Olros de los peone* empachados
Digo, de los erisUanos que à pié andaban.... »
Le nom depeones ne présente pas toujours la même acception. U indique souvent* comme ici, les vassaux des Espagnols, ceux qu'ils appelaient vasallos ou gente de servieio ; quelquefois la foule des yanaconas, des pajes. Aujourd'hui, au Mexique, Von doooe le nom de peones aux ludicus qui s'engagent librement à faire pour les Européens ce que réellement faisaient les nègres. Ils forment presque toute la population de l'intérieur, et sont en général assez misérables. Malgré la proclamation
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tienne^ pouvaient à peine s'élancer au trot, et ne parvenaient que par la crainte à écarter leurs fantassins.
Les gens de pied affaiblis ne demandent qu'à se cramponner à la queue des chevaux, ou aux fortes étrivières. Vainement les malheureux attestent les liens d'une tendresse oubliée. Les cavaliers les tiennent à distance par des coups d'épée lorsque les menaces ne suffisent pas, comme s'il s'agissait des ennemis les plus odieux. Ahl ce n'était point là l'heure des amis'/
Toute la vallée retentissait d'un vaste tumulte : bruit d'armes et cris et tristes plaintes des soldats espagnols et des serviteurs qui sous le bras des Indiens périssaient. Jamais le ciel ne fut témoin d'un aussi sanglant sacrifice, ni d'un aussi affreux et aussi cruel carnage, que celui de ces deux mille et cinq cents victimes, massacrées par les barbares inhumains.
Les uns roulent sur le sol horriblement blessés, percés du dos au ventre; les autres ont le crâne fendu en deux; d'autres succombent avec honneur la tête tranchée ; à d'autres, qui par-
de rindépendaaee, ils sont traités avec dureté. « Ils s'engagent en effet pour no an; mais, au bout de ce temps, il se trouve souvent qu'ils out contracté uoe dette envers leurs patrons. Us ue peuvent recouvrer leur liberté jusqu*à ce qae celte dette soit payée. Celle situation est, à quelques égards, presque Tesclavage. ■ (M. ampère, Promenade en Amérique, t. H, p. 252-253.)
1 II est difftcile de ne pas se rappeler ici quelques traits de Thucydide. Les Athéniens de Nicias et de Démosthène, fuyant devaut Syracuse, sont bien les mêmes hommes que les Espagnols de Yillagran. L'épouvante enchaîne la pitié dans leurs âmes; c'est en vainque les malheureux qu'ils abandonnent les conjurent et lesimplorent: « Ceux qu'on délaissait vivants encore, les blessés et les malades, iuspiraieol à ceux qui partaient plus de compassion que les morts, et étaient en effet plus à plaindre. Leurs supplications, leurs gémissements jetaient l'armée dans nne affreuse perplexité ; ils adjuraient de les emmener ; ils appelaient à grands cris ceux de leurs amis, de leurs parents quMls apercevaient; ils se suspendaient à leurs compagnons de tente, au moment du départ et les suivaient aussi loin qu'ils pouvaient; puis, quand la force et l'énergie les trahissaient, ils restaient abandonnés, non sans faire eutendre des cris d'imprécation et de désespoir. > [Histoire de la guerre du Péloponèse, livre VII, chap. lxxv, trad. de M. Charles Zévort, l. II, p. 161-
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lent de traités et de conditions , on arrache les yeux de la tôte, et on les force à courir sans s'arrêter par les escarpements de ces roches périlleuses.
Et les femmes, pauvres et délicates créatures, ils ne leur gardent pas le respect qui leur est dû; mais, sans écouter aucune prière, d'une main impitoyable, ils les font passer par les glaives. Peu leur importent celles qui allaient devenir mères. C'est au sein chargé qu'ils dirigent leurs coups, et il arriva que l'on vit sortir par les plaies les faibles et tendres jambes d'enfants qui n'étaient pas ëclos à l'existence.
Déjà les Espagnols gravissent le flanc de la haute montagne. Ils se précipitent à Tenvi ; car le châtiment frappe celui dont le pas est lent et inaclif ; et à personne la vie n'est laissée, si ce n'est au fuyard qui sait hâter sa course. Le corps alourdi qui ne peut se presser dans la carrière, est bientôt contraint à battre le sol. La mori, qui, furieuse, vole sur ses traces, pendant qu'il s'arrête, le pousse et le renverse.
Bien que la montée fût âpre et rude, un grand nombre étaient arrivés à son plus haut sommet. Là ils trouvèrent devant eux un retranchement. Le passage était fermé avec des branches d'arbres, et le chemin n'avait pas d'autre issue. La montagne était pour ainsi dire taillée à pic tout à Tentour. D'un côté venaient y battre les Ilots de la mer; de l'autre un roc immense lui servait de limite.
