba jusqu'à son embouchure occidentale, interrogé sar celte carte do sultan Bello, s'écria sans hésiter : • Oui, le Kooâra est un bras, « et il étendit la main vers le N.-O., t le Nil est on autre bras; toute la terre depuis Sokkolo (S«kk:>tou) jusqu'à Khartoum est une lie. > M. Fresnel lui parla encore du Boatoa, eitréme limite des eipéditions les plus atentureuses des Wftdayens dans le snd de rAfrique et à trois mois de Wâra, leur capitale. Le Pellatah eu atait entendo parler. M. Prescel tira immédiitemeut de ces déclarations les conséquences suitan tes : t Que le Bous>é ou Bossou, tout à la fois nom de peuplade et nom de Bente, ne ditise en deui cours d'eau : celui de l'ouest est la rivière nommée Tchadda par les frères Lander, laquelle se jette dans le Niger au sud de Kaknnda. Le bras Oriental est le Bahr-el-Abyad de Khartoum. M. Presnel suppose qu'il y a un grand lac à l'embranchement; le lac lui-même est appelé Bahr-el-Abyad par let W4dayens. Cepen<iant M. Fretnel s'en remet à pins ample informé, et comme lut, M. Yitien de Saint-Martin espère que la reconnaissance de la rivière d'Adamaoua (le Bénué, la Tchadda), quand elle sera complétée jutqo'aui sources de ce grand affluent dn Kouâra, jettera peut-être de la lumière sur ces notions anciennes. Atee one rare justesse, le consul français de Djeddab fait remarquer qu'une grande difficulté attachée auc informations géographiques, lorsqu'on les recueille de la bouche des Africains, c'est qu'ils ne tiennent pas compte de la direction des court d'eau. Ainsi, quoique la Tchadda porte au Niger le tribut de seseaui (ou réciproquement), Pun quelconque des deux fleutes, pris en amont dn coufluent, peut être pris par eux comme la continuation de l'autre. Ils descendent un courant, puis en remontent un antre, et se disent toujours sur le même bahr^ parce que. effectivement, il n'y a pas solution de continuité entre les deux cours d'eau 8. Ainsi, pour peu qne let données précédentes soient exactes et abstraction faite des cataractes et des gouffres souterrainit, on pourrait aller par eau du Niger en Egypte t i« en remontant le Niger jusqu'à l'embouchure de la Tchadda; t» en remontant la Tchadda jusqu'à son embranchement avec le Bahr-el-Abyad, qui, eomme elle, sort do Bosson ; 3o en descendant le Bahr>el-Abyad jusqu'aux deruières cataractes ^. Ainsi, toute l'Afrique, au lieu d'être ce bloc épais et compacte que l'on se figure d'ordinaire, serait partagée en deux lies : l'une comprendrait toute l'Afrique septentrionale, celle du eeutre et de l'ouest, eaveinppée dans le cours inférieur du Niger, la Tchadda et l'Abyad ; l'antre serait toute l'Afrique au sud et à l'est de cette ligne destinée par les eaux et séparée désormais de l'Asie par le génie patiedt et opiniâtre de U. de Lesseps *.

1 Toyes le Nord tU rAfrique^ Mctlon II. p. 10*21, et la note t de U pag« SI. Las notes mèmn de ce savant ooTra|e tout plut d'une foi» d'excellente» diMcrtationa eriliquet.

t Cr. Denbam and Clapperton. TraveU and discoverie» in northem central Africa^ t. II , p. 109.

pureaenl hjpoibclique <

CDAMT XXVII. 363

tfaift saut faire reculer jiMqii*an lae de BoaieA le baMîn du Nil à Tooest, et en le boraanl, à litre provisoire, an Djabal-Marrah, tonjonrt eit-il que ni le Miisiitipi ni le rio det AMaioaet,aTec ieun gigante«<|nee aniiliairet» eo* seguaei suiy oe le pea< vent comparer à ce Benve anqoel envoient comme è leur sonverain le tribut de lenrt eaox confondue* et le lac Dembéa, et la furèl vierge de Babya daat la hante Abywinie, let sommets aux neiges éternelles du Kénia et du Kilimandjaro, les montagnes de la Lune août l'équaieur et les lacs considérables qu'elles alimentent, lea courants du Rounga oriental et la chaîne d'où le fleuve Zoum s*écbappe pour Coroser avec TAda, le Bahr d*r.ès. Songes qu'au terme même de Texpédition de découvertes, tentée en 1840, et bien loin rncore de tant de sources di vertes, il compte déjà depuis la Méditerranée un cours de 1,279 lieues kilométriques ou de tl50 lieues de 25 an degré 1 1 Combien don Ercilla qui décrit avec tant de poésie le Nil de Derobéa, le petit fleuve accessoire qui inspire tant de commisération au noble Banning Speke devant le spectacle de sa découverte immortelle, combien le chantre de VAraucaut aurait plus raison encore de s'écrier :

