XII
« Chef illustre et excellent^ disaient-ils, tu ¥okle danger qanous presse et les forces menaçantes d'un barbare qui place 1^ Chili dans une telle extrémité. Notre ressource la plus efficace est dans une troupe de soldats, et tu peux voir toi-même deqo^prix coûteux est une armée. Aussi est-ce au nom de ton rvi que nous te requérons de nous accorder ici l'objet de noU^ prière.
Xlfl
« C'est ton fils, ô marquis I que nous te demandons. Telle e$! sa bravoure et telle est sa bonne grâce, que nous sommes assurés, avec sa personne, de mettre fin à notre détresse et à m malheurs. Oui, seigneur, ses qualités sont pour nous d'heureui garants. Nous le savons^ c'est une loi de la nature, et même ic
1 A Santiago, à l'Impériale et dans les autres villes du Chili restées saiu direction et sans maître.
LÀRAUCANA. S 29
parmi la foule c'est un vieil axiome : Jamais du lion ne naquit un agneau ^
« Et puisque ce sont les guerriers qui nous manquent à ce points quand on saura que don Garcia commande l'expédition, se mettront en branle peuple et cavaliers, heureux de marcher sous un pareil guide. Ce que ne pourraient obtenir de vastes trésors, l'amour le fera et la courageuse compagnie, ou la honte et la crainte de t'offenser, ou l'intérêt môme qu'ils auront à te complaire. »
Le marquis de Ganete répondit avec empressement à cette juste prière ; il l'accueillit avec faveur. Il reconnut combien son aide leur était utile et indispensable, et son fils, offrant biens et richesses, verse aussitôt dans tous les cœurs un bouillant désir de passer au Chili pour y manier les armes dans de grands combats.
Tel se présente et tel se présente encore. C'est une foule in* nombrable de soldats qui s'agite. Celui qui ne s'offre pas pour la guerre semble manquer au devoir et ne pas répondre à son appel. Même dans les vieillards fatigués reverdit l'ardeur juvé* nile, se raniment et les esprits languissants et le sang presque glacé, lorsque retentit la joyeuse nouvelle de cette entreprise.
0 vaillants guerriers d'Arauco l préparez vos armes et vos cœurs et ce rare courage qui vous ont rendus si redoutables dans les régions australes.Voilà qu'unemuUitude déjeunes héros, pour votre malheur, déploie ses enseignes et veut envahir votre pa-
1 EsUil utile de rappeler ici au lecteur les beaux vers d'Horace :
« Fortes creanlur fortlbas, et bonis ^
Est in javeneis, est in equis patrum Virlus, nec imbellem féroces
Progenerant aquiln columbam.
(Od., ir, 4.)
tt« L ARAUCANA.
trie, semaDi partout les horreurs du carnage et d'une guen j sanglante. 1
XVIH
Ce ne sont pas là de ces glaives émoussés et rouilles qui décorent les murailles, ni des bras engourdis par les mollesses de l'inaction, et qui ne savent se mouvoir qu'avec peine etp^ sauteur, ni des Ames accoutumées au repos^ que Taspect^^ moindre changement émeut, trouble et déconcerte et que fcc: évanouir des bruits qu'elles ne connaissent plus;
Hais des glaives qui luisent et qui tranchent^ dont la trempe s'est fortifiée dans le sang des tyrans ; mais des bras nerreci. robustes et endurcis, exercés à donner des coups de mort, miii des Ames libres, inaccessibles à la crainte, habituées sans c^ aux périls, et que Tharmonie de la mêlée terrible^ effroi de ta" d'autres, anime et vivifie*.
n n'y a là rien, je le crois, qui puisse détruire votre prœp^ rite ; mais il est une puissance^ une seule, qui m'inspire p vous quelque inquiétude, et à laquelle personne ne saun échapper, c'est l'ordinaire inconstance de la Fortune. Elle vo:^ a toujours montré un visage riant, et elle est infidèle, faussa : volage, donne des maux assurés et des biens toujours fflobilt^
Comme l'Espagnol sollicite les combats et brandit fièrem^> son épée, je veux lui demander si d'aventure elle coupe par p • d'endroits que la vôtre, si la force de son bras le met à 1'^ de votre pouvoir et de vos mains victorieuses, et, réfléchisse bien au passé, il verra que ses os blanchissent toute la plais
* WinterUag « fût disparaître cette octaTe et la précédente. Ctsi ■«»''<' *" nagiiifiqtte apostrophe, lui ôter la hardiesse de son essor et lui eolem ■■< ^' Partie de sa beauté poéUque.
