INTRODUCTION . CXXXIII
dictions dramatiques dans la vie de ce peuple? Son histoire en est remplie. Où vont aboutir les libertés de ses Gortès en se développant de plus en plus? Au règne de Philippe II, c'est-à-dire à la servilité la plus absolue qui fut jamais. Tout Tor réuni du Mexique et Su Pérou n'enfante chez lui que la famine; et, comme la réalité n'a été, pour ce peuple, qu'une sorte d'imbroglio, dans lequel la Providence s'est complu à l'enlacer, à le mener, les yeux fermés, de surprise en surprise, on peut dire qu'il en a été de même de son art, et que le drame est devenu instinctivement la forme classique de sa pensée ^. »
Aussi, qu'est-il arrivé? Tandis que l'Italie compte, pour ainsi dire, autant de poètes épiques que d'écrivains supérieurs, l'Espagne nomme la plupart de ses grands poêles dans les annales de son théâtre. L'Alighieri se présente à la postérité avec sa « Divine Comédie», Pétrarque avec son Africa^ dans laquelle son plus grand tort est d'avoir dédaigné la langue vulgaire. Boccace, le plus élégant des prosateurs d'Italie, a pourtant écrit, en vers harmonieux, sa «Teseïde ». Je franchis les livres chevaleresques de Pulci et de Boïardo, deBernardo Tasso, (d'Italia libberata » du Trissin, dont les titres sont plus contestables; mais le (( Roland furieux » de l'Arioste et la « Gerusalemme » de Torquato, ne sont-ils. pas la lumière poétique et l'éternelle gloire du seizième siècle? Tout au contraire, en Espagne. Là, il ne faut plus chercher au premier rang les récits et les épopées; presque toutes les légendes populaires et les réalités héroïques de l'histoire vont aboutir ailleurs qu'à des poëmes narratifs. Elles montent presque toutes sur la scène où elles sont accueillies et accréditées par Lope ou Calderon, par Tirso de Molina ou Moreto, par Guevara, par Francisco de Rojas, par Guillen de Castro.
» Les Révolutions -d'Italie, liv. III, cliap. m, édit. de 1857, CEuvres complètes, t. IV, p. 404-406.