c DeslM p«Dascot R«perM pendientei Llamadot lioy el Monte de l« Luna, Kacen del Nilo las famoMf fuentea ! >

An moment d'envoyer ces pages i la presse, nous apprenons par les feuilles publiques que M. Samuel Baker vient de quitter Londres à l'appel du vice-roi d'Ég7pte. Le Khédive lui offre le commandement d'une expédition dans les pays qu'arro»e le Nil Blanc. Samuel Baker sera, dit-on, accompagné par une petite armée équipée aux frais d'ismall-pacha et par une flottille de bAtiments de guerre. Le vice-roi a l'intention d'annexer à ses États tout le territoire du Nil Blanc et d'abolir dans ces contrées le commerce des esclaves. L'infatigable voya;!;eur anglais transmettra régulièreroeut à la Sociéié géographique de Londres le récit des éTénements qui offriront de Tintérét an point de vue scientifique. Puisse-t*il éclairelr tout à fait pour l*Burope les notions réelles et rigoureuseo, les situations précises que tant d*explorateurs héroïques ont laisiées dans une certaine pénombre, compléter les résultats que le gouvernement égyptien n'a pu conquérir encore depuis un demi-siècle. et faire disparaître enfin dans le haut Nil T^ffrense industrie dont gémissent Burlon, Speke, Livingstone et avec eux l'humanité entière!

L'important pour nous attjourd'liiii f^erail de «aifoir, comment la branche orientale du Boii«96, va rejoindra on le cour' de VAb^id, ou )« lac <li!t'ou*t!rl H décrit par IÏ<ikor ; il y a l'i loulc une ymit région trop inconnue pour que U science n'ait paf be*oin à y ^Ire prrcodéc par reT}i1oratiun liardia at invettij^airice mais luulti pratique d« l^uropt^en. U. Fresnel comptait pour ta rivière ?ur l« lac OuaUnneii, dont les Arabes avaicnl appris Peiiftence au rt^vercnd duileur Krapf, • grand lae central de huit junrnét:* de lonjçueur, ^ilué à trois nioi^ dt's c6te< est vl ouest et pnr 4o environ de latitude and • (Cf. Freinel, c Memuire sur le Woday, » Bulletin de la Société de géographie, t. XIV, ^u 1C9). De ce lac, disaient Ic^ Djcllubs, sort un (ItMivo qui ra au paji des Blancs; mais combien Us récits des indigènes nu pont>itï pnsinUdèles ! Nefaisiiiienl-ilfl pas alimenter le fleure Sclurry par te Tch<id dans lequel il se décharge? Si pour U. Fre#nel rUuniamcci est le Tanganyika, visité par Biirt»n t-t Speke au pays de l'Ouniamoueii, cette direclion est mal choisi)!; le 1m n'établit pat la roui mu II icalioii du Nil el du Ni^er, ptn^iiiu* 1c Tanziiryika n'a (unnl d'affluent repleninonal romme les Arabei l'av.iienl |.i' ' ^^i^ ■^■i i v!. ;, ■ : itudd

B*e«4 pas exacte. L« néce-«ilé d'une ciploralion !«eriuu c ci u^NUi^=.-.u i.^i,..a.at il- iix*j.»;l dit

encore ailleurt \,loc. cif., p. 377) : « On peut concevoir cette eommunication, non-seulement en ..-. .. .. .,..,. . . .^ , 'i en admettant, entre elle et

laue dea crue^, la jonction

- . . faut toujours n(i«;>oser, at

inalfré le savoir et la pénétration singulière de M. Fresnel, malgré ton expérience réelle et pro* fonde dea boanmas et des cboaat , noua penserons avec lui ndroe comme avec M. Vivien de Saint-

encore aiiicuri \.ioc. cif., p. il i) : • un peui concevoir ceiie communica toppotanl q<ae la Tehadda sort immédiat ement du lac Ounjaméeî, mai* en j e« lac, rextatence de deiit marigots tels que ceux qui forment, à pHpoom do Sénégal avec la Gambie. » Oui certainement, cela peut être ; mais il fau

j^agnarail pas d« reculer davantage. La pante des eaux entraînées ver* Pest serait toujours marquée