L*ABAUCANA. 881
Je ne sais, mais je vois les nôtres superbes et tout enflammés d'enthousiasme pour la guerre. Le plus pauvre Espagnol a ses armes déjà prêtes, un riche appareil et un ardent désir. O Arauco I je t'estime perdu : si les œuvres sont égales à la parure, et si le chemin n'adoucit point toute cette bravoure, malheur à toi, peuple héroïque et présomptueux* !
Du lointain Quito' vinrent des soldats pour prendre part à cette guerre. Il en vint de Loja', de PiuraS de Jaen *• DeTru- ]illo% de Guanuco' et de son territoire, de Guamanga', d'Arequipa' accourut une grande foule, et, des hauteurs de la Sierra,
1 Cette octave et la 21* eipriment an «entiment d'orgueil national mêlé d'une nua oee d' ironie qu' inspi re au poë te son ad miration habi tue I le pour ces hardis Arauca ns.
s Les différentes localités nommées ici par le poëte et que réunissait autrefois cette grande vice-royauté des régions au sud de Paoama, appartiennent aujourd'hui à des gouvernements distincts. Quito, Taucienne capitale du royaume de Quito, est devenu le centre de la république del Ecuador, La ville est bâtie à Test du Pichincha, à 3,200 mètres au-dessus de la mer, à 410 lieues de Lima.
8 Loja relève également de la république de l'Equateur, et est peuplée de 12.900 âmes.
*San Miguel de Piura est aujourd'hui une tille importante du département de la Libertad, daos la république du Pérou.
B Jaen, dont les environs ont encore de riches mines et des lavages d'or^ est au confluent du Chinchipe et du haut Harafion sur le territoire de VÉquaieur,
6 Trujillo, chef-lieu du département de la Libertad , fait partie de la république du Pérou. Bâtie par Pizarre en 1535, elle ne contient plus que 12 ou 14,000 habitants. C'est une des plus anciennes villes espagnoles de rAmérique, et dans ses enviroDSse trouvent encore, dit-on, des monuments péruoiens,
^ Guànuco, que l'on écrit souvent Huànuco^ est le chef^lieu du déparlement de Junin, dans la distributioo actuelle de la république du Pérou. Cette ville, autrefois très-peuplée, mais fort déchue, malgré sa belle mine de mercure, esta 250 kilomètres de Lima.
8 Guamanga, ou Huamanga, est le centre du département d'Ayacucho. Elle date de 15S9 et son Université a été fondée douze ans avant celle de Cuzco. Elle esta 70 lieues de Lima« et offre l'une des plus jolies résideoces du Pérou. Huamaoga est célèbre par ses lapis lazuli. Cf. fiustamante, p. 37.
9 Arequipa est un des foyers principaux du commerce et de l'industrie ehez les Péruviens. Chef-iieu d'un département qui porte le même nom, malgré le voisinage d'un volcan qui fume toujours, et dont la base n'a pas moins de cinq lieues de circonférence, Arequipa présente dans ses alentours une des plus fécondes légions de la république. La ville elle-même, que traverse le rio Chiie, contient de beaux édifices, un pont monumental; mais ce qui fait sa plus grande importance, ce sont de vastes manufactures de laine et de coton, l'industrie des riches métaux et celle des pierres précieuses. C'est encore ^à Pizarre que la ville doit sa fondation
la Paï *, Cuïco », les Charcas * firent descendre tout en annK ^ une multitude de combattants éprouvés.
