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Alors le bruyant Mars remonte sur son char avec un fraa horrible, et, enflammant de colère ce peuple belliqueux, F court TArauco toujours prêt aux combats. Le dieu fait aabï trembler la terre, lorsqu'il pousse en avant ses coursiers à l'oo^i d'airain. Il brandit de la droite son fer homicide et trancbaolen frappe l'énorme bouclier que porte son bras gauche *.
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Aussitôt les guerriers, transportés de fureur, saisissent les arffi« et renoncent au repos. L'Indien étranger accourt de loin àU? pftl séduisant delà guerre *, Tous renouvellent la pointe deH^ lances, adaptent la corde à leurs arcs vigoureux, donnent p' de poids à leur massue, éprouvent le frêne de leurs for/e^P ques.
Ainsi déjà les guerriers allaient en tumulte et faisaient reij'| tir leurs armes. Leurs vœux ardents aspirent à recomffleflc^^ exercices de la guerre. Ce fut dans une orgie que, suivant ^J^ antique usage, et fidèles à un vice déplorable, se réuniren '^ chefs les plus illustres et les plus distingués^ pour délenB^ la marche qu'ils auraient à suivre.
Pendant que le conseil public discutait les intérêts de ' et les moyens d'étendre ses limites , quatre soldats arnn d'un pas rapide, la tristesse peinte sur le visage. Us font s^^ aux caciques que déjà sur l'emplacement où Penco nQon|rai -^ ruines, une foule d'Espagnols sont à l'œuvre, et conslruis^D « vaste et solide rempart.
1 Cf. Virgile, En., XII, 381-336. -dmelU'*''
« Ce» ver», et ils ne sont pas les seuls, prouvent que les Arâuc*« » ^^^, ,dans les rang» de leurs soldats des Indiens élraugera ; nous Terrons (cb* *> ?^.^/^/*' qu'ils les appelaient aussi à partager le» réjouissances des jeux puhliC' traduit fort bien :
« Geinckt Tom Kriege strômt ans fernem Land Eia Hcer voa fjraïadeia XiaUiUDgen herau. »
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(c Nous venons^ ô guerriers^ disent-ils, de la part des tribus i^os voisines, avec l'entier pouvoir de tous promettre^ si vous [chassez de nouveau les chrétiens, une somme d'argent pour rétribuer vos fatigues et le travail de vos bras. Si vous n'obtenez pas les résultats que nous désirons, vous recevrez encore la troi* siùme partie de la récompense convenue '.
c( Nous connaissions l'insuffisance de nos ressources et notre faiblesse pour résister, même tous ensemble, à nos ennemis, sans le soutien de votre courage. Aussi nous leur avons accordé l'entière soumission à laquelle nous sommes accoutumés de nous assujettir dans les jours malheureux. Non que nous ayons lâchement cédé à la tyrannie et aux coups de la violence, car, si nous sommes infortunés, nous savons pourtant combien est court le dernier soupir, et qu'il ne faut à la mort qu'un instant pour nous aflranchir de nos deslins;
« Mais, comme l'Ârauco est tout près de notre contrée , et que la mobile roue s'est fixée en votre faveur, la paix nous a semblé le moyen le plus sûr pour guérir tous nos désastres; et si le sort cruel renverse notre espoir, il nous reste, il nous reste alors à mourir, car nos bras ne seront pas épuisés de vigueur au point de ne pouvoir déchirer nos propres flancs.
« Vous avez sous les yeux et dans tout son jour l'objet de notre ambassade. Vous voyez quelle nécessité nous presse. Discutez à l'heure môme. Nous attendrons la réponse et la
1 Winterling a supprimé l'oclave 28*. Peut-être a-t-il été choqué par la crudité ile la proposition que ces quitre Indiens vienueul faire aux Araucaus. Ils leur promettent une « suma de ditieros, » si les vaillants guerriers s'arment pour chasser les chrétiens loin de leur territoire envahi. Nous n'avons pas cru devoir modifier ce trait naïf du caraclère des sauvages. Dans Rome civilisée, les factieux 8*adressan( aux légionnaires, leur conseillaient bien d'exiger de leurs chefs une gratification en argent, prœmium pecunia solveretur. (Tacite, Annal, I, 17.)