Ïiar une ligna culminante aii|ourd*hui mal déflnir eneore entre le bassin du Nil at relui peut-être du :ongo supérieur (Cf. M. Beke, Bulletin de la Société de géographie, t, X, p. 810 et suiv., 1848). 1 Cf. K. lemard.vJDe la pente du Nil Blanc {BuUetin de la Société de géographie, U IX p. «69, nota 1).

SoMMÂiBB. — Glaura fait à EreilU le récit de tes tristes destinées. — Fille d*uD puissaot cacique, elle viTsit heureuse, lorsqu'un jeune parent de son père, Fresolaou est reçu en hospitalité d^ns sa demeure. Il s*eprend pour elle d*nn fol amour qu^elU repousse avec froideur et dédain. — Comme il lui peignait sa tendresse pour elle, un gros de chrétiens enveloppe la roai»on, et Fresolano meurt en les eombaitant. — Glaura ne doit son salut qu'à la fuite. — Elle erre dans les buis sans espérance. — Deui misérables veulent f«ire d'elle leur proie. Cariolan les voit et leur fait subir te châtiment dû à leur audace, il deTÎent l'époux de Glaura, mais une rencoutre funeste les amène deraut une troupe d'Espagnuls. Sur les ordres de Cariolano, GUura cherche un refuge dans la forêt voisine tandis que le jeune guerrier lutte avec courage contre ses adversaires. Lorsque les bruits du combat se sont apaisés, elle sort de sa retra te et cherche inutilement le heroa. Est-il mort ou prisonnier? Elle finit par apprendre que Us Esjjaguols se sont rendus à l'Impériale, qu'il» doivent revenir i Tucapel par Purén; elle essayera, sous un déguisement, de surprendre quelque trace de son mari. Mais, hélas ! elle est tombée captive entre les mains d'fircil'a, et il ne lui reste plus qu'a mourir. Elle achevait à peine, que la troupe espagnole est enreloppee «tans uue embuscade des Araucans, au fond même du deâie de Purén. Un Indieu accourt pour sauver Ercilla. C'est Tyinacona du poète. Celui-ci lui avait accordé la vie à cause de la noble résistance que seul il avait osé faire ani soldats chrétiens. Glaura reconnaît CariuUn. Rrcilla leur donne la liberté, et court à la defeuse des Espagnols. — Le danger était extrême; mais Ercilla, suivi d'une poignée d'hommes audacieux, parvient à Kravir les hauteurs. L'ennemi, qui déjà courait au pillage, reconnaît des Espagnols à la crête de la sierra et se voit pris entre deux feux. Il se disperse de toutes part*. — Vaincus, mais chargés de butin, les ludiens sout rudement châties par Caupolicin pour l'avidité qui lenr a fait perdre la victoire. — Les Espagnols rentrent à Tucapel, avec de grandes perles, mais en triomphateurs.

Celui dont l'existence est libre et tranquille, doit resler cependant sur ses gardes; car la chute est toujours immiDente, si Ton ne montre aucun souci du péril. Souvent nous voyons une destinée heureuse se changer en sort déplorable, la liberté en une dure sujétion, et la prospérité en détresse.

{a Fortune est si variée et si mobile ! Bien qu'elle nous apparaisse quelquefois en amie, à peîne le bonheur a-t-il frappé à la porté, déjà dans l'intérieur môme de la maison le mal nous tourmente, et nous tenons pour chose certaine qu'il n'y a aucune faveur que ne suive un revers. Prions les cieux qu'il ne nous arrive pas, et s'il doit arriver^ que légère du moins soit cette peine inévitable.

Je le comprends trop, car do ceci j'ai grande expérience S il faut toujours ^craindre le malheur. Les temps joyeux passent en un instant; les heures de tristesse durent et se prolongent jusqu'à la mort ; et puisque son exemple justifie ma pensée, écoutez la femme barbare que j'atteignis dans la forêt profonde, comme je l'ai dit, et dont les vêtements annonçaient une personne de haut lignage.