La terre s'émeut et la mer mugit soulevée par le fracas belliqueux, par le vaste tumulte que font retentir dans les airs tremblants, les trompettes, les fifres et les tambours, à rencontra du peuple qui s'est affranchi par la rébellion. Déjà, pour menacer ses défenseurs, une puissante, une formidable artillerie tonne et se fait entendre Jusque dans TArauco^
première; mait elle n'est plusiur ion ancien emplacement: pour M'* "'^.T^' .v' à l'abri des secousses volcaDiques* la nouvelle Arequipa s* est réfugiée à 36 uld' mètres de la mer. Au moment où ces feuilles sont sous presse, les joarnaui v» apprennent qu'un affreux tremblement de terre vient de ravager le Péroa et >^ euador, que les villes d'Arica etd*Arequipa sont en ruines. .
1 U Pas appartient à la Bolivie. Fondée en 1548 par Alonso deMendoiai elie» i 260 lieues de Lima, et à 14 lieues de rillimani qui lui envoie le reOet de » neiges éternelles. • Kii' ii
• Cuxco est péruvien. La tradition veut que cette grande cité ait été M"' oniième siècle par Manco Capac, le premier roi Inca du Pérou. Les •••'*. Ineas y résidèrent jasqu^en 1534, jusqu'à l'époque où la conquête espagoole w i leur domination. Là était le temple du soleil dont les ruines ont fait P''^.V couvent de Dominicains. Ce temple était le plus bel édifice que la main dei iB<^j gènes eût élevé dans cette partie du monde; les murailles en étaient retètuei lames d'or et d'argent. L'on voit encore au nord de Cuzco les ruines d'une "«* forteresse des Incas, dont les pierres énormes et irrégulièrement taillées, nais <>■ bien jointes, supposent des machines très- perfectionnées et que l'on s'tm>P''' peine. Deux immenses chaussées de 500 lieues conduisaient de Cuxeo à Q^^^ l'une par la plaine suivait la côte, et l'autre traversait les montagnes. De B^vM ' admirait les débris de ces voies superbes dont on retrouve des traces à ose "** leur qui dépasse de beaucoup celle du pic de Ténériffe. Aujourd'hui eDeoreCll^ est la seconde ville de la république du Pérou, bien qu'elle renfenae à P' 50,000 âmes.
S Charcas, l'sncienne Chuquisaca, à laquelle ses mines d'argent ont fait dôsor aussi le nom de La Plata^ est larcapitale de toute la Bolivie. Cette *i^|"^' fondée en 1539 par Pedro Anzures, un des capitaines Ue Pixarro, i S kilonèi^ ■ Cachimayo dont les eaux distribuent la fécondité dans tous ses alentours, l** "^ indien lui est resté; les deux autres sont de surcroît et désignent« roa beaux filons du cerro de Porco qui confine & la colonie, l'autre peut-être la d'""^ marécageuse de la province; un district assex rapproché porte même le nonde Us*"^ et le département voisin, celui de Santa Crus de la Sierra, est en partie tfMi^ d'eaux stagnantes.
♦ Vous reconnaissez l'hyperbole ibérienne. Il suffirait de forcer un p«" ^ nuance de style pour tomber dans ce que l'on a si justement qualifié de rodt^'i''*' tade, défaut propre à quelques écrivains, et à certaines périodes de Is litte"*»'* eapagnole, plutôt qu'à la nation elle-même. Il y a loin toutefois d'nne leadasce bfr
i x>ituelie vers la grandeur et vers cette pompe qui a gardé le nom d'oriesUH»'' *
^ la jactance ridicule d'un peUt nombre. Pour ceux-là, quand ils parlent i'w« •*'
Les braves soldats préparent leur équipement, leurs harnais, leur armure. Ils déploient casaques et brillants costumes^les parures les plus récentes et les plus coûteuses. Étendards, drapeaux et guidons dans toutes les rues tremblent au vent. Vous eussiez vu tailleurs et ouvriers occupés à faire des vêtements et à les couvrir de riches broderies.
