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Deux Indiens restèrent seuls vivants sur trois mille hommes ^ Au spectacle des nôtres écrasés el mis en pièces, ils se cachèrent dans un épais hallier. De là ils assistèrent à la fin de cette lutte opiniâtre, et, sauvés, ils en firent le récit. Lorsque les éloiles se montrèrent, ils avaient pu Tuir et se dérober à tous les regards.
Cependant la nuit obscure montait dans les cieux, et avait déjà parcouru la moitié de leur voûte. De ses ailes lugubres elle couvrait le vaste globe de la terre, lorsque la troupe victorieuse, abandonnant sans crainte les armes qu'elle réunit, développa ses danses en larges cercles pour célébrer son triomphe éclatant.
En un moment la nouvelle du succès se répandit au loin par tout l'Arauco, et avant que le soleil se fût montré, la plaine était chargée de provisions. Une multitude innombrable accourait de tous côtés et il se forma une assemblée générale de Jeunes gens, de vieillards, d'enfants et de femmes, qui partiel* pèrent à tous les plaisirs.
Lorsque les oiseaux vinrent annoncer la lumière el répéter leurs gaies chansons, les barbares enfermèrent un emplace-
son poëme du Gododin^ le barde du sixième siècle célèbre le coorage de ses frères d'armes, lous frappés du coup mortel dans une défeuse héroïque ; les deux poëtrs donnent la moralité de leur œuvre. Comme Ercllla reconnaît et signale pour cauM de la défaite des siens, leur insatiable convoitise, de même An«urin proclame que jamais les Bretons n'eussent été vaincus par les conquérants étranj^ers sans leur penchant pour l'hydromel. C'est là le vice qui les a perdus et soumis aux Anglo- Saxons. Le poète inspiré, chef lui-même d'un canton de la Clyde appelé Gododin, s immortalisé cette bataille qui dura sept jours et où tombèrent trois cent soixaote héros au collier d'or. Son poè'me fut chanté par lui aux funérailles des défenseun de la Bretagne, et devait l'êlre chaque année à la fête funéraire. (Cf. Sbarou Turner, Hist. des An^/o-^a/ons; Thomas Warton, The History of Englùh poetry, t. I, DiBsertatiou ; I, « Of the origin of romantic fiction in Europe, » p. xltiii, H. Her» sart de la Villemarqué, les Bardes bretons^ Paris, 1850, p. lii-lxii et p. 231*396). * C'est l'ensemble de l'armée espagnole qui s'élevait à trois mille hommes. Sur ce nombre, ErciUa nous l'a dit (oct. 5S), il y avait deux mille Indiens.
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ment de hautes palissades; elles contenaient une enceinte spacieuse. Sur les pointes furent fixées les têtes des Espagnols séparées de leurs corps, et les troncs dépouillés de branches étaient ornés de l'armure des vaincus.
A rintérîeur de cet enclos circulaire qu'environne un vasle et charmant bocage^ en souvenir de la victoire qu'ils honorent, ils célèbrent la joyeuse fête des buveurs. Le vin augmenta si bien leur audace que l'Espagne était exposée à de graves périls. le moindre soldat promet bien qu'il ne laissera pas un rempart iebout.
L'avis le plus répandu était que^ sans retard et à marches redoublées^ un grand nombre de guerriers courût attaquer les \illes surprises. Assaillies tout à coup et emportées^ la crainte suffirait seule pour les anéantir; et la patrie se verrait rendue à ses antiques honneurs par le massacre du dernier chrétien.
Lorsque l'ordre nécessaire aura été prescrit, et ce dessein exécuté, pour achever d'accomplir leur vengeance furieuse avec un puissant et formidable appareil, ils veulent à leur tour passer hardiment en Espagne. Ils pensent la réduire à une telle détresse par la force de leurs armes, la guerre une fois déchaînée, que les terres ibériennes seraient bientôt cultivées par des mains étrangères.
Le fils de Leocân sentait la vanité de leurs projets, et voulait en détourner les esprits. Habile et sage, il songeait à d'autres entreprises et ambitionnait de les faire réussir par de plus justes mesures. 11 épie l'heure opportune et le moment où ils seront mieux préparés pour la discussion. La fôte était finie et l'ivresse dissipée, lorsqu'il leur adressa la parole à tous en ces termes :
i< Autant que \ous, seigneurs, j'aspire à la douce liberté, objci de lant de vœux. Autant que vous, je le proteste, j'ai hâte d€ voir notre patrie replacée sur son trône sublime . Mais nous devons prendre garde, lorsque nous pouvons réussir, de nous exposer à rien perdre. Animé d'une telle ardeur et avec un tel but^ je m'efforce de ne pas livrer aux basards des biens assurés,
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<f Adoptez avec prudence les sentiments qui seuls paraisscnl les plus con formes à la raison. La libre possession de vos enTants et de vos femmes : voilà le premier résultat assuré de vos exploits. Votre gloire, l'bonneur, le sol de la patrie, vos domaines, vous êtes sur le point de les avoir ressaisis. Car le temps, qui Cat le père des sages conseils, a remis en notre pouvoir le moyeo de réussir.