Elle était jeune, grande, bien venue. Son front était noble et ses yeux d'une perfection singulière, son nez accompli, sa bouche vermeille, et ses <ienls semblaient enchâssées dans le plus fin corail, lillle avait la poitrine large et relevée, les mains délicates, les bras du modèle le plus pur, et sa beauté s'accroissait encore par le charme naturel des traits et du maintien '.

1 i« De aeaehillaHoeii este, * llltéralement, t j*ai élé asMf tailladé pour le sarotr.» Cett ooe métaphore emproatéeà la Tie militaire. Hait, dans Tiitage, la lanjrue espagnole emploie souvent cette locution comme va simple synouyme de ■ eiperto, ■ «t Viriaterlhif traduit avee une eiactitude sofOsiinte :

« leh Mibsl nabm aut Erfkbnmg wahr

Da>« nie lu lrau«a Mi dem gûnti'gen Glûek. >

* Grainrille traduit avee aisance, mais en abrétreant an peu ; « Sa taille était msjeituettSfp ; son front parfaitement desainé; ses yeux noirs et bien fendus, sa lM>uche fret he et vermeille ; son maintien noble et ses grâces naturelles ajuutaient «Bcore à tes attraits • (/. c, p. 190).

866 UABAUCAlfA.

Je Youlus savoir pourquoi elle venait seule à travers ce bois sombre et sauvage, avec plus de sécurité que n'en permettaient sa gracieuse flgure et sa rare gentillesse^ et je la rassurai contre l'effroi qui remplissait son ftme. Elle fit alors entendre un soupir qui eût touché et attendri le cœur le plus rebelle et se prit à parler ainsi :

« Je ne sais dans mon infortune si je dois me plaindre ou si je dois remercier le sort et les destins^ puisqu'ils m'ouvrent une issue et me donnent un libre passage par lequel il m'est possible de recevoir la mort. Mais cependant si tu veux connaître mon bistoire funeste et ces cruelles douleurs ^ auxquelles mon esprit émoussé fait insulte et qu'il ressent moins vivement que je ne devrais ', sois attentif, je te prie, aux détails que tu vas entendre.

«Mon nom est Glaura. Je naquis, bêlas ! dans une beure sinistre '. Fille du vaillant cacique Quilacura, du sang illustre

1 De eette octiTe d*Ercilla, GrainTïlIe u*a cooiervé que let ven 5, 6 et 8 ; cf. p 191.

2 « Que aan le agriTit mi poeo sentimiento. » Wiaterling rend le vert d*ErciUa par un équivalent :

« Von dem leiT&Ket i*l Bcin Hen. •

Uexpreation d*£rcilla est un peu étudiée daoi ion pathétique même. Glaura aemble te reprocher de ne pas rear^entir assez la TÎTe douleur que loi derrait caoter son infortune; elle fait par là injure pour ainsi dire i u peiue, et elle en veut à m molle sensibilité qui ne lui parait pas au niveau de ses nalbenrs. Celte fonanle de passion, tout espagnole, a échappé an traducteur allemand. Les peuplée méridiouaui mèleut souvent des rafBnements étranges et de singulières fleurs de rhétorique au langage de la tendresse la plus sincère; ne retrou ver-vous pas une certaine subtilité jusque daus Texaltation passionnée de sainte Thérèse, lorsqu'elle u*épronve plus qu'un désir, celui de voir disparaître le dernier obstacle qui la se* pare du Dieu qu'elle aime, et qu'avec une ardente eatase a'aroour elle s'écrie : • le meurs de ne pas mourir ! • Quelque sublime que soit le sentiment qui inspire l'élo* quente sainte d'AviU, il nous semble voir un peu de recherche dans la forme.

* « En fuerte hora nacida. * Fuerte trouve son commentaire naturel au ^• vtrt

CPANT XXYIU. 867

de FrisOy riche de bieni, pauvre de bonheur, j'éUii entourée de respects et d'hommages par une foule nombreuse, à cause de ma naissance et de ma ?aine beauté. Ah l douleur I combien il eût mieux ?alu pour moi n'être qu'une simple et humble gardienne de troupeaux !

« Dans la demeure paternelle. Je vivais à mon gré, comme unique héritière. Toute sa Joie, toutes ses pensées, mon père les mettait à me rendre heureuse. Ma volonté et mes ordres étalent en toute chose obéis comme une loi inviolable , et lorsqu'il s'agissait de contenter mon plaisir et mes goûts, pour moi il ne voyait plus rien de difficile.

