‹ L'Araucana, poëme épique espagnol (volume 2)Chapitre 9 sur 124 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

lyre de Byron. Goethe a laissé des traces lumineuses de son passage sur le théâtre de Madrid, sur le talent de Zorrilla, comme lui-même avait puisé quelques fortes inspirations pour son Faust dans un drame célèbre de Calderon *. Les satires de Castillejo, les protestations et les plaintes de La Huerta pourraient également se faire entendre contre l'intrusion anglaise ou l'intrusion germanique, contre l'empire exercé par toute autre littérature. Pour nous, proclamons plutôt ici une merveilleuse réalité, une preuve de la doctrine que professait Ampère, une expression de cette littérature universelle, un titre de cette fraternité croissante entre les œuvres de l'intelligence moderne, et dont les progrès du savoir et de la culture doivent multiplier les harmonies.

La société transrhénane a fait comme l'Espagne. Lessing a rédigé contre la France de formidables réquisitoires. Il a voulu persuader à ses compatriotes^comme Klopstock l'avait essayé déjà, qu'il fallait avant tout revenir à l'esprit germanique, aux traditions germaniques ; et ces hommes excellents adoptaient l'imitation de l'Angleterre en répudiant la nôtre. Bientôt après, Wilhelm Schlegel exalta la beauté du théâtre espagnol, au détriment de la scène française ; ce savant célèbre et ses prédécesseurs ne s'apercevaient pas qu'ils favorisaient sous un autre aspect ,1e rapprochement des peuples, la fondation de la grande société européenne, et qu'en luttant avec passion contre la conquête morale de la France, non-seulement un pareil procès impliquait contradiction, puisque la France représentait et représente encore en définitive le sommet le plus resplendissant de l'Europe entière, l'apogée des idées européennes; mais eux-mêmes, ils donnaient témoignage (n notre faveur. Personne n'a mieux étudié, mieux connu

i Calderon, Comedias, Bibl. Rivad., t. IX, p. 181, « el Mâgico pro- <!lig'oso. »

Page 1