Avec le conco^rsrd^ -guerriers. qui se réunissent, le tumulte et le vacarme s'accroiEi^ent. Les rapides marteaux des forgerons élèvent une âpre «t dare harmonie, et le bruit des armuriers actifs assourdit tous les lieux d'atentour. Les chevaux, dans leur fougue impatiente, hennissent 9t frappent le sol d'un pied retentissant. . , t
Ainsi, tous étaient engagés dans les bruyants préparatifs de la guerre nouvdief Mais lorsque les dispositions les plus importantes éut^enr été faites, un chef^rit aussitôt la route de terre, à la tête d']un,e .trpj^pe qui lui est confiée. Il traverse Atacama^ 8ft haute moRtagne, son rivage dépeuplé, ses déserts jonchés d'ossements barbares.
gue lignée d'ancêtres florieuXf il ne suffit pas de compter parmi les statues et les tableaux de famille des don Viriate, connétables d'Ibérie, des don Abel, premier fils du Senor Adam, duc de l'EdeQ. La devise des aïeux est plus fastueuse : • A-vant que Dieu fût Dieu, ou que sur les rochers le soleil eût brillé, la maison de Vellasco était déjà noble, b Ces fantaisies-là sont exceptionnelles, et une foule d'hommes d'esprit les ont censurées. Nulle part autant qu'en Espagne, vous ne rencontrez la grandeur exquise et simple. La diction figurée et pittoresque ne suppose ni l'enflure, ni l'extravagance que personne n'a mieux persiflées que l'Espagne ellemême. Il y a cependant un péril toujours voisin de la richesse surabondante, et derrière la métaphore heureuse se cachent parfois dans les plis et replis de l'intelligence caslillane les fausses fleurs, les plantes parasites que fait naitre l'excès de l'imagination. Cf. supra. Introduction, p. cxlu et suiv.
i Alaeama. L'Atacama forme une longue plage sablonneuse et rocheuse de plus de 90 lieues du nord au sud et de 30 lieues de l'est à l'ouest jusqu'au pied des Andes. Du temps des lucas, une étroite chaussée de pierres, suffisante pour un piéton, conduisait à travers ce désert du Pérou au Chili. Vers le milieu de celte bande de sable, mais un peu plus vers le nord, se trouve le petit port de Cobija, le seul point accessible de toute la province de Lamar, à laquelle il doit son nom actuel fl Poerto-de-Lamar. » C'est l'entrepôt unique des productions de la Bolivie intérieure. Hais jusqu'ici les efforts du gouTernement n'ont pu augmenter beaucoup
Le corps de Tarmée^ prêt au départ, et la partie du camp qiïrestait encore^ pour franchir la mer à ce moment turbulente, n'attendaient plus qu'un temps favorable. Dès qu'ils virent le < ciel dépouillé de nuages et les vagues furieuses aplanies, daD: un ordre pompeux et en riche parade^ ils sortirent un soir de la ville des Rois ^
Et moi aussi J'étais avec eux. Moi, qui dans votre service ù commencé et finirai ma carrière, j'étais en Angleterre attaché à votre personne. L'épée ne m'avait pas encore été pflmise. C'est alors que furent annoncés le crime perfide comaiiî envers vous par les Indiens d'Arauco et l'insolente audace de *^ peuple révolté contre la royale couronne.
Et avec votre autorisation, en compagnie du nouveau capi* taine, Je fis route depuis Londres jusqu'au jour où je laissai i
sa population. Le pays manque d'eau ; sur qqelque point que roa se diri<^ef il ^ emporter avec soi ses provisions d'eau, de nourriture et de fourrage. Dans la p»^ septentrionale de ce désert, ii y a quelques parties moins stériles qae le rti* C'est probablement, dans le désespoir de faire jamais de Cobija un Téritable r d'exportation et d'importation, que la Bolivie a conclu avec le Pérou un traiié rtr auquel ses laines, son quinquina et ses métaux peuvent s'écouler par le M d'Arica. Il est aisé de comprendre quelles difficultés la troupe espagnole ^ parle Ercllla, dut rencontrer devant elle pour franchir un pareil littoral, et ^* temps lui fut indispensable pour se remettre des fatigues d'un tel itinéraire.