« Mais bientôt l'Amour, tyran odieux, qui tiouble toute paix, conduisit à dessein, sur notre terre et dans notre maison, Fresolano. Jeune héros plein de vigueur et de bravoure. Cousin de mon père infortuné, l'amitié les unissait plus encore que les liens du sang. Quilacura n'avait d'autre volonté que la sienne, et ses biens n'avaient entre eux deux aucun mattre exclusif.

« Ami dévoué, mon père m'ordonna d'accueillir le guerrier avec faveur, et moi Je m'efforçais de bonne foi et avec des soins em-

de la même octave : • pobre de venlora. » Le ieuqo'BreUla donae à eeUe épitbète ae reproduit dana l'octaTe 40« :

« Bien que el Mlado en qne me toma «t fuerte. >

Le ton poétique lai-roéme, t en fuerte hora nacida ■ est profondément espagnol. Il revient sana cesse dana le Poêma dêl Cid :

m El que en boen ont elaso etpada. >

• ... En buen ora fueilei naeido. •

• ... La Uenda del que en bnen ora nâsco. •

etc.

368 LAHAUGANA.

pressés d'être agréable à notre hôte ; mais il abusa bientôt de mes procédés courtois. Sa fldélité chancela; il outragea les droits de l'amitié, franchit toute limite et s'élança sur une route coupable.

« Soit que des relations habituelles l'y poussassent, soit, pour mieux dire, que mon infortune le voulût ainsi, et sans doute cette cause a été plus puissante que ma beauté illusoire, l'ingrat, oublieux de l'hospitalité reçue, au mépris de In parenté qui l'unissait à moi et à mon père son ami, s'éprend de passion pour ma personne, et cherche le moyen de remédier à sa peine amoureuse.

a Souvent son maintien et des paroles détournées me découvrirent ses sentiments. Je compris que son vouloir et son désir criminel franchissaient les bornes prescrites. Mais, hélas ! par le , tourment que je souffre moi-môme, je vois ce que le malheureux souffrait alors. Je suis enfin arrivée aussi jusqu'au pied du funeste poteau ^ , et quel mal puis-je dire du coupable '7

<^ Xlll

0 Mille fois je le surpris soupirant, les yeux arrôtt^s sur moi avec tendresse; ou bien il essayait avec timidité de donner jour à ses projets audacieux. Moi, j'évitais l'occasion dangereuse, et par ma gravité, par la réserve de mon langage, le plus sûr moyen pour réprimer les aveux téméraires, je ruinais son chimérique et trompeur espoir* .

1 « ..... He MtpAo al pié Ae\ palo. >

La ûfLUre employée ici ptr don Ercilla est empruntée ta sUde. Touf leteooreurs engagés dans la carrière arrivent, les uns un peu plus tAt, Im autres un peu plus tard, au terme qu'uue loi fatale semble leur désigner à tous. Winierling n'a rendu que la pensée morale : Die Uet>e wusste m«inen Kaluinn so xu rScben.

* Grainville substitue aux quatre derniers vers de cette octave les mots suÎTanls: t Mais doii.-je vous dire ce que j'ai tant souffert à entendre? * (p. I9t).

S Graiuville traduit avec quelques oruemeuts supplémentaires : <• Souvent d'un air soumis et timide il se hasardait à faire de ces coupables larcias...Un coup d*œil sévère lui imposait aussitôt et je trompais son fui espoir s (p. 192).

CHANT XXVÎII. 869

« J'étais UQ jour seule dans mon appartement, loin île craindre aucun acte de hardiesse, lorsqu'il vint se jeter à mes pieds, tout rempli de trouble et de délire. Il me disait en tremblant* : «Ohl ma Glaura, la raison et la patience n'ont plus d'empire sur mon âme ; je n'ai plus la moindre force capable de résister ù rinviocible puissance de l'amour.

« Oui, Sefiora, sache que dès le premier jour où j'eus la fortune heureuse et la joie de venir en ces lieux, l'amour me mena aux limites extrêmes de cette vie douloureuse et misérable; mais puisque je meurs en l'aimant et par toi, je voudrais savoir si celte mort te cause quelque plaisir; car s'il en est ainsi^ je ne connais rien au monde qui puisse m'ofTrir un égal bonheur '• »

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