‹ L'Araucana, poëme épique espagnol (volume 2)Chapitre 60 sur 124 · INTRODUCTION. CCLXXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. CCLXXXIII

décoration étaient si splendides, d'un travai) si parfait et si somptueux « qu'aucune langue ne saurait les décrire, aucune intelligence les concevoir *. » Elle est peuplée de statues, images des grands hommes qui ont mérité la gloire. Mais au milieu de cette salle spacieuse était la véritable merveille, celle qui devait le plus étonner Ercilla, un globe immense, enveloppé d'une sphère, transparente. C'est sur cette sphère que va se révéler pour lui une image des plus héroïques exploits. Il n'a pu que les présager d'après quelques paroles obscures prononcées devant lui au xviii* chant 2. Mais cette fois la visiod est complète; la gloire de don Juan d'Autriche reluit sous ses yeux en vivante réalité.

Vous vous souvenez peut-être de cette fiction charmante de Camoens, au ix® et au x® livres des Lusiades^ de cette île délicieuse où la déesse protectrice des Portugais veut leur oflrir, au sein des mers que décore la riante Taprobane^ quelques instants de repos et de bonheur, trop juste compensation des peines qu'ils ont endurées sur les flots. Vénus embellit de tous les prestiges de la nature cette île fortunée, et les Néréides doivent y accueillir Gama et ses compagnons. Parmi les plaisirs que Thétis et ses nymphes offrent aux héros étonnés et ravis, le tableau de leur gloire occupe la plus noble place. Thétis elle-même chante leurs hauts faits el prophétise ceux que les enfants de la Lusi* tanie doivent accomplir encore. Nourris de célestes aliments, enivrés des accords d'une divine harmonie, les Portugais contemplaient dans un religieux silence l'avenir qui brillait à leurs yeux, lorsque, pour ajouter encore à leur bonheur, Thétis les conduit au sommet d'une montagne. De là ils aperçoivent au milieu des airs une sphère immense qu'une vive lumière environne et pénètre; le

* Cf. Arauc.^ cb. xxiii, oct. 65.

* Cf. t6irf., cil. xviii, oct. 59-GO.

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