X.WÎI AVANT-PEOPOS
bornerai à dire que toute TEarope trayaille et fermente du même mouvement de transmission et d'absorption d'idées. C'est poursuivre dignement l'œuvre de nos ancêtres immédiats, qui déjà échangeaient entre eux quelques productions littéraires du nord au midi. L'Italien Gésarotti n'avait-il pas fait passer dans la langue de l'Arioste les nuageuses poésies de Macpherson , ce faux Ossian ^^ et Wieland dans l'idiome qu'il devait perfectioimer, le théâtre de Shakspeare * ? Wilhelm Schlegel et Tieck n'ontils pas renouvelé la même tentative avec un succès plus éclatant encore 3? Schiller lui-même a fait connaître à la Phèdre de Racine les applaudissements de toute la Germanie, étonnée de ressentir quelque joie devant nos chefsd'œuvre poétiques ^. Winterling plus près de nous a montré à ses compatriotes la noble figure de Don Ërciila y Zùniga, et par ses soins habiles la plus brillante épopée des Espagnols, traduite en octaves allemandes, s'est vu imprimer à Niirnberg *, tandis que le fougueux Bspronceda, imitateur intrépide et presque effréné de lord Byron, charmait la péninsule ibérlenne par des fantaisies audacieuses qui semblaient n'appartenir qu'à l'Angleterre® . Nous ne croyons pas que, devant ce tableau succinct et
^ La version complète d'O^^ian, par Cesarotti, fat publiée à Padoue 1772, en 4 vol. — Elle est regardée comme le chef-d'œuvre de cet infatigable interprète qui a fait passer dans sa langue nationale Homère, Démo&thëne, des pièces de Voltaire et d'Eschyle, huit satires de Juvénal. En prose, en vers, en commentaires instructifs, Cesarotti est resté le premier traducteur de l'Italie.
» Zurich, 1762-66, 8 vol. în-S».
. » Shakespeare's Sâmmtliche Werke, ûbersetzt von A. W. Schlegel (aucb Agnes Tieck, und W^olf, graf von Baudissen), Berlin, Reimar, 1825-34; 9 vol. petit in-8<». Schlegel n'a donné que les seize pièces, imprimées d'abord à Berlin, 1797-1810; les autres sont de ses continuateurs.
* 1804-1805, Weymar.
^ Die Araucana aus dem Sponischen des Alonso de Ercilla, zum ersten Mal ûbersctzr, von C. M. Wintwling, Il B. Nûrnberg. 1831.
< Cf. M. Charles de Mazade, P Espagne moderne ^ p. 260 et suiv. Paris^