C'était avec de forts soliveaux, mal dégrossis, que la nouvelle barrière avait été construite en peu d'instants. Ils étaient habilement enchâssés les uns dans les autres, et interceptaient la route de cet étroit défilé. De l'autre côté étaient les Indiens prêts au combat, les armes posées sur la clôture et à hauteur
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d'appui. Ftars de leur position, ils se montrent avec orgueil et menacent le ciel non moins que rEspagnol.
Mais les nôtres voyant que le chemin leur est interdit et inter dite l'espérance, résolus à franchir le pas ou à mourir, mettenl en Dieu leur confiance affermie, et s'éloignant un peu dp rempart, essaient la vigueur de leur» chevaux. Ils s'élancent en groupe, afin de briser l'obstacle, et les barbares à Viatérieur s'attachent à le défendre.
Les chrétiens sont arrêtés et ils sentent échouer tous leurs efforts. Nul remède pour échapper au péril, jusqu'à ce que paraisse le vieux Villagran. Il voit combien cette attaque est impuissante, et quel faible remède elle apporte à leur détresse. Aussitôt, sans crainte de la mort et sans jactance, il tente aoe demiôjre lutte contre la fortune.
Il montait un cheval robuste, Jssu de race espagnole, à la croupe puissante, au large poitrail, aux membres bien liés, de poil brun, coursier vif et plein de feu, de longue haleiue et rapide à la course. Sa force était rare et son essor ardent; mais sa fougue savait obéir et se laissait gouverner par un faible mors et une bride légère. j
Villagran lui fait tourner la tête vers le but, et à l'instant môme avec prestesse et vigueur il lui bat les flancs. L'animal s'élance à bonds furieux, heurte du poitrail la barrière, et à la j briser ne semble pas avoir éprouvé plus de peine que s'il eût eu à parcourir sa lice accoutumée. II fraye une brèche assez vasie j pour laisser passer tous ceux qui du bas de la montagne avaient i pu s'échapper jusqu'à la crête.
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Les barbares irrités défendaient le passage ; mais à la fin ils ne purent empêcher, si bien qu'ils jouassent de leurs armes, que les courageux Espagnols ne parvinssent à les traverser. Nos soldats se portèrent les uns vers la main droite ; les autres ne surent choisir une aussi bonne route, et prirent à gauche un sentier funeste qui abouliaiait à un immense précipice.
De ce côté, vers le couchant, étaient deux chemins peu fréquentés. C'est par là sans doute que pour boire autrefois les bétes fauves descendaient. Je dis dans les temps anciens; car aujourd'hui en mille endroits, ces mômes chemins offrent d'effrayantes fissures, et leur extrémité donne sur un abîme qui plonge à plus de cent vingt brasses de profondeur.
Sur l'ordre mystérieux de la nature, à la suite d'une grande sécheresse, ou d'un vaste déluge ou par la force des eaux débordées, quelle qu'ait été la cause, la montagne se découpa, et ce fut là que les nôtres, conduits par leur mauvais destin, tout livrés aux craintes de la guerre, fuyant la mort, mais en aveugles, couraient directement aboutir.
Sans rien prévoir, nos soldats allaient roulant, et ils ne pouvaient suspendre un seul instant leurs pas. Le deuxième pressait le premier ; un autre poussait le deuxième avec violence, et leur nombre se multipliait sans cesse. Les corps étaient mis en lambeaux, toujours précipités avec une impétuosité furieuse, jusqu'à ce qu'ils touchassent le fond, de l'abîme.
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Tels, lorsque le superbe Typhée espère rejeter loin de lui rénorme montagne et le poids qui Taccable, et que son corps terrible agite en frémissant les rochers de la cime, ceux-ci
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descendent avec rapidité Jusqu'au pied du volcan, et s'y brisent en foule avec un bruit affreux. Ainsi nos infortunés soldats, trompés sur leur chemin, lancés jusqu'au bas de l'escarpeinent, étaient brisés et déchirés.
Mais ceux qui avaient suivi une route plus heureuse, s'efforcent d'en atteindre le terme d'un élan rapide. Nul d'entre eux ne s'arrête pour un compagnon; s'arrêter eût été folie. 11 7 en eut môme qui dans l'ardeur excessive de leur empressement, se virent aussi entraînés dans les précipices. A cheval ou à pied, et quelquefois la léte la première, ils arrivaient en bas, réduits en morceaux.
On voyait aller librement par la campagne les coursiers dont les maîtres étaient tombés morts. D'autres guerriers furent aussi contraints de quitter leurs montures. La faiblesse leur avait fait perdre les arçons. L'un chevauche avec légèreté, un autre plein de trouble, déjà tout bouleversé par les terreurs de , la mort, ne peut reprendre l'élrier ; son cheval et toute ressource lui échappent à la fois.