i ft Los Reyes. » Lima ou la « Ciudad de los reyes » a été fondée sur les bJ^ du Rimae, par Pizarro le 6 janvier 1535. Autrefois capitale de la vice-royast^ f* pagnole, aujourd'hui centi-e de la république du Pérou, Lima n'a que dressez (a^^ murailles, sept portes et trente-quatre boulevards, œuvre du duc de la Palao*' dessiués par un ingénieur flamand, Pedro Ramon, en 1685. La ville n'est éi>jç< que de 8 lieues de la chaîne des Andes, et forme avec ses alentours, nn oa>» 10 à 12 lieues de circonférence, au milieu d'une contrée fort aride. Quatre ^--^ rues, tirées au cordeau et qui se coupent à angle droit, composent un rny*" régulier que présentent un bien petit nombre de cités européennes. La r ' mayor offre une surface de 233 varas carrées, avec une grande fontaine eo b'* ' due au comte de Salvatierra. Outre sa belle cathédrale, Lima contient 55 ei "' et dans Je palais du gouvernement, les patriotes trouvèrent les portraits des 41 ■ rois qui s'étaient succédé au Pérou depuis Pizarro jusqu'à Pezuela. Callao e* port de Lima. Il est défendu par d'excellentes fortifications. Les habitants de L ' d'un caractère vif, bienveillant et hospitalier, sont aujourd'hui eneora tels qpmceau d'Ercilla les représente. Cf. Bustamante, p. 68-71,
L'aRAUCANA. 33JJ
abogai le gouverneur dans sa tombe; et de là, à travers beau- >up de fatigues, bravant avec résolution les coups de la forme et les vents, j'arrivai assez tôt pour me joindre à rexnédi 3n de celte brillante et courageuse armée.
J'oubliais une autre troupe d'amis, non moins nécessaire que lie des soldats, bataillon plein de douceur, de mesure et de îueiUement, mornes, vicaires, directeurs, théologiens d'honte et samte vie, franciscains, dominicains, frères delà Merci ils à remédier aux outrages que la guerre multiplie dans ces ^ons plus que partout ailleurs*.
. Tàboga. . Il ne s'agit pas de Hle Toisine de la Trinidad, au sud des Antilles •
; de celle que l'on peul rattacher à rarchipel de /o^P^riaMans le golfe de Pana^^^^^ t'ocean Pacifique Ce qui nous autorise à l'affirmer, c'est que if poëte nous d [ partir de la .In eut plus que les Tenls à braver. II avait sans doute franchi Vadelaniado, r.sthme de Panama, roule ordinaire alors de tous ceux qui se aient au Pérou et ,1 ne lu. restait que les fatigues de la trayersée de mer entre Ife de Panama et Los Beyes. L'autre Tabago (ou Taboga) ne devait être cherchie par les navigateurs qui voiilaient aller remonter le ciuranl des Amazone^ o^ ^rer comme Lhnslophe Colomb durant son dernier voyage tout le nord Se brique Méridionale depuis les bouches de l'Orinoco jusqu'au golfeZrien pour Alderete presse de se rendre sur le théâtre d'une insurrection formidr.* Panama était la voie directe et connue. Taboga est d'ailleurs le véritable liage de Panama qui na point de port, et ils ne sont éloignés l'un de l'autre le 12 heucs. C'est daos Taboga que le service régulier de Panama à San tisco et à Valparaiso, trouve aujourd'hui pour ses navires des ateliers et des ons. Panama lui-même oflfre peu de ressources, et l'on se rappelle qu'en 1S56 un conflit sanglant entre les Noirs et les Américains à la gare du chemin d« ,i relie Panama et Chagres, ce fut à l'île de Taboga qu'il fallut transporter les s. Sur Taboga, sur sa belle végétation, les sites majestueux et paisible, î présente, voyez Basil Hall, Voyage au Chili, au Pérou et au Mexioue J« es années 1820-22, entrepris par ordre du gouvernement anglais ; Paris, 1834."
est là rendre une justice éclatante aux ordres religieux dont l'Église s'était ie au treizième siècle. Car tous concouraient dans toutes les parties du monde mcissementdesmœurs et au rachat des captifs. Les Trinitaires. les Père* H« ci, les Franciscains, l'ordre de Saint-Dominique, les Capucins se dévouaient 5 tâche sublime. Ce fut particulièrement autour du bassin de la Méditer t dans le* Etats barbaresques que s'exerça leur infatigable esprit de'charité" } des Trinitaires. foudé en 1198 par saint Jean de Matha et sa nt Félix >is, l'ordre de la Merci, fondé à Barcelone, en 1218, par saint Pierre N<^ travaillèrent avec intrépidité à briser un esclavage qui pesait à la foi» corps et sur les àoies. Us rachetèrent avec les aumônes de la chrélientis -n de six siècles 1,200,000 captifs, et comme a moyenne du prix d'un esclave
S8U LARAUCANA.
De toute condition et de mille nuances sort de Lima un brillant cortège. Dans le port s'étendaient parmi les fleurs, des tables chargées de vivres et de vins savoureux et odorants. Nous nous répandons des deux côtés et^ accoudés sur l'herbe riante, nous goûtons les mets délicats.
xxxin
Après un joyeux festin, rassasiés nous nous levons, et dous sommes conduits jusqu'au lieu où des nacelles étaient ombragées de la verte parure des rameaux. Au bruit de mille iastruments sonores, nous nous séparons de nos fidèles amis pour monter dans les barques légères, et au môme instant les vigoureux avirons frappent les flots.
Les barques s'éloignent de terre , et nous laissons avee un regret douloureux ceux qui restent sur la plage sablooneuse, sans que nous puissions détacher d'eux nos regards ^
était de 6,000 f raneif sept mllliardt ont été versé» par les maiDi pieuies de ta. hommes pour la liberté de leurs frères chrétiens. Ils forktfiavent dans la Cbitla nombre bien plus considérable encore de ceux dont ils ne pouTaient briter M chaînes. C'était compléter l'œuirre inachevée des croisades. Ce^ vailiauls missio nair<>8, si utiles au monde, depuis l'extinction des chrétientés africaines par II barbares, étaient souvent les martyrs de leur généreuse audace. Les religieux^ Notre-Dame de la Merci s'etiga^eaieiit à prendre dans les f«rs la place du cbnM qui serait en danger de renier sa croynnce, et dont ils ne pourraient payer la nuçsl Voy. II. l'abbé Maynard, ■ saint Vincent de Panlf stlvie^wn temps, ses ceuvres,it influence, Paris, 1860; M. Henry Guys, ancien consul français dans le Levant, Jl cherches sur la destruction du christianisme dans l'Afrique septentrionale, Piii 1865 ; Aiém.t du Père Anselme des Arcs, capucin ; le R. P. Prat, jésuite, mBis(9ire\ saint Jean de Matha et de saint l'éLix de Valois, Paris, 1846 ; Histoire de la f* dation de Vordrê de Notre-Dame de la Merci , pour la rédemption des par le R. P. Latomy, religieux du même ordre, Paris, 1618. — Voy. bui Annales de la Propagation de la Foi, 1867, n» 233.
1 Le sens d*ErciiIa n'a rien d'équivoque. Ce sont les Espagnols de la flotte éprouvent les regrets et le poëte dépeint les sentiments qu'il partage. WioU ' s'attache à décrire la douleur de ceux qui restent sur le rivage:
c Die Niichen ruderten stets weiter sich Tom Lande
l'nd liciî^cn jene ncidj^cqufiU ziirfick, ^
I>ic nicht raitzielien konnten und vom Strande
Uns nacli«alin mit sehnsûcht'gcm Blick. j
Ceux qui demeurent à terre et oe suivent pas l'expédition, n'étaient sans doute étrangers a ces rc:-rcli«; mais ce n'est pas d'eux que don Ercilia uous parle ; iU