‹ L'Araucana, poëme épique espagnol (volume 2)Chapitre 64 sur 124 · INTRODUCTION . CCXXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION . CCXXXVII

sonf décrits avec un luxe d'imagination qui n*a d'analogue que dans les féeries poétiques de l'Italie. Le magicien conduit Ërcilia dans unebrillante salle d'albâtre, en tout pareille à celle oh était la sphère transparente et que déjà il avait admirée. Il aurait désiré voir le même globe; mais il n'osait s'en approcher sans la permission de l'enchanteur. Celui-ci pénétra sa pensée, et, tout prêt à satisfaire ses vœux, il le fit avancer et lui montra le vaste univers dans son image raccourcie, comme s'il avait eu sous les yeux sa forme véritable. Tous les objets y apparaissaient clairs et distincts. Ce n'est plus sur un point isolé de la terre que se porte cette fois la contemplation du poète. Il a devant lui toute la terre du Nord au Sud, de l'Aurore à l'Occident, les campagnes et les cités, et tout ce que l'Océan contient, tout ce que les airs enveloppent, les fleuves et les monts et les lacs, et tous les lieux que la nature ou les combats ont rendus célèbres. Mais si le poêle considère comme dans un réflecteur fidèle, l'abrégé de toutes les parties de la terre, il s'arrête pourtant avec une sorte de respectueuse et filiale insistance sur cette péninsule qui devait soumettre à ses lois presque tous les royaumes du Nouveau Monde. Nous pouvons bien croire, il est vrai, que l'écrivain a cédé à la tentation d'étaler sous les yeux du lecteur son grand savoir de géographe; mais le développement qu'il consacre aux villes de l'Espagne et à ses opulentes colonies d'Amérique, fait assez voir qu'il était inspiré aussi par un noble et généreux sentiment, et qu'il songeait surtout à la gloire nationale. L'on est môme profondément touché, lorsqu'au milieu du tableau général de sa patrie, lepoëtedécouvrelelieudesa naissance, ce nid plus doux et plus cher à toutes les âmes et auquel se sont attachéesles premières tendresses et les premières émotions du cœur : a Au couchant, vois l'Espagne, lui disait Fiton; vois les âpres sommets de Tanlique Biscaye, d'où la renomimée fait naître et s'étendre la noblesse de

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