‹ L'Araucana, poëme épique espagnol (volume 2)Chapitre 65 sur 124 · CCLXXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCLXXXVIII INTRODUCTION

toutes ces provinces. Ici est Bermeo, environné de ses forêts ; c'est l'origine et la souche primitive de toute cette race, et ta tour d'Ercilla qui domine le port abrité derrière de hautes montagnes *. » Après lui avoir montré dans le globe magique toutes les splendeurs de la patrie espagnole et ses vastes conquêtes sur le sol américain, renchanteur consentirait aussi à faire comprendre au pôête toute la perfection des corps célestes, la vertu et rinfTuence des astres, leurs révolutions diverses ^ ; mais il lui rappelle que depuis longtemps déjà le jour décline, et que pour retourner aux tentes espagnoles, il lui reste encore un grand espace à franchir.

Tout ce merveilleux témoigne assez en faveur du génie poétique et inventif d'Ërcilla. Il comprenait que l'action humaine ne suffisait pas, si héroïque et si -grandiose qu'elle fût, à remplir le cadre idéal de l'épopée. Il a voulu mêler à sa narration les prestiges que le moyen âge avait fait naître, les fictions du monde féerique qui formaient en quelque sorte une seconde mythologie acceptée par les poètes et par l'immense majorité des esprits, et qui tendaient à remplacer tous les jours davantage les rêves gracieux du paganisme. Ces symboles charmants auxquels Boileau et Jean-Baptiste Rousseau se rattachaient comme à la poésie môme, et que Santeuil » et le grand Corneille

ï Cf. Araucam, ch. xxvii, oct. 30.

s Cf. i6û/., oct. 53. Rien dans les termes d*£rciUa ne démontre que ces nouveaux objets pussent également être cootempléB dans la môme ttola. Le magicien avait sans doute dans sa « cueva » tout le mécanisme nécessaire pour représenter aussi aux yeux du poôte les corps célestes. Mais chacune des expressions dont Tenclianteur s*est servi indique avec clarté que la 6o/a ne contenait que Tunivers terrestre, le théâtre de notre histoire.

3 Voy. sa lettre en distiques latins^ adressée à M. de Bellièrre, et ioti* tulée : Pro defensione fabula) um :

Igneni Mulciberum, Cererem frumeota vocabo, Et pluviuiUf in terras dam cadit uDda, JoTem...

Quod si bella caaani, Jani Ma» Umina veliat Et bellatores ducat in arma deos.

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