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alcalde el Rey », — « Porfiar hasia morir », — « Las famosas Asturianas », — « Fuenle Ovejuna », — « La inocente sangre », — et les deux parties du* « Principe perfecto », Il règne, dans toutes ces créations, je ne sais quel souffle d'héroïsme chevaleresque, qui justifie l'admiration vouée au grand Lope de Yega par ses contemporains, et gardée jusqu'à nos jours par la postérité tout entière. Plusieurs de ces compositions auraient pu fournir des sujets d'épopées nationales, non moins que des thèmes de tragédie ; mais ainsi le voulait le goût de ce peuple étrange et magnanime; il aimait mieux contempler sa gloire en action, figurée par des acteurs qui la lui rendaient vivante et emheliie, et de manière qu'il y pût applaudir, que de la retrouver dans des livres à larges proportions, où elle lui eût semblé plus froide et plus languissante. L'événement le plus considérable de cette ère de grandeur militaire ejt politique, de conquête et degénie,la découverte de Colomb, ne pouvait manquer de paraître sur la scène castillane, et ce fut encore le rôle de Lope de fixer au théâtre * un exploit supérieur à tous les hauts faits de bataille, une expédition qui formait l'épopée naturelle de la Péninsule et qui, d'elle-même, semblait devoir provoquer un Homère.
Cette tendance épique n'est pas moins visible chez Calderon de la Barca. Comme nous l'avons fait pour Lope, nous nous bornerons à rappeler quelques pièces seulement de ce puissant écrivain. Il y a peu de conceptions épiques qui vaillent a Amar despues de la muerte y el sitio de la Alpujarra », — a El médico de su honra », — « El Alcalde de Zalamea », — a La cisma de Ingalaterra », — a El sitio de Bredà», — • « El postrer duelo de Bspana, » — et surtout « El Principe constante », cette pièce si profondément pathétique, où le poôte espagnol semble avoir eu la
1 El nuevo mundo descubierto por Cristôbal Colon.
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pensée de donner à sa patrie le modèle d'un Régiilus chrétien, mourant, comme le premier, sur la terre d'Afrique, mais pour soutenir, avec l'honneur national, sa foi religieuse au milieu des plus cruels abaissements. Le grand air chevaleresque qui apparaît dans toutes ces compositions puisées au sein de rhistoire, fait d'elles autant de poèmes héroïques, épopées plus réelles, je le répète, qu'une foule de récits en vers dont l'Espagne au seizième siècle a vu jaillir, comme de nombreux mais pauvres filets d'eau, l'indigente et fastidieuse abondance.
Tirso de Molina lui-môme, malgré les entraînements de saprodigieuse fantaisie, a souvent conservé à l'histoire et aux caractères historiques, transportés sur le théâtre, ce ton particulier d'inspiration qui éclate chez les meilleurs organes de l'épopée. — La reine dona Maria, dans « la Prudencia en la mujer, » joue un rôle qui serait admiré chez le Tasse. « El rey don Pedro en Madrid », — «les Amantes de Teruel » justifieraient encore notre assertion principale; et plus d'une belle page de Francisco de Rojas^ suffirait pour compléter notre démonstration. S'il m'était permis de rapprocher le débat et de le placer tout près de nous, au dix-huitième et au dix-neuvième siècle, vous verriez que c'est encore au théâtre plutôt qu'à la forme épique que les esprits les plus distingués de l'Espagne ont voulu confier le tableau des gloires nationales. Gaspar Melchor de Jovellanos, qui a été l'un des premiers maîtres de la parole chez nos voisins des Pyrénées, en renouvelant le vieux sujet de «Pelayo », n'a pas cru devoir reprendre l'octave d'ErcilIa ; il a traîné son héros sur la scène pour ranimer en sa faveur les sympathies enthousiastes de sa patrie. Quintana, l'ami de Jovellanos, auquel il a consacré une éloquente épître en vers, a^ traité le même sujet pour
* Cf. Del Rey abajo ninguno. — No hay ser padre siendo Rey, — Santa Isabel, reyna de Portugal. — El Desafio de Cdrlos Quinto.