décision du conseil. Nous vous demandons de promptes mesures ; la promptitude seule nous permettra de précipiter^ sam courir de hasards, l'orgueil et la confiance des Espagnols, avant que les délais leur donnent de nouvelles forces. »
On ne saurait peindre la vive allégresse que le langage des envoyés fit naître chez les caciques. La proposition a'était pas achevée encore, et déjà tous Vavaient accueillie dans leur pensée. Mais ils durent s'imposer un frein et se contenir, car la parole appartenait d'abord au fils de Leocân. 11 consulta les | chefs, et répondit en ces mots au nom de toute rassemblée :
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« Nous sommes à bon droit surpris de ce que nous avons entendu de votre bouche. Est-il donc vrai qu'il y ait des chrétiens assez téméraires pour vouloir encore en venir aux prises avec nous? Allons, prenez courage! Car ces vaillants caciques acceptent vos offres, et s'engagent à cotte expédition, et, s'ils n'achèvent l'œuvre tout entière, ils ne veulent recevoir aucune récompense de leurs travaux '•
« Vous pouvez retourner maintenant dans votre pays avec cette promesse que certes nous saurons bien réaliser. Nous fondrons sur les chrétiens aussi vite que se pourra donner l'ordre de Tattaque, et nous ferons voir avec éclat le mépris que nous avons pour eux. Mais vous, ayez soin de veiller avec prudence, et de nous signaler toutes leurs entreprises. »
Pleins de joie, les quatre messagers se retirent afin de porter aux leurs cette réponse. Us volent, et bientôt ils sont revenus
1 Winterliug, efface encore cette octave. Serait-ce à cause de la jactance et de l'orgueil de Caupolic&n 7 Mais il en est ainsi plus de cent fois dans VAraucana, De tels sentiments se montrent partout et chez les Indiens et chez les Espagnols ; et devons-nous faire évanouir toutes ces couleurs distinctivei ?
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luprès de ceux qui les ont envoyés et qui à tout moment épiaient leur retour. On apprend Theureux succès de la décnarche. Tous^ dissimulant leur bonheur et leur trahison, se soumettent, avec une réserve résignée aux plus dures exigences, pour mieux couvrir leurs perfides projets.
Dans leur conduite ils se montrent apprivoisés. Aucun d'eux ne prend en main ni ne défend la cause du pays. Ils savent que Le remède le plus certain dépend de l'armée araucane, el mettent tous leurs soins, leur fausseté la plus attentive à masquer la vengeance espérée, derrière le voile de la soumission, à la cacher dans le silence le plus mystérieux, pour assurer la réussite de leur complota
De notre nation et de la ville détruite j'ai mis grande négligence à parler. Mais comme on a coutume dans le monde d'abandonner le parti du vaincu, ainsi, sur les traces de ceux que la fortune favorise, j'ai suivi la route ordinaire; et, si dans cet endroit l'occasion ne m'avertissait, je crois que plus il ne me souviendrait des autres.
J'ai conté le ravage de la ville et la fuite des liabitaints. Je les ai menés jusqu'à la fin de leur marche. Là, j'ai été contraint de les abandonner. Revenons maintenant au récit de leur histoire, et à l'infortune cruelle dont le destin les accablait. Ils séjournèrent à Santiago tout le temps pendant lequel je n'ai plus fait d'eux aucune mention.
Dans cet asi'e, les fugitifs se pourvurent de toutes les res-
1 Octave qui u*exis(e pas dans la tradunlion de WinlerliDg. Krcilla insiste avec raison sur ces détails qui mettent du côté des Araucaus un semb'ant dt; perfidie. Il est vrai que les Espagnols avbient recours à des procédés analofi^uep. ils accueillaieut les Indiens parjures à l«'ur rause, et qui pour les servir abandonnaient leur patrie. Hais, colorant alors la trahison avec de beaux litres, ils les appelaient des « Indiens amis^ » des Yanaconas !
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sources nécessaires, et, à la majorité des suffrages, ils se ré>^ lurent à faire sortir de leurs décombres les murs de Penco. A\eJ beaucoup d'efforts et de dépenses, ils levèrent une pctiJ troupe de soldats. Je ne puis dire la cause qui en reDdit !:; nombre aussi borné. Était-ce faible solde ou grande frayeur? 1