C.VXXII INTRODUCTION
Chaque société littéraire a ses entraînements, et, selon les instincts de son génie, adopte une sphère spéciale, un ehamp d'opération, où, mieux que partout ailleurs, se déploie son acltvité. L'Italie a Thonncur d'avoir rivalisé avec les anciens par ses brillantes compositions épiques. La France compte les premiers prosateurs du monde dans Tordre philosophique et religieux. L'Espagne possède son théâtre, égal aux meilleurs théâtres de Tunivers. M. Edgar Quineta nifsme cru entrevoir, dans Thistoire publique des Eî^pagnols.rongine deleurpenchantpourlesComec^îas. «En Espagni?, di l-il, tout aboutitau drame; c'est làle moule natureldans lequel s'exprime le génie espagnol. Tant d'éléments conlradictoîres, de croyances inconciliables, de populations ennemies, le Goth contre le Romain, le Castillan contre l'Arabej le Christianisme contre l'Islamisme, tant d'instincts opposés aux prises, qui n'ont jamais pu rien s'accorder les uns aux autres, quoique perpétuellement en présence les uns des autres; tout cela compose, dans l'histoire, une sorte de dialogue à travers les siècles, une intrigue pleine de mystères, d'alternatives diverses, un drame éternel, dont les deux grands acteurs sont le Christ et
Mahomet, Dans cette longue tragédie , qui dure un
millier d'années, les fils sont si bien noués par la Providence, qu'il vous est impossible de prévoir le dénoûment. Car les choses»., se choquent, se heurtent, se brisent, de manière à déconcerter sans cesse l'esprit humain et à le faire marcher d'étonnement en étonnement. D'abord le mahométisme occupe toute la scène, excepté ce point unique des Âsturies. Mais, au moment où il semble qu'il a vaincu et que la pièce est finie, c'est lui qui commenceà reculer, pendant cinq cents ans, jusque dans les murs de Grenade; c'est le Christianisme nu, dépouillé, asservi, qui, par un changement subit, triomphe dans l'Alhambra. Voulez-vous d'autres exemples de ces péripéties-, de ces contra