INTRODUCTION . CCLX V II
traies, avec la domination de Charles-Quint et de Philippe, que s'armaient les troupes de Valdivia, et Tescadre de don Garcia au port de a Los Reyes » . Mais ce n'est pas dans la nature même de leurs projets ni dans la pensée religieuse qui les inspire, que réside le merveilleux dont nous parlons. Il consiste dans le rôle de personnages divins
n'est que la formule d'un séntimeut général, celui de la nation cniièref et que vous retrouvez dans vingt autres monuments de la littérature espaignole au seizième siècle.
Dans l'histoire de la conquête du Mexique, Antonio de Solis est préoccupé de la gloire dont Hernan Cortés fait rejaillir l'éclat sur le christianisme. Il n'oublie jamais de parler de la hardiesse avec laquelle son héros renverse les idoles et y substitiie le culte de sapatrie, dans l'île de Cozumel (Jiv. I, ch. xv), àZempoala (liv. Il, ch. xii) ; les efforts qu'il tente auprès des Indiens de Tlascala pour leur faire abandonner lus faux dieux (liv. III, ch. m); l'audace qu'il met à proposer au cacique Montezuma l'érection d'une croix en face de ses idoles : « Â cuyo tiempo Hernan Cortés, dejândose llevar del celo que ardia en su corazon, le dijo: a Permitidme, « Senor, fijar una cruz de Cristo delante de esas imàgenes del demonio, « y vereis si merecen adoracion à menosprecio. » (Livre III, ch. xii.) Cependant l'habile historien ne dissimule^ pas plus que Lope de Vega, les atrocités que l'Espagnol commit en Amérique sous le masque de la religion : «...Ëstaba tan olvidado el valor de los primeros conquistadores y tan arraigada en los animes la codicia, que solo se trataba de enriquecer, rompiendo con la conciencia y con la reputacion : dos frcnos sin cuyas riendasqueda el hombre à solas con su naturaleza, y tan indémito y feroz en ella como los brutos mas enemigos del hombre. Yu solo venian de aquellas partes lamentos y querellas de lo que alli se padecia. El celo de la religion y la causa pùblica cedian enteraraente su lugar al interes y al antojo de los particulares : y al mismo paso se iban acabando aquellos pobres Indios, que gemian debajo del peso, anhelando por el oro para la avaricia ageua, obligados à buscar con el sudor de su rostre lo mismo que despreciaban, y à pagar con su esclavilud la ingrata fertilidad de su patria. » (Livre I, ch. iv.) Il est facile de voir par ce passage que les écrivains espagnols ne se faisaient pas illusion sur les mécomptes qui se mêlaient à leurs yeux aux grandes espérances qu'avait fuit nuitre la découverte de Christophe Colomb, et plus d'une fois Ercilla lui-même a protesté avec toute l'énergie de la conscience et de l'honneur indignés en faveur du droit des peuples et de l'humanité gémissante. Cf. Araucaria^ xxvi, 7, •et vingt autres preuves. Il proteste contre la barbarie des Espagnols, lorsqu'ils font couper les mains de Galvarino, lorsqu'ils condamnent à la mort douze caciques prisonniers, lorsqu'ils font subir à Caupolican un supplice ignominieux.