XVII -' .V
Ainsi Tucapel, perçant d'outre en outre l'armée chrétienne, arrÎTe Jusqu'à ses amis qui continuaient de battre en retraitera pas lents, et marchaient avec Tordre et la disposition qu'au printemps nous voyons suivis par les grues, lorsqu'on dehors de leur longue et noire volée aucune d'elles ne s'avance ni ne s'écarte.
Bien qu'en petit nombre, lorsque nous vîmes les Araucans tourner l'épaule et s'éloigner du combat, nous sortons à grand bruit de noire retranchement, et, réunis en bataillon dans la plaine, nous les suivons à pas mesurés, pour user de tous les avantages de la victoire ; mais nous revînmes à la hâte, craignant quelque embuscade des barbares ^.
1 Ici est le terme de cette grande bataille qui a commeneé preiqae an début du ehaat xix et dont nous Tenons de Toir les derniers incidents. C'est l'acte sanglant, aélé d'épisodes divers, par lequel se renouvelle la lutte des deux nations, depuis qu'une année entière est arrivée du Pérou pour réparer les désastres de la Coneepcioo et mettre le frein aux héroïques iniurgés de l'Ariuco. Rien ne manque à cette riche et poétique peinture, ni la variété des caractères, ni Tineertitude du déaoâmeat, ni Téclat et la grandeur des images, la beauté et l'élévation du style poétique. C'est un des exemples les plus remarquables du talent d'Ercilla et les plus capables de nous prouver combien il se rapproche des grands maîtres de l'art, i'obligatioii du traducteur est de n'enlever à l'original aucun ornement, aucune nuance; et n'est-il pas douloureux de lire ces belles et vivantes pages de dou Erdlla réduites aux humbles proportions que Gilibert de Merlhiac leur inflige? C'est k poète eouebé sur le lit de Procuste. • Les Barbares se mettent en marche, et se prétentent, en tumulte i>t avec de grands cris, devant le fort. Les Espagnols, quolqae surpris fie cette atlaque, préparent une vigoureuse défense ; mais, malgré leurs formidables dispositions, la rage de nos ennemis est aveugle, «i les remparts sont
io% l'araucana.
L'attaque opiniâtre avait duré jusqu'à l'instant où le soleil, au plus haut point de sa carrière, avait encore autant de distance à parcourir au couchant qu'il avait déjà franchi d'espace depuis l'aurore. Rassurés désormais, en attendant qu'il achevât sa course ordinaire, et ramenât les heures nocturnes qui appor- *.tent &^Q&4c^fe tepos de ses fatigues,