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roi intervlot par un décret, et, en se déclarant, enlevftt leur prétexte à mille complots.
Et enfin, pour ne laisser aucun moyen sans épreuve, pour tenter toutes les ressources, pour que l'aveugle passion ne troublât pas le repos et la ti*anquillilé des royaumes, avant que la haine secrèle fit explosion, deux hommes éminents et illustres, choisis parmi les membres de son royal conseil, furent envoyés par le prince à don Enrique.
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L'un est Rodrigo Yasquez* qui, plein de circonspection et de droiture, nourri de savantes études, avait donné bien des preuves de sa grande expérience, de sa pénétration Judicieuse et de ses lumières. L'autre, doué d'une aussi vaste capacité et célèbre dans les lettres, était le docteur Molina *; tous deux esprits distingués et rares, tous deux en grand relief et de haute renommée.
i Rodrigo Vasques. Nous croyons quMl s*tgit ici du saTtot jésuite Gabriel Vasques, né dans la Nouvelle-Cattille. Il mourut en 1604, après avoir professé la théologie dans les principales uoiversilés espagnoles et à Rome même. De Thon le nomme Rodrigue Vasquex, comme Ercilla ; mais celte confusion de noms propre» e»t très-fréquente ches les écrivains, soit parce que sur deui prénoms ils omettent Tun ou l'autre, soit parce que le préoom originaire disparait sous celui que le personnage désigné reçoit en reli^rion et garde en définitive. Quoi qu'il en toit, Vasquex et Molioa sont cites comme licenciés par Ferreras, comme célèbres doeteun em droit, par Thistorien de Thou. Parmi les jurisconsultes de son temps, Philippe U aimait surtout i choisir les casuistes les plus renommes pour soutenir les intérêts de sa politique. Les jésuites, aussi doctes qu'habiles, étaieut ses diplomates.
i Le docteur Molina. Il s*agit du célèbre jésuite espaKOol, né à Cueiiça en 1535, et qui professa vingt ans la théologie a l'université d'Evora. Il mourut en 1601. Sa doctrine, connue sous le nom de Molini$me, a eu un grand retentissemeut en Europe, et tout récemment l'éloqueul Jaime Haïmes s'appuyait encore sur ses maiimes politiques (Cf. « El protestaotismo comparado con et Catolicismo en sus relacionea con la civilisacion europea. >) Le choix que le roi d'Espagne fit de Vasques et de Molina était dicté par une prudence vigilante. Comme Christophe de Moura, le d«e d'Osuna et le licencie Guardiola, s'étaient convaincus de bonne heure que don Enrique favorisait le parti du duc de Bragance. Pour lui faire perdre ce sentiment^ Philippe 11 employa les Jésuites qui avaient une grande au'orité sur l'esprit dn rd» «t qui en effet réussirent mieui auprès du souverain cardinaL Don Enrique devint bientôt plus froid pour la cause qu'il avait préférée, et Bragance lui-même fut habilement désintéressé par les sages manœuvres de l'Escurial. Cependant Vasques e
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Ils devaient décider don Enrique , rinformer de tous les détails^ le satisfaire sur ses moindres doutes, afin que les cortès, qui étaient déjà assemblées, fussent aussi instruites par lui des droits de Felipe, et que celles-ci à la multitude opiniâtre et passionnée pusseut retracer les avantages communs , promettre libertés et fueros, pour l'amener sous son obéissance,
Mais quoique le vieux et prudent monarque comprit bien que tel était l'intérêt général, et que les termes exprès de la loi attribuaient directement à son neveu la couronne, il ajournait toujours sans motif, toujours hésitait et suspendait la solution, pour que ses sujets et le peuple de ses Ëtats recueillissent de ses lenteurs de plus complets privilèges ^
Mais tandis que ce roi lent, temporiseur et circonspect, reculait sans cesse le terme et différait sa réponse, arriva pour lui tout à coup le terme fatal de la mort, fixé par Tauteur de la création. Aussi son successeur fut-il contraint, devant un peuple rebelle et obstiné, pour aborder le territoire et dompter les esprits révoltés, de joindre les armes et la force à la justice.
Auparavant quels ne furent pas ses eff^orts envers tous? Quels moyens de pacification ne mit-il pas en œuvre? 11 sollicitait les plus opiniâtres et les plus résolus par des présents, des promes-
Holiua, tous deot malgré leur science et leur adresse, n'eussent peut-être pasobleou ce ehangemenl mieui que les ambafisadeurs auxquels Philippe les joi»:nii, Ma* une autorité plus personnelle et plus directe sur rame du chef portugais. « On assure qn*il n'7 eut que le jésuite Léon Boriques, coufesseur de Henri, qui lui rendit ce service. • (De Tbou, t. Via, p. tiu.)
1 Octave supiirimée par Wiuterling. Elle est destinée par l'écrivain k nous faire coniibltre la véritable cause ces héaitaiions du roi Burique.
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ses^ des emplois; mais la populace mutine et obstinée, méprisait les biens qui lui étaient offerts, laissait éclater son aveugle inimitié, et fermait tout accès au droit et à la raison *.
Qui pourrait tous dire tous les événements dont ici le tableau se retrace à mes yeux, tout ce bruit de trompettes retentissantes, et ces étendards qui frémissent déroulés au vent, les armes meurtrières qui s'apprêtent sur les frontières du Portugal et de TEspagne, l'appareil et les machines de guerre^ les batailles livrées sur la terre et sur les flots ?
Au milieu des armes cruelles, on verra éclater aussi des actions de droiture et de justice, des exemples de clémence et de grandeur auprès de la haine acharnée et persévérante, la libéralité magnanime et prodigue qui gonfla les sacs de Tavarice, et d'autres traits encore où se puisent toutes les couleurs et toutes les vives nuances^ capables d'enrichir le pinceau des écrivains ••
Qu'ils chantent désormais, ceux-là qui ont la veine poétique, qu'ils enfantent des vers harmonieux. Felipe leur donne une matière belle et inspiratrice, un champ libre et spacieux. L'occasion favorable et la fortune heureuse ont plus de valeur que le travail infructueux ; travail infructueux comme le mien 1 qui toujours a porté sur le roc ou dans le vide *.
* Wiuterliug efface cette octave, nécessaire à uoe intention trèa-prononcée dn poète qui est de nous faire admirer la lougue patience de Philippe II, méoie i l'instant où la force des armes semble désormais devoir seule trancher la question.
s Ces huit vers sont encore supprimés par Winterlinf . lia aons offrent eepcndaat le tableau abrégé de toutes les conséqueuces d*un« guerre que Tauteur renonce 4 décrire. Il y a là un procédé auui laconique que eompréhenaif et «ne marque de taleut que la version allenaude n'aurait pas dû faire évanouir.
s c Que siempre ha dado en seco j en vacio. »
Ereilla parle ici des travaux de ta vie entière. 8*il t eomnencé le poCme de
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Combien de terres j'ai parcourues I Que de nations j'ni traversées vers le nord chargé de glaces et dans les basses régions antarctiques, à la conquête de Fantipode inconnu I J'ai franchi cent climats, j'ai changé de constellations, parcouru des niers que personne n'avait bravées, pour étendre. Seigneur, votre couronne jusqu'à la froide zone de TAuster.
Quels voyages aussi avez-vous entrepris jamais sur (erre et sur mer, sans que j'aie suivi vos pas, en Italie, à Augsbourg, en Flandre, en Anglelerre, quand ce pays vint pour vous demander à être son roi? C'est de là que le fracas terrible de la guerre m'a entraîné pour votre service jusqu'au Pérou; des milliers de glaives arrachés du fourreau étaient brandis avec fureur contre votre pouvoir,