‹ L'Araucana, poëme épique espagnol (volume 2)Chapitre 17 sur 124 · X AYANT*PROPOS · texte numérisé non relu

X AYANT*PROPOS

satiles, qui déterminent, et puis bouleversent toutes les préférences. Que de bon sens, que de charmantes créations, que de purs et nobles enseignements, sûus les plus délicieuses enveloppes de la fiction et du récit, sont entraînés, exaltés, et bientôt désertés, précipités par cette puissante et terrible machine qu'on appelle Topinion, l'esprit public, la voix du peuple I L'illustration même succombe. Là oh fut la gloire, là où s'empressaient des lecteurs nombreux, ont succédé le silence et la solitude ; le vide se fait autour des favoris de la renommée ; et, par des destinées contraires, une tardive exhumation, ou le flot montant et grondant des idées nouvelles apporte au faîte et place sous le rayon propice qui doit l'illuminer, un ouvrage que la foule est bientôt surprise d'admirer alors pour la première fois.

Cependant, il est juste de le proclamer, la véritable grandeur a toujours des retours de gloire, et finit par saisir le rang qui lui appartient.

Les destinées du poëme de Dante pourraient donner un exemple de ces délaissements et de ces sympathies qui se remarquent de temps à autre dans le cercle de la littérature. Ce n*est pas au seizième siècle, dans l'agitation confuse des systèmes philosophiques et des sectes religieuses, lorsque l'antiquité grecque, transportée en Occident par les fugitifs de Constantinople, ressemblait à une découverte moderne et excitait de toutes parts un entraînement et un culte exclusifs; ce n'est pas dans les premiers tressaillements de notre langue et de notre poésie nationale, que les beautés étrangères de la Divine Comédie^ que ce poëme d'origine toute chrétienne et d'une inspiration si fière et si naïve, pouvaient séduire les âmes suspendues à celte harmonie antique dont les accords retrouvés venaient d'éclater une seconde fois par le monde.

Ce n'est pas au dix-septième siècle, qui, trop épris de sa

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