‹ L'Araucana, poëme épique espagnol (volume 2)Chapitre 100 sur 124 · XL I · texte numérisé non relu

XL I

Ils étaient arrivés sur l'emplacement désert de Penco qnt déjà l'herbe couvrait. Au milieu de l'ancienne ville ils choi sissent un site qu'ils fortifient d'un rempart en terrasse. L'eoceinte haute et carrée est défendue par deux puissants bastions qui déploient chacun deux faces, et à chaque face une balte rie, armée d'énormes boulets, garde le passage. 1

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La population voisine, par les marques d'une docilité feinU. assure les nôtres d'une paix trompeuse. Ole attendait le secoun promis qui s'avançait mystérieusement et sans bruit. MaisU marche des Araucans ne fut pas tenue secrète. Déjà panci les chrétiens on disait que le vaillant Lautaro avait franchi le: montagnes avec une armée d'élite.

On répétait que dans ses rangs marchaient Purén^ Tumé, Pillolco, Aiigol et Cayeguano, Tucapel dont pas un Araucaa n'égalait l'orgueil et l'audace, Ongolmo, Lemolemo et Lebopia. Caniomangue, Ëlicura, Mareguano, Cayocupil, Lincoya, Lepomande, Ghilcano^ Leucoton et Mareande.

Tous ces vaillants célèbres s'étaient préparés pour cette guerre avec deux mille autres soldats exercés, choisis dans l'armée immense des barbares. Ils venaient munis de fortes cuirasses^ de piques énormes aux larges pointes, de massues armées de fer, de haches tranchantes^ de javelots acérés.

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Ainsi équipés, les combattants cheminent dans le calme de la nuit^ et à la faveur de Tombre profonde, sous la conduite et sous les ordres du vigilant Lautaro. 11 veut arriver au moment où rétoile du matin réjouit les champs attristés et ranime la verdure, avant qu'un avis donné par un traître ait permis de soupçonner son approche.

Mais les Espagnols, par la voix d'un barbare associé à leur cause, savent que Varmée ennemie s'avance avec de sinistres desseins. Prévenus du péril dont je parle et de toutes les trames secrètes, ils se préparent aux dangers et à la bataillei munissent les fossés et les remparts.

Le chef et capitaine des Espagnols était le noble Juan de Alvarado, né dans la contrée de Burgos, homme habile, vigilant, plein de ressources, de grand cœur et de rare prudence. En garde contre Fagressîon qui le menace^ il déploie un ordre singulier, une activité prodigieuse, ne perd aucun instant, aucune occasion^ aucune mesure favorable^ et se hâte de prendre tous les moyens de défense.

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