Cependant les fuyards n'attendent rien, mais dans leur course
frappent leurs chevaux du talon; ils ne connaissent ni repos ni trêve, et suivent sans s'arrêter celui qui les précède. Certes il ne leur eût pas été facile de l'atteindre. Au fond de leur cœur, ils prononcent et serments et promesses ; ce seront jeûnes, pèlerinages, prières, et ils forment d'autres vœux encore, dont il est réservé au pape lui seul de relever une âme, si Dieu les sauve du péril qui les menace.
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Déjà les chevaux avaient atteint la plaine. Ils couchaient leurs oreilles en frissonnant. On veut les exciter; mais tout reste inutile, bien qu'avec vigueur l'éperon leur ouvre les flancs. Le frère n'e'coute pas un frère chéri, les gémissements restent sans
puissance. Celui qui parvient à gagner deux pas sur uu autre fugitif, s'excède et s'épuise à le devancer de deux autres pas encore.
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Comme celui qui, durant un rêve, se croit dans la vaste arène près du taureau furieux, plein d'anxiété et d'épouvante, veut fuir pour se soustraire à l'attaque, se fatigue, se tourmente, n'aspire qu'à précipiter sa course, et ne peut môme remuer ses membres : ainsi les Espagnols à grande hâte s'efforcent de pousser leurs chevaux et n'y peuvent réussir.
L'ennemi continue la poursuite et fait un carnage horrible. Sa marche est toujours égale à celle des vaincus. Heureux celui qui possède un bon coursier, et qui peut mettre quelque distance de plus entre lui et la colère des barbares I L'un abandonne son bouclier, l'autre sa lance; un autre enfin, les forces brisées, laisse rouler son propre corps, et le peuple farouche des vainqueurs apaise dans le sang sa rage inhumaine.
S'il en est un que son malheur retient en arrière, nul autre, arrêté par l'attachement, ne vient à son aide. Bien lente était la fuite la plus légère. Le cheval qui trotte court à toute vitesse ^
1 Ereilla n'est pas favorable à ceux qui tournent l'épaule. Quels que soient son cri de détresse, lorsqu'il voit abaissées les armes de sa nation, et son cri de pitié devant le spectacle d'une malheureuse foule égorgée presque sans défense, tous sentez sous chaque parole du poëte non pas le blâme des vaincus, mats le blAme des fuyards. C'est avec un art admirable qu'il sait, aux incidents de la déroute, mêler quelques nobles portraits, celui de Viliagran, ou de quelques héros en petit nombre, qui vont ensemble garder Thonneurdu nom castillan. Pour les autres, il semble leur mettre à chaque instant sous les yeux l'image de leur honte et de leur impuissance. Non-seulement il y a ignominie à tourner le dos aux barbares, à oublier de quel drapeau on est le défenseur; mais, en fuyant, l'on est encore réduit à ne plus protéger la faiblesse, et cette existence même que Ton cherche i mettre à l'abri, on est à peu près assuré de la perdre sous les coups d*un impitoyable adversaire ou dans les précipices. Il y a je ne sais quelle ironie hautaine dans le langage du poëte et comme une indirecte satire. Auprès de chaque fugitif, il a soin de nous peiudre le barbare toujours présent, l'épée haute, la massue levée, prêt à l'extermination. Vous diries qu'il applaudit à ces vaillants qui ont si bien su vaincre et qui s'attachent comme les vengeurs implacables de leur indépendance, à pour-
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Tous sont accablés de soif et de lassitude. Mais Dieu^ qui sait porter secours dans le plus grand péril, suspendit l'ardeur et Ii course des Indiens, comme je le raconterai dans le chaut qui ra suivre.
ioItta , à écraser des tremblenrs* Ces hommes qui fatiguent leurs Uloos à frapper les flancs de leurs chevaux, ces chevaux qui semblent vites lorsqn*IU trottent, ces fugitifs qui font des vœux et promettent de jeâDer, parce qu'ils n*oDt pas su rester au combat, et qui peusent beaucoup faire s'ils devancent de deux pas celui qui les précède dans cette triste carrière du déshonneur ; tout cela est de la haute eomédie, et, dans Tordre des peintres, rappellerait plutôt Ténergique sarcasaae de Callot que les teiotes sérieuses de Lebrun et de Yernet. Il y a quelque chose de fantasque et de haletant dans cette comparaison (oct. £8 ) entre tes Espagnols qei s'efforcent de pousser leurs montures et qui n*y peuvent réussir, et ceux qui, toar* nentés par un affreux cauchemar, pensent, durant leur rêve, être tout près d'us taureau irrité , voudraient fuir , et , en dépit de leur inquiétude et de leun efforts, na parvienoent pas plus à remuer que si leurs pieds avaient pris raciae ^ dans la terre* Un mélange de grande imagination, de moquerie, de sensibilité, de pathétique et de noble patriotisme nous parait foc«Mr le mérite distiacti? et U Téritable Taleur du talent d'Breilla dans les descriptions du Tt* ehuit